‹ La morale de Dumas filsChapitre 7 sur 22 · Première étude d'adultère justifié. — Diane de Lys · texte numérisé non relu

Première étude d'adultère justifié. — Diane de Lys

La nouvelle intitulée par Dumas, Diane de Lys, publiée en 1851 et écrite avant le voyage de Myslovitz, ne procède nullement de la même inspiration sentimentale que le drame, bien plus connu, qui porte le même titre : elle n'a fourni à ce drame que son cadre et le nom de quelques personnages. Rappelons en effet que la marquise de Lys (qui sera comtesse dans le drame) y est dépeinte comme une de ces beautés trop froides qui n'aiment guère et ne sont jamais aimées de passion. C'est par pur désœuvrement qu'elle choisit pour amant le jeune et sot baron Maximilien de Termon. Dès le lendemain de cette équipée, elle revient, par pur caprice, à son

mari déjà mûr et le juge, au total, plus attrayant que ce malencontreux Termon qu'elle n'en continue pas moins à honorer de ses faveurs 1 Elle étale en somme, à nos yeux, un complet amoralisme qui est accepté par l'auteur avec indulgence car il n'est pas encore éloigné du temps où il écrivit Grangette, Puis encore, et de nouveau par curiosité pure, elle s'éprend du peintre Paul Aubry qui ne l'aimera nullement en retour, ne songera pas même à prendre vis-à-vis d'elle l'attitude orgueilleuse et dominatrice de Vomi des femmes (comme il le fera dans le drame), mais restera poli et distant à l'égard de son élégante tentatrice. Cette résistance amène pour la première fois la belle ennuyée tout près de l'amour et elle va se sentir éclairée sur l'indignité de sa vie passée par un sentiment non partagé, mais dont l'objet est du moins, cette fois, un homme de cœur. Lorsque le plat baron Maximilien, éloigné quelque temps de Paris par la sollicitude de sa famille, reviendra d'une mission diplomatique après deux années d'absence, elle n'éprouvera pour lui que dégoût et refusera de reprendre, avec ce fantoche, ses intimes relations du passé.

Dans le cadre de ce scénario assez banal, Dumas s'est avisé de verser, deux ans plus tard, l'expérience et les prétentions nouvelles que nous connaissons déjà par sa Dame aux Perles. De cette combinaison naquit l'œuvre théâtrale qui porte le même nom que sa brève nouvelle et dont les destinées ont été plus brillantes. Désormais la situation sentimentale de l'héroïne rappellera celle que Sand attribua naguère à sa Valentine. Une grande dame, assez mal mariée — bien que la comtesse de Lys reconnaisse avoir accepté son mari tout d'abord, ce qui n'était pas le cas de la comtesse de Lansac, — s'é-

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