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Pessimismé
Après avoir exposé dans un ordre rationnella critiqué théorique des faits moraux, il nous faut maintenant envisager d’une part les facteurs qui ont pu amener Le Dantec à concevoir un tel système, d'autre part les conséquences pratiques, tant personnelles que générales, qu’il semble tirer de sa critique scientifique et empirique.
Considérons d'abord le pessimisme‘ qui semble en constituer un caractère essentiel : la diatribe réaliste dont nous avons réuni plus haut les éléments, n'est-elle pas exagérée ou, du moins, n’y a-t-il pas lieu de reprocher à son auteur d’avoir faussé la représentation des faits en n’exposant systématiquement qu'un seul aspect de la réalité, le pire, au détriment des autres ? Pourquoi fait-il de si rares et si brèves allusions aux faits de générosité et de sincérité ? Cette attitude ne résulte-t-elle pas, comme plusieurs l’ont cru, d’un partipris d'immoralité ou d’une nature vindicative et atrabiliaire, caractère qui diminuerait la valeur de ses conclusions ?
Sur le point de juger ici, efforçons-nous du moins de ne point le faire à la légère. Habitués à juger toujours, plus ou moins consciemment, d’après le criterium d’un système de valeurs communément admises, efforçons-nous d’oublier cette norme : nous attribuerons alors, en pratiquant le seul examen destextes, l’'apparente misanthropie et le pessimisme général de l’auteur, à trois facteurs principaux :
La déception de son idéal mystique,
Le sentiment des conséquences théoriques attristantes de son système général,
La déception dans son apostolat.
L'examen de ces trois points Jettera peut-être quelque lumière sur le vrai sens de cette pensée si souvent mal interprétée.
(1) Méta. 48-S. C, 321,