‹ La Morale de Félix Le DantecChapitre 9 sur 25 · PAU · texte numérisé non relu

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naissent de regrettables conflits entre les individus, chacun prétendant imposer aux autres son propre point de vue moral. N'y a-t-il pas encore un conflit invraisemblable entre la conscience morale individuelle et la loi civile, entre Ja loyauté et la légalité !, conflit qui s’est manifesté par exemple pour lesofficiers croyants, lors de la séparation des églises etde l'Etat”

À ces conflits qu'engendre l'incertitude de la conscience morale s'en ajoutent d’autres, intimes ceux-là, qui constituent un sérieux obstacle à la sérénité individuelle, du moins pour ceux qui sont doués d’une sensibilité morale développée : 1l. est fort pénible, en effet, d’avoir à choisir entre un acte qui est bien et un autre acte qui, lui aussi, est bien, autrement dit, d'établir une gradation entre deux absolus *.

Le Dantec insiste fréquemment sur l’existence de cette douloureuse alternative : « On appelle honnête homme, écrit-il dans « L’'Egoïsme » (p. 273), celui qui obéit aux ordres de sa conscience, mais à ce compte, il est bien difficile d'êtrehonnèête homme. Fais ce que dois, dit le proverbe, mais qu'est-ce que je dois? »“, ajoute sans ambages notre moraliste. Laconscience morale, occasion d'une sensation désagréable, d’un malaise intime * pour tous, est pour certains, les meilleurs d’entre nous, les scrupuleux qui ne sont jamais contents d'eux-mêmes, l'occasion d’une véritable torture, parfois définitive ; ils doivent maudire la loi biologique qui donne un caractère absolu aux créations structurales de l'habitude f. En un mot, la conscience est tyrannique, despotique, 7 ; inutile et dangereuse, elle est semblable aux dents de sagesse, et à l'appendice du cæcum, organes désuets qui nous font souffrir et ne nous servent de rien À

Enfin, Le Dantec déploreles contradictions de la conscience morale, héritage des générations antérieures à celles qui ont

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