‹ La morale de Geulincx dans ses rapports avec la philosophie de Descartes [microform]Chapitre 22 sur 33 · LA SOLUTION DE GEULINCX · texte numérisé non relu

LA SOLUTION DE GEULINCX

Entre toutes ces conceptions, l'attitude de (leulincx va nous permettre de choisir. Au moment où il écrit son Ethique, il a pu, à la rigueur, ignorer les Lettres de

Descartes qui ne furent pubhées qu'en 1667. Mais il connaît très bien le Discours de la Méthode et le Traité des Passions. Donc, s'il juge que la morale de Descartes est inexistante ou insuffisante, c'est, comme nous l'avons vu, parce qu'il n'ajoute aucune importance philosophique à la morale provisoire et qu'il la juge même plus dangereuse qu'utile ; mais c'est aussi parce qu'il n'accorde pas aux préceptes de médecine morale du Traité des Passions la valeur d'une éthique. Si nous en croyons son éditeur, Bontekoë, il aurait pensé qu'en les formulant, Descartes n'avait pas le dessein de diriger l'homme vers sa véritable fin et qu'il s'était préoccupé bien plutôt de son bonheur matériel que de sa moralité ; il croyait aussi que le cartésianisme engagé dans cette voie pouvait facilement être mal interprété et devenir 1res vite infidèle à son principe, qu'il risquait de subordonner l'âme au corps, la volonté au tempérament et la vertu à l'équilibre physique ; quand il se plaignait, d'après Bontekoë, des faux cartésiens qui arrivent à entraîner dans les excès du matérialisme le système du maître et qui aboutissent en morale à de véritables impiétés, il avait peut-être en vue ceux qui, comme Henri le Roy, faisaient de Tâme une faculté et de cette faculté une propriété ou un mode de la matière, mais il redoutait aussi sans doute que certains passages de la théorie des Passions pussent être considérés comme les principes définitifs de la morale cartésienne; il s'insurgeait contre une telle

(1) C'est semble-t-il, l'opinion de M. G. Richard {Manuel de Morale ; Paris, Delagrave, pp. lOt-lo».) et aussi, avec <iuelques atténuations, celle de O. Hamelin, LeSystème de Descartes ; Paris, Alcan, 1911 ; ch. XXIV ;

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