‹ La morale de Geulincx dans ses rapports avec la philosophie de Descartes [microform]Chapitre 4 sur 33 · DE LA MORALE DE GEULINCX · texte numérisé non relu

DE LA MORALE DE GEULINCX

l'Ethique, à côté de la Géométrie, de l'Arithmétique et de la Logique. L'Ethique est définie « un excursus de la Métaphysique dirigé vers les mœurs (1) ». Il est aisé de comprendre cette relation de la morale à la métaphysique. Posons, en effet, d'abord que celle-ci est, pour notre philosophe,à la fois une théoriede la connaissance et une science de l'être, les deux points de vue du vrai et du réel ne pouvant pas être séparés. Or, si la morale a pour objet de nous prescrire ce quenousdevonsfairepour développer notre activité d'une manière parfaite et achevée, il importe d'abord que nous sachions ce que nous sommes, c'est-à-dire ce qu'est notre être, notre réalité, ce que nous pouvons, ce que nous valons ; il faut aussi établir ce qu'est Dieu, cause suprême de notre existence et de celle du monde et déterminer la nature et les limites de son action sur nous; il est indispensable enfin de connaître la signification exacte des choses qui nous entourent, dont nous avons en nous les représentations, qui semblent nous limiter et le pouvoir qu'il leur est possible d'exercer sur nous. D'autre part, pour être certains que nous ne nous trompons pas dans la solution de semblables problèmes, nous devons, avant tout, critiquer notre faculté de connaître, obtenir un critérium de la vérité capable de servir de fondement à foute science, ou encore une affirmation incontestable, qui puisse être le type de toutes les autres. De ce que je sais, je tirerai ce que je suis, ce que je puis et enfin ce que je dois faire. Nous devons donc chercher avant tout la proposition inébranlable sur laquelle reposera toute connaissance qui prétendra à la certitude absolue.

(1) Met çer. Intr. Sect. I, § 5 (II, p. I39); ibid. Pars V, 11» Se. (III, p. 155).

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