‹ La morale de Geulincx dans ses rapports avec la philosophie de Descartes [microform]Chapitre 8 sur 33 · L^IMPERFECTION RADICALE DU « BRUTUM · texte numérisé non relu

L^IMPERFECTION RADICALE DU « BRUTUM

(1) Companz enlre eux ces deux passages : « vis enim facere quod ipse vult » (se. Deus)/lnn. adEth. (111, p. 166), et : « velle solum nobis relictum » ibid. (111 p. 213); ou encore : « Nihilobslat quin obluctemur voluntati ejus» (se. Dei) ibid. (111 p. 16^).

(i) Geulincx insiste sup ce point qu'il ne faut pas trop chercher à comprendre cominenl s'accorde notre liberté avec la toute puissance de Dieu et, comme le disait Uescartks, {Principes 1. I, art. 4o) « que ce serait nous embarrasser en des difticultts très grandes, si nous entreprenons d'accorder la liberté de notre volonté avec ses ordonnances ». V. Ann. ad met. (Il p. 269) et Ann. in Cart. (111. pp. ^i>a-394, n. 4o et 41).

(3) «Enimvero nihil esttam magnum, sublime, sanctum, quod non aliqua ratione, Rationis examini subjiciatur ». Eth., tract. I, cap. 11, sect. I, § 1

(111 p. IH).

(4) Cf. LANDjOp. cit., p. 120: «De ce que Geulincx se range contraintet forcé au dualisme cartésien, cela ne veut pas dire qu'il n'aurait pas donné, comme nous tous, sa préférence au monisme... En fait, il cherche à s'en approcher le plus possible ».

semblent inexplicables et, d'autre part, ils doivent être tenus pour indubitables ; car ils nous sont donnés par l'intuition intime, (jui ne f)eut nous tromper, ou parla science fondée sur les lois divines ; et Dieu ne peut êlreaccuséde mensonge. Confessons donc notre ignorance : nous voyons ce que Dieu a fait, mais nous ne savons pas comment et pourquoi il a pu le faire (1). Et Geulincx s'élève contre la prétention de ceux qui veulent connaître absolument Tessence divine ; il juge celte tentative stérile, téméraire et impie ; car, si nous comprenions Dieu, noua n'aurions aucune raison de l'adorer : c'est r« inelîabililé » de Dieu qui conduit à l'adoration (2) ; nous louons les œuvres de Dieu pour ce que nous y découvrons de bonté et de sagesse ; mais la certitude que nous avons de ne pouvoir jamais les comprendre nous frappe d'admiration et de « stupeur » (3). Nous nous abîmons en cette immensité, le rationalisme fait place au mysticisme.

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