‹ La morale de Geulincx dans ses rapports avec la philosophie de Descartes [microform]Chapitre 9 sur 33 · U IMPERFECTION RADICALE DU « BRUTUM · texte numérisé non relu

U IMPERFECTION RADICALE DU « BRUTUM

En face de l'infinité et de la toute puissance divines, plaçons le monde des créatures et essayons d'en déterminer la nature et la valeur. Et d'abord, considérons l'univers matériel, c'est-à-dire l'ensemble des corps bruts, ce que Geulincx se plaît à appeler la hriitalitas ou le briilum.

(1) Ann. ad met., (II p. 28:) ; Ann. ad ethicam, (III p. 167) ; Ann. in Cart., Pars 1, art. 19, (III pp. :575-376).

(a) Ann. ad met.. (U p. 288) ; Eth., tract. II, Pars III, § lo (IH P- 83 sqq). ( 3) Eth., Tract U, Pars 111. (111 p- 84) ; .\fet. vera, Pars 111., > Se. (Il p. 188).

Mèinè pour lo moraliste, il n'est pas sans intérêt d'examiner de près l'univers physi<|ue ; car, eu somme, notre corps est, pour (ieulincx, une partie de celle nature extérieure en rapport avec l'ensemble et soumise aux mêmes lois ; or, on ne f)eut nier riiifliience de l'organisme sur les dispositions de 1 âme et la conduite de l'homme, de sorte que les problèmes moraux et éthiques supposent résolues les questions naturelles et physiques : « res morales et elhicae suppoininl res naiurales et pfu/sicas » (1).

Le corps painîl au sens commun avoir pour qualité d'être tangible ; c'est là une affirmation qu'il faut combattre ; car elle est in(»xacte et grosse de conséquences dangereuses. Si, en elTel, on détinil le corps ce qui peut être touché (2), tandis que res[)rit ne peut pas Têtre, comme on remarque bien vite que certains corps lombent plus difficilement que d'autres sous le tact el (|ue quelques-uns échappent presque complètement à ce sens, on en arrive à affirmer qu'il n'y a entre le corps et l'esprit (pi'une dilTérence de degré (3). Or, si eu disant cpie le corps est « palpable »,on est dans le vrai (4), on n'exprime pas par !à l'essence de ce qui est corporel, on en inditpie une manière d'être par rapport à notre sens du tact, ou même une simple possil)iIité ; mais, pour que la qualité tangible du corps soit donnée, il est nécessaire de lui supposer une autre qualité fondamentale, qui est l'étendue. Ou ne touche et même on ne peut loucher

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