‹ La morale de l'amourChapitre 20 sur 25 · CONCEPTIONS FAUSSES · texte numérisé non relu

CONCEPTIONS FAUSSES

Nous avons, depuis longtemps, contracté l*illogique habitude de raisonner sur Fensemhle social avec des arguments qui sont effectifs pour deux ou trois millions de citoyens. Â Titalon de la famille bourgeoise et même quelquefois de l'élite parisienne, nous mesurons les âmea de quarante millions d'êtres. Cela parait manifeste dès qu'on parle du féminisme, des enfants^ de la beauté.

Il demeure entendu que toutes les mères cb(Hent leurs petits» que les pères travaillent dans la seule intention de pourvoir à leur joie. Riende moins exact, si Ton examine les coutumes delà famille agricole, la plus nombreuse en France. Chez elle, le culte deTenfant correspond au seul désir de procréer des serviteurs obéis^

sauts et gratuits. A quatre ans, Ithibé âelaeain* pagne garde les oies ; à huit, il méfie paître la vache ; à douze ans, la petite fille devient sardeose ; k quatorze ana, le garçon sème et laboure . L'autorité paternelle le gratifie de taloches au moindre signe de paresee» tandis que le vrai do* mastique ne supporterait point cet encouragement. Plus une famille rustique a*aecrolt^ mieux elle produit au bénéfice du père qui vit encore selon les principes de la horde, chef dur aux faibles, les excédant de travaux sous menace de mort. La mort ne résulte paa toujours d'un coup. Elle vient à la suite des maladies contractées pendant les longs séjours sous les intempéries ; elle succède au désespoir, à Tennui, à la fatigue, aux mauvais traitements continua.

A la ville. Tentant des prolétaires ne pfttit pas moins. Mal accueilli dès sa naissance par le pauvre couple dont il augmente les charges, il coiïte à la mère une partie de sa beauté que les couches déparent. Lassé d'elle» le mâle oommenœ à écouter les sirènes du trottoir qui, les samedis de paye, établissent une ligne d*em* Mkdies devant les cabarets. Jalouse, et privée d'une part du gain commun, la ménagère prend en aversion le petit qui lui valut cette déchéance. Les gifles éduquent l'avorton. On le rencontre

chargé de provisions considérables : un pain pins grand que lui, deux litres lourds, quelque charcuterie et des sous. Une infime erreur dans ses comptes, le bris d'une bouteille tombée sur Taaphalte, lui procurent de gigantesques claques et des flots d'injures. Il s'évade alors de Tintérieur, grouille dans le ruisseau où les plus forts de ses camarades le torturent, où il accable les plus faibles, s'instruisant de tous vices, de toutes lâchetés, de tous crimes. Nourri de vagues rogatons, il s'anémie, s'étiole, se corrompt au physique, puis au moral. Bien peu de mauvaises occasions seront nécessaires pour que l'apprenti se plaise à devenir cambrioleur, tout en protégeant la petite [camarade dont les charmes tentent le promeneur. A moins qu'en prévision de ces tristes avatars, le père pitoyable n'ait, de bonne heure, supprimé, par le meurtre ou l'abandon, « l'enfant martyr » des rubriques quotidiennes.

Tel est le destin de la progéniture en d'innombrables familles européennes. Que les novateurs, socialistes ou autres, essaient de soustraire le chétif esclave à la pitoyable et meurtrière éducation des parents, l'on entend aussitôt les voix des riches, des fonctionnaires, des rentiers, des négociants, déplorer ces tendances antilibérales. Ceux-ci se lamentent de la meilleure foi du

monde. Elevés parmi des familles généralement pourvues d'aise et acceptant la forte tradition latine de la gens romaine, qui sacrifie, en principe, les plaisirs de l'individu à la prospérité de la race, ils ne connurent que les gentillesses de mères heureuses à cause de la poupée vivante, et, plus tard, les disciplines sévères mais évidemment utiles du collège. Leur courte vue reste myope pour admettre que la multitude ne participe guère à ces faveurs de leur sort particulier.

L'obstination à défendre Tindépendance du père de famille, excellente dans leur caste, néfaste dans les classes travailleuses, perpétue Fétat de choses qui voue au vice, à la maladie et à la mort un nombre considérable d'entants prolétaires.

Beaucoup jugent le féminisme au moyen d'une pareille erreur. « La femme, répètent les naïfs, est un être de charme, et de grâce. Ne la virilisons point. Laissons-lui son prestige d'œuvre d'art qui se parfait elle-même, qui se complète de ruses délicieuses et de sympathies consolantes pour nos heures de loisir. Que gagneronsnous à fréquenter des manières de garçons laids et brusques, ainsi que les Américaines se transforment. La femme c'est le sourire, l'amour et

la beauté, c'est ToateAsoir de notre idéal. N'j touchons point. »

Vraiment, il faut n'avoir jamais parcourii deux lieurea les rues d'une grande ville pour méconnaître le mensonge de cette illusion vulgaire. Sur cent iemmes rencontrées ailleurs qu'aux lieux de parade, o4 seules les plus jolies et les plus riches se montrent, on en compte diffidlemeut deux ou trois fidèles au type delà race. Passé vingt-cinq ans, les unes semblent étlqiies et blafardes, les autres forment des amas de graisse que le corset contient mal. Les ventres gonflent impertinemment les robes. Les croupes monstrueuses pèsent sur les jambes courtes. Les dos débordent. Les dentures ébréehées au temps des oouehes, rient jaune entre les lèvres livides et gercées. Les gorges liquides que les maternités abîmèrent oscillent ou pendent. La plupart se traînent en une marche de béte blessée. Par surcroît, les costumes les plus baroques enlaidissent encore les silhouettes. C'est, i la cime des rares cheveux graissés, un torcbis de velours étroit, fleuri de couleurs criardes et de fleurs déh teintes. Des ceintures de satin teigneux enserrenl des tailles obèses. Il y a des naines cubiques e4 joufflues. 11 y a de plates géantes dépourvues do poitrine, et dont les brasse balamcent comme des

perches agitées par le yent sur un épouTanUil k BiMoeaux. D'autres ressemblent à des garçoAueis maliDgres qu^une tignasse gonflée surcharge* Cellea-ci portent^ autour du cou maigre, leurs li> nons minables, et, sur des épaules osseuses, leurs absurdes galons à clinquant. Celles-là se pr^ lassent en étoffes usées, ballonnées, qui évoquent les improbables housses de cloches à fromage. Des rubans voltigent autour des ossatures, se fanent sur les bosses de graisses. Des gants éraillés ne cachent pas le poignet mal vêtu d'une peau bise. Beaucoup n'ont pas le goût du simple noir qui prèle la noblesse d'un mystère aux allures des humbles,qui les fait grands par l'anonymat oonsœti de l'individu enfaveurdelensemble aoeial, sa gloire. Ces lamentables arborent des Terts durs, des gris pailletés, des couleurs franches, qui marquent mieux la laideur. Le souci de la dette a de bonne heure atrophié Téclat des yeux et les nuances du teint, flétri les chairs du Tisage blême. Le désespoir a courbé les têtes et les épaules. Ces fantoches se hâtent à travers la pluie, piétinent la boue, évitent à peine la charge inexcurable des omnibus et des fiacres qui menaoent tant de vies hateltntes. Elles vont. Elles courent au travail, i la mendicité, à la peine... Ce sont des femmes sous ces haillons prétentieux

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et minables. Ce sont presque toutes les femmes, celles de qui ne séduisent ni le charme, ni la grâce, ni la beauté ; celles qui ne doivent à leur destin qu'un faix de malheurs ; ce sont les femmes et la femme, le beau sexe, en vérité, sur qui plaisantent sans lassitude les philosophes du vaudeville.

Croit-on qu'à celles-là, il ne faut pas d'autre avenir que la coquetterie et le jeu de passionner des soupirants ? Croit-on qu'il messiérait de les affranchir du stupide aphorisme les reléguant an boudoir. Mais nous dissertons avec assurance sur la Femme, sur son rôle d'amante, d'épouse, de charmeresse, parce que le hasard des origines nous entoura d'amies précieuses et jolies, lectrices de romans, artistes excellentes pour assortir les nuances des étoffes à l'éclat de leur teint, comme à la couleur du mobilier.

Nos amies exceptionnelles ne sont pas plus la femme, que nos bébés ne sont Tenfant, que nos familles ne sout la famille. Il semble puéril d'écrire cela. Néanmoins, nous raisonnons toujours comme si nous ignorions l'existence des multitudes. Elles différent tant de nos minorités à Taise, instruites, affables, policées par l'usage ancestral des traditions et des sciences.

Nous demeurons tellement fidèles aux habi-

tudes des castes que nous continuons à qualifier les femmes de « beau sexe >» et les hommes de « sexe laid »-, contre toute évidence.

En effet, dans la foule populaire, un jour de fête, on remarque vile la hideur propre à la majorité des promeneuses. Le ventre et la gorge des matrones mettent à mal les apparences de leurs corps. Les maigres sont d*affreuses sorcières dont les os percent les vêtements. Très peu gardent la bonne mesure entre ladiposité et l'émaciation. Au contraire, beaucoup de flâneurs présentent le type de cette mesure. Ils donnent Tim pression d'une harmonie de formes très apparente sous les habits les plus négligés.

Peu de filles supporteraient heureusement répreuve de nudité que le conseil de revision impose aux conscrits. Lors des bains, à la caserne, presque tous les soldats exhibent des académies nobles. A la mer, les nageurs nous affligent moins la vue que nombre de jeunes femmes en costumes de naïade. Si une enfant de seize années est un joli type d'architecture animale, nous prévoyons qu'après vingt ans, le développement des hanches, Tenflure de la poitrine, l'alourdissement de la croupe détruiront la splendeur de l'ensemble. La musculature virile comprend des proportions meilleures, sveltes.

strictes, nettes de des^n. Aucune fluxion adventice ne les déparera au détriment du rythme linéaire . L^éphëbe offre une beauté plus durable que la Yiei^e ; et cet espoir de durée suifit seul à justifier sa suprématie.

Passé la trentaine, les hommes l'emportent sans conteste sur les femmes. C'est manifeste parmi le prolétariat des villes et des campagnes, qui ne savent point nsàr des arts de la mode pour amender leur déchéance. Entre quadragénaires, la comparaisooa n'est même plus possible, sauf quelques exceptions.

Mais le désir de Tinstinct mâle nous aveugle* Nous admettons difficilement que notre convoitise de la chair nesoit pas suscitée par le triomphe de la splendeur plastique. Nous appliquons les épithëtes de beau et de laid à rencontre de la vraisemblance, parce que les femmes des classes aisées ccmnaissent une science admirable. Elles parent, conservent, amplifient leur beauté, au moyen d'artifices que leur vie entière prépare et améliore. Et nous jugeons l'humanité totale selcm nos théories du salon, inconsciemment

Comment pourrait-on, cependant, au retour de Tété, ne pas réserver ses plaintes ^i^rhonneor des grosses dames ! Elles vont tant souffrir 1 Nous

les Toyo&s, roug«8 et humides, appeler désespérément les fiacres, les omnibus, b l'angle des trottoirs. Leur mouchoir à la main, Tombrelle au visage, tonte la face gonflée par la douleur d'avoir chaud, elles nous offriront le spectacle affreux de l'angoisse humaine torturée par le feu céleste. Sur leurs ventres, les soies tendues, les étoffes légères éraillées, marqueront la peine d'être portées. Les grosses dames aimeraient tant aller nues, l'été I

En vérité, je n'ouvre pas le journal de modes sans indignation. Le dessinateur prodigue son talent à des personnes sveltes comme des poireaux, hautes en branche, à taille de guêpe. Nul génie ne daigne parer avec faveur la majesté des femmes adipeuses. Cest nier le droit à la splendeur pour une énorme part de la population* Car, celle qui dépasse trente-oinq ans est, une fois sur deux, carrée des épaules, grasse de la nuque, obèse du ventre, lourde à la croupe, énorme et molle aux seins. Des têtes de poires mûres sur* montent les cols courts. Voilà, pour la moitié du sexe faible, le sort. Pourquoi le journal de modes accable*t-il de ses attentions les squelettes, et laisse-t-il sans guide les natures plantureuses ?

La grosse dame se doit résigner & enclore ses chairs dans les étuis préparés pour des adoles-

centes étiques. Il lui faut se serrer dans un corset qui fait sortir Tabdomeû en boule, qui refoule la gorge au menton, qui met en toute valeur de trop formidables cuisses. La configuration rhomboldale de ses flancs serrés dans les surahs devient un monstrueux ballon qui roule sur des jambes minuscules, qui oscille, tangue sans noblesse. De tous petits chapeaux, bous à couronner une tête de serine, culminent au chignon de la matrone dont les bajoues considérables rendent ridicule ce contraste entre une capote minuscule et une large face écarlate.

Aucun couturier ne prétendit destiner des modèles différents aux deux catégories de clientes. Il est certain que le costume collant, précieux pour les fausses-maigres, n'embellit pas les personnes opulemment douées. Le corsage étreignant la sveltesse de la taille est une faute de goût, si on rapplique à des dames de capacité pareille depuis la ceinture jusqu^aux épaules. Rien ne leur siéra que l'ample. Des pentes de soie ou de mousseline, formant panneaux, sur les côtés, non par devant, leur peuvent convenir. Il faut dissimuler les saillies de la gorge et du ventre par des passementeries roides.

Leurs figures doivent s'ombrer sous de très amples chapeaux.

On peut aussi restaurer la parure du diadème byzantin : une couronne de jais vert entoure la coiffure et le front ; elle se complète, aux tempes, par deux rondaches d'où pendent, le long des joues, entre Toreille et l'œil, des motifs de passementerie. Ainsi, la face trop épaisse, sera coupée, encadrée, masquée en partie, par suite moins laide à voir. Il convient de recouvrir les grosses dames avec des choses lourdes et majestueuses, un peu royales, puis de laisser aux gentils squelettes, cet aspect de tige frêle que leur valent les modes contemporaines.

L*imbécillité de croire et de redire que la femme est faite seulement pour l'amour» que son mérite est au lit, convie chacune à prolonger outre mesure son Age de volupté. Si Ton vantait les qualités morales, intellectuelles et leurs conséquences, l'amour-propre sacriflerait moins au souci de paraître, éternellement, fillettes ou courtisanes. Dès la trentaine, les femmes se résigneraient k vivre virilement, sans grâces ni charme, à être de braves personnes que la littérature, les arts, la musique, le commerce et la philanthropie accaparent. Comme nous les aimerions mieux I Minaudant et recueillant les oeillades du collégien, elles nous exaspèrent.

L'imaginalioû des couturiers ne les aide point à revêtir cette seconde apparence. On les enferme^ jusqu'à soixante ans, dans des étuis de fille à tftter. Mieux encore, au bal, on dénude les plis de leur graisse, leurs bras flétris, fla»ques et verts, leurs cous rftpeux et blets. A partir de quarante ans, devrait-il convenir de mettre au jour des lustres électriques ces affreux déchets que n'anoblissent ni les fards, ni les fleurs ? Rien ne dégoûte plus le voisin de table que la pauvre dame bloquée dans une viande jaune que contiennent des gazes dérisoires, que blanchissent mal des poudres, que crayonnent des noirs et des roses étendus à la patte de lièvre, sous Téclat humble, souffrant, de pauvres yeux rougis.

Voilées jusqu'aux sourcils, dans une cornette de religieuse, elles nous feraient goûter leur faconde, le piquant de leurs souvenirs, la surprise de leurs observations justes. Nous les écouterions ravis. Mais s'il faut affronter d'abord le spectacle étalé de leurs décatissures intimes, aucune de leurs paroles ne séduira.

C'est bêtise que l'usage enjoigne aux vieilles de venir décolletées aux repas du soir. Cette invite à de séniles débauches gône les œdlleures v^ontés. Si Ton cachait tout cela, une fois pour toutes I D'autant que l'on ne convie guère les

gens à sa tabie, dans le bat de leur offrir les satisfactions du lupanar.

Orgueilleuses, les femmes devraient réagir contre ces coutumes barbares du décoUetage.

C'est se mettre à Tétai, solliciter le goût de l'acheteur et le caprice lubrique du gaillard. Passe encore pour les jeunes filles qui chassent le mari, éperdument, et montrent tout ce qu'elles peuvent, afin d'allécher l'amoureux apte à les pourvoir de toilettes, de domestique, â*aise. Mais cette exibition d'épaules diez les autres, ne se Justifie point honnêtement.

BlâoKms les couturiers. Ils ignorent leur mis^ sion. Elle est sévère. Ils peuvent transformer les mœurs. Ils n'en font rien. Artistes que satisfait Teeuvre exquise de quelques belles jeunes femmes mises en Jolie gaine de soie ou de mous» seiine, ils ne pensent point à nous délivrer de visions hideuses, comme celle de la grosse dame ▼ôtue d'après l'esthétique inventée pour le trottin, comme celle de la quadragénaire dénudée Jusqu'au ventre et contre laquelle il nous faut, à table, savourer la succulence du dtner fin, sass nausées. Un décret de leur crayon pourrait rendre ces créatures dignes de Paris. Les magasius de nouveautés copient vite les inventions; et la plupart des femmes élégantes obéissent. Quel Jac-

ques Doucet, quel Paquin, résoudra ces problèmes ?

On ne fait rien pour elles. En vain le génie de Jules Laforgues les a plaintes. Il disait comment lasailliedespoitrinesefflpéchaitqu'ellesneyissent jamais leurs pieds en marche. Elles ne pouvaient donc avoir une notion nette du progrès. Leur pas demeure un mystère pour elles. Le poète se lamentait, y songeant. Il n*a pas apitoyé la mode ni les princes de la couture.

L'Etat n'encourage point les initiatives. Au Salon, chaque printemps, dans les salles réservées aux Objets d'Art, pourquoi des poupées ne sont-elles pas présentées à la critique par les grandes maisons de la couture parisienne? Je ne crois point qu'un des maîtres de ces établissements soit un esthète inférieur à M. Carolus Durand. Ils connaissent aussi bien les souplesses des nuances. M. Carrier-Belleuse leur donnerait des leçons inutiles. Et, faire, par le moyen d'une femme plastiquement habillée, une œuvre plaisante à l'esprit, cela n'est-il pas un art digne de notre époque savante pour analyser la vie ?

Je ne vois point comment l'honneur des Salons s'en trouverait amoindri. Une seule condition à imposer serait celle-ci. La moitié des modèles présentés par le même exposant rectifie-

rait des laideurs humaines. Il semble trop simple de bien vêtir des filles parfaites. Le difficile sera toujours de munir de noblesse une carnation défectueuse.

Bien plus que les kilomètres de toile peinte ornant les murs du Grand Palais, une telle exposition élèverait les caractères de la race. Elle les obligerait à concevoir les véritables beautés de leurs formes et la science d'assortir les habits qui les améliorent. Une race bien habillée est prête à de grands destins L'Angleterre doit la dignité de ses individus à la propreté générale de la toilette. Les Latins qui négligent Texterieur, accélèrent la décadence de leurs États.

Munissons d'une esthétique convenable les habits de la grosse dame. Sachons tirer parti de sa majesté naturelle. Mettons à Taise ses mouvements. Finissons de lui permettre qu'elle abtme le tableau des rues et des boulevards en y affichant sa silhouette ridicule habillée selon la mode d'adolescentes maigres, et nous aurons gagné quelque chose déjà sur les abominations de ce temps.

Un siècle viendra peut-être» dans la suite, un siècle aidé par les cataclysmes et les révolutions, qui délivrera le mâle de deux horreurs : le pantalon et le chapeau haute forme. Mais c'est là une

le.

Wè la moralb de lamoub

ambition de dieu en délire. Les sièdee pteaenU Le eyole eet InTenlé. Lignominie do pantalon demeure. Et nous dînerons Mioore auprès ëa quadragénaires mal fardées, dont les chidra Jaunes et les Imis flasques déborderont vers notre assiette I

LA BEAUTÉ DE l'aPPARBNCE

Entre les sports qui se partagent Tadmiration du inonde, celui de la pelote basque Igagne une JlaTeur sans cesse accrue. Partout on aime voir de souples garçons se démener, recevoir la balle dans le long ceste d'osier et la renvoyer vigoureusement contre le mur* L'élégance des attitudes, Télan des bonds agiles, la oontraction de tout un être jeune ramassé sur les jarrets, pour se détendre soudain en un (essor de voltige, attraper dans Tair le projectile, puis le rejeter violemment vers le but : ce sont là des images qu'eût recherchées et fixées le sculpteur antique. Â Cuba les paris sont fiévreux que les afioioaa* dos engagent en Thonneur de telle ou telle équipe. Un édifice énorme a été b&ti k grands frais, et pourtant le propriétaire achève de ras-

sembler une fortune. Dans le pays basque de jeunes prêtres se mêlent souvent au jeu. Leurs soutanes volent avec leurs écharpes autour de leurs corps musculeux et cambrés. Parfois la mer assiste, bleue et langoureuse, à ce bel effort des hommes, lorsque les rendez-vous ont lieu dans les bourgs aux maisons blanches, semées sur le golfe de Gascogne. C'est une rêverie de jadis. On assimile le réel contemporain aux évocations des luttes grecques couronnées dans le stade olympique, non loin de Tazur que meuvent les flots égéens. L'usage à peu près quotidien de ce jeu pourvut les Basques d'une plastique superbe. Si rûn descend par la sente éboulée dans la falaise, en s'appuyant sur le joug de ses petits bœufs roux qui retiennent la glissade du char à pierres, peu de spectacles convient mieux l'esprit à la dévotion envers la beauté humaine. Et c'est là, sans doute, un précieux résultat des sports. Ils embellissent la race. L'Anglais, svelte, clair, impassible et droit, l'Américain solide, musclé, aux yeux d'algie dans un visage rasé d'athlète statuaire, leur doivent cetorgueilde l'allure qui leur communique la confiance en soi, le goût du risque, la foi dans l'issue de la lutte. Us respectent leur corps comme un instrument de triomphe. Ils soignent leur tenue par culte.

Cette religion de l'apparence humaine, trop négligée par les générations antérieures, mérite qu'on la rénove. A tort nos grands-pères soutinrent que le mâle doit s'exempter de coquetterie. A tort ils qualifièrent d*efféminés, de propres à rien, les jeunes bourgeois qui s'occupaient de raffinements utiles à la coupe des redingotes et au brillant du linge. Lors de mon adolescence, beaucoup de parents considéraient encore l'élégance comme un signe de mauvais instincts. Ils exigeaient que leurs fils s'habillassent ainsi que le notaire de l'ancien théâtre, ou bien les jugeaient perdus. Je me souviens que, la première fois où j'étrennai un col cassé par devant, la colère paternelle fut terrible. On me saisit à la gorge, on empoigna ce malheureux appendice de chemiserie, on le froissa, on le saccagea, on Tarracha, on le jeta sur le tapis, on le piétina. Ensuite je fus contraint à boutonner sous mon menton un carcan rigide et de hauteur médiocre, de le sertir avec une mince cravate noire. Sinon l'échafaud eût aboli avant peu les débauches de mon existence, à ce qu'assurait l'auteur sévère de mes jours. Je crois bien avoir, ce matin-là, suscité la plus sincère de ses indignations puritaines.

Les temps ont changé. Nous savons que la

SM LA MOBAtB DE l'aMOUB

première des politesses est de se Tétir parfaitement* a&B de ne pas déplaire et de ne pa« causer ime sensation désagréable {aux gens. U me semble que sî les socialistes étaient d'accord avec leurs principes daltruisme^ leur devoir serait» avant tout, de paraître sous les atours les plus seyants. Ainsi marqneraient-ils leur désir de souhaiter d abord le bonheur du peuple. Corn* ment sauraient-ils prétendre qu'ils visent & cela, d leur tenue débraillée, si le chapeau déteint et cabossé, si le vêtement usé et taché, si les sou* liera informes, si le linge déiralchi valent d'abord aux ouailles le dégoût de rap6tre. Valoir un dégoût, c'est valoir une peine, c'est oflenser, c'est léser, c'est injurier. L'homme négligem-* ment vêtu invective, par cela seul, contre •es semblables. II leur impose la tyrannie de ion aspect goujat. Ce n'est pas un fraternel.

Non qu'il faille, avec ostentation, s'affubla de coetnmes luxueux* Le luxe est le contraire de l'élégance. Pourtant les prêtres catholiques, les moines, parce qu'ils faisaient profession d'être charitables, choisirent des habita nodbles. On n'a Jamais mieux trouvé que la soutane et le froc peur diminuer les tares des conformations, pour faire exceller une belle taille, une démarche digne et discrète k la fois. Très vite les ecolésias-

tiques comprirent Timportance de cette bonté extérieure. Ils édifièrent des maisons commiuet admirables, leurs cathédrales^ leurs abbayes. Us y firent converger les efforts de tous les arts plastiques et musicaux. L*arehitecture des basiliques est encore la plus splendide inTentée depuis celle, mathématique et pure, des temples helléno-romains. Que d'églises sont des musées menreilleux, en Belgique, en Italie, en Espagne, en France. Les trois quarts des tableaux illus^ ires ornant les galeries nationales des Etats furent commandés par les chanoines, les curés, les évéques, les abbés d'autrefois, comme Tat^ testent les sujets religieux de ces toiles. Si l'on songe qu'au Moyen Age les représentations dramatiques et le défilé du earnaral araient lieo dans rédifice paroissial, ainsi que les baptêmes, les mariages, les investitures, les funérailles, et cela selon la pompe la plus magnifique dont les annales aient gardé le vestige, on ne saura nier que cet altruisme constant ait influencé les peuples, les ait déterminés par reconnaissance ft la foi dans l'œuvre de la charité cath(^que. Ce ne furent pas seulement des paroles, mais des preuves de leur fraternité que les clergés surent ofirir* De même en présentant aux yeux du public le

chatoiement des uniformes et l'entrain des orchestres militaires, tous les chefs d'armée surent faire chérir par les peuples leur tâche et faire yénérer leur besogne terrible. Le soldat fut respecté. Comme le prêtre, lui-même prit une haute idée de ses mérites. Ce lui procura de Forgueil et de la vaillance. Si les régiments tinrent à honneur de ne pas flétrir par leur lâcheté les armoiries de leurs drapeaux, le plus humble soldat crut devoir le même respect à ^on habit, drapeau particulier, et symbole de son honneur individuel.

Il manque un uniforme à nos députés. Certainement ils admettraient, sous la toge romaine du législateur, une autre conception de leur rôle. Ils ne crieraient pas en tumulte comme les élèves d'une école indisciplinée. Ils s'épargneraient les injures grossières dont ils se baptisent â chaque minute ; ils auraient honte de s'attaquer au moyen de calomnies stupides et de présenter au monde une telle face de la vulgarité française.

La toge du législateur et du magistrat, si elle les recouvrait, certainement leur imposerait quelque mesure dans les gestes et les empêcherait des hurlements. A se voir en pourpre,, avec une traîne, les cardinaux vénèrent leur prestige.

et se gardent de le compromettre par des paroles vives ou des mouvements haineux.

^importance du costume est donc extrême.

Depuis quelque dix ans, on semble le reconnaître. De moins en moins on rencontre des personnes malpropres ou grotesques. Même le café-concert a dû modifier les ailublements de ses comiques tant ils eussent paru invraisemblables à nos contemporains bien que nos pères les reconnussent pareils aux vieillards de leur enfance. La jeunesse des sports a beaucoup fait danscesens. Elle a réussi. Nous pouvons aujourd'hui débarquer dans les lointaines provinces, dans les petites villes de Bretagne ou du Dauphiné, sans nous heurter aux ridicules de jadis, sans voir des chapeaux trop surannés, des parapluies difformes, des redingotes désuètes ou du linge jaune.

Une autre étape doit être franchie. L'horrible chapeau haute-forme et le hideux pantalon ne seront-ils pas bientôt proscrits de notre âge ? Je sais que, depuis un siècle, le temps consacre leur laideur cérémonielle. Cependant, les modes furent toujours changeantes. Celles-ci ne se modifieront-elles jamais ? Et pourquoi ?

Vêtement des cavaliers hongrois^ puis des terrassiers et des manœuvres, avant 1789, le panta-

Ion fut distribué aux régiments de TEmpire par mesure d*économie, vers 1810, lorsque le nom* bre toujours croissant des efiectils augmenta les dépenses pour la guêtre et la culotte. Alors, les intendants militaires firent <;oafectionDer urne seule pièce à la place des deux, ce qui réduisit et simplifia les comptes. Pourtant, jamais les corps d'élite ne portèrent ceit afireux accessoire. Par esprit révolutionnaire et démocratique. Les Américains s*en ornèrent Leur geûl s'imposa bientôt aux whigs de Londres. Pourvus, en général, de jambes hautes, les Ânglo-Saxons ^ les Scandinaves pouvuent, k la rigueur, sous x^e déguisement, garder <de l'allure. Mais quand nos races méridionales, trapues, «oartes et brèves de jambes, se parèrent ainsi, Le résultat iut Jûdeux. L'homme de trente ans, moyen, ressembla, dès lors, à un large cube monté sur deux cylindre flottants, tandis que sa tête ronde supportait an tuyau noir. Comparez les statues des célébrités modernes aux statues d'autrefois» Allez voôr Sfaakesipeare, boulevard Haussmana, puis Gambetta^ place du Carrousel, Diderot et Chappe, boulevard Saint Germain, puis JuIesSimoa, plaeede la Madeleine. Ensuite demandez -vous pourquoi vous choisissez la plusvilaioe desdeux plastiques. Une heure Ton put croire que le pantalon ces-

LA IMMIàl.ff ne L AMOUR 261

Mrait 4'aTilir fios formes. Nagoëre, les ef oUstes reprireftt U evlotte et les bas. Nous rtmes eofim des personnages gracieux évcrfuer aar les routes. Mailbeureusemeiit, cène (ut qn*uB essai. A peine, quelques cyclistes, touristes et chasseurs conser* vent-Us ce met Ueur aspect. L'abominable pafmtaleo, de nouveau, s'impose. Rien ne nous oblige cependant k «ette hideur qui change le galbe de la jambe en eelui d'une poutrelle mal ëquarrie.

Si l'on feuillette les albums de gravures, ii ap* parailt que, parmi les modes -en usage aux siècles passés, la tenue des bourgeois, i la fia du dix-sep* dèflM et au début du dix^huitième siecie, lut la plus seyante pour les statures de notre race. Cette redingote q»e Toa aommait habit« ces culottes bouffanAes et cachées par les basques, ces bas haut tirés, ces souliers à languette, ce chapeau ée feutre dur et rond mettaient en valeur les lignes et les courbes du corps, diesimulaiettt les imperfections des ventres oiièsee, laissaient aux ïambes taute leur longueur. En ce temps béni, les messieurs étaiest aussi heureusement vètua que nos petites fiUee actuelles. Comme s(tles,tls avaient de la prestesse, de i'allure et de Télé^ gance. Qu'un }eune homme endosse sa redingote, passe ses culottes et ses bas de chasse, qu'il

se coiffe d'un chapeau de prêtre, et il aura, sans acquérir de nouveaux effets, ressaisi la prestance des Clitandre. C'est ainsi que s'habillèrent les encyclopédistes, préparateurs de la Révolution française. En notre République troisième et définitive, il ne serait pas saugrenu que, par respect pour les Jean- Jacques Rousseau, les d'Alembert et les Diderot, nous préférions nous vêtir à leur goût. Il fut le meilleur. Certes, il faudrait proscrire les dentelles, les rubans, les étoffes de soie et de velours qui chargeaient les épaules des courtisans à Versailles. Mais notre sagesse présente Ta déjà su faire. Ne lâchons plus notre camaïeu.

Composées d'hommes jeunes, beaux et actifs, les sociétés sportives pourraient, mieux que toutes les autres, réhabiliter la mode encyclopédiste, Tadopter et l'imposer au monde. Il importerait qu'une ligue se fondât pour remplacer ainsi nos ignobles affublements masculins. Les jours de cérémonie, le feutre se substituerait heureusement au tube, l'habit de Jean-Jacques au frac étroit, et les guêtres ou les bas de soie noire au pantalon. Soyez sûrs qu'à se découvrir moins laids les hommes s'estimeraient davantage, se respecteraient et oublieraient leurs méfiances devant l'action nécessaire. Orgueilleux, ils oseraient plus.

Il est des saisons où la mode exige que les élégantes fassent disparaître sous des corsets tortionnaires toute proéminence du corps. C'est honte que d^avoir de la poitrine et des hanches. La faveur ne s'accorde qu'au simulacre de Tandrogynat. Afin d'obtenir cette monstruosité les dames se pincent les replis du ventre, les attirent par la force du poignet, jusqu'à la poitrine, et, par-dessous, elles sanglent la plus étroite zone de leur cuirasse. Sans Taide d'une camériste robuste et de biceps notables, nulle ne peut espérer les privilèges de cette platitude, qui rend pareille au soldat de plomb couché dans la vieille botte de six sous. La servante doit empoigner les chairs abdominales, les rouler, les refouler en boule dans les seins que la masseuse a préalablement réduits en chiffons fripés. On tasse le tout dans les moires armées de solides baleines. On lace, on tire, on boucle et on noue ; et la plus tentante Vénus se trouve alors transformée en Ganymède équivoque. On ne sait si les goûts helléniques de l'Université d'Oxford passent assez vite dans les âmes de nos gentilshommes, pour justifier ce désir féminin de parader en Alcibiades devant les désirs des Socrates. Ces dames ont-elles à craindre la rivalité des éphèbes? C'est à le croire. Les corsages des plus grassouillettes semblent cacher

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des thorax d'adolescaoïts. De l'épaule au genou, ttJBte ligoe rigide eilace les apparence» de fiUe pubère. On cherche instinctivement sur leur» Joue» si la duTet pousse. Cela seul manque à la mia^e des promeneuses.

Parce qn' « ils n'en &sïà pas en Angleterre 1 » fautril que nos ûla latins en soient aus^ privés? £t celte belle ardeur de patriotisme nalionaliste qui anime la société des grandes villes ne servira-t-^Ue pas du moin» à faire chérir les beautés de nm races» c'est-à-dire les fruits abondants et doux de jeunes poitrines bien fleuries, gloire ancÊenne de nos bachelettes, orgueils légitimes du Truftstevère et du pays arlésien ?

Nymphes de Boucher qui sûtes plaire aux yeux malins des ancêtres; daoMS du Quinzième qui dtnier, les appas dehors» comme le visage, pour la )oie des Armagnacs et des Boujrguignonay mer* railleuses du Directoire qui voiliez à Tantiquei «r une gaae diaphane^ les globes nacrés de vos gerbes pour la volupté visuelle des héros de Vâdmy, d'ÂxcoIe et de Eoèenliaden; Francaiae& dee époque» grandioses, et vous, sveltesses du marbve quesculptà^rent Houdon, Pradier, Carpeaux, ne coAseillerez-vous pas la mémoire de vo6 descear dantes? Voilà qu'elles renient abominablement les charmes dont s'éprirent nos littératures. Noe>

LA MORALE DE L AMOfJR S9&

femmes, bos ftHes et nos soeurs s'eflaeemt à Tarnglatse, malgré taH( de diatribes coatre le cosraopolitisrae et l'étranger. Se peut-il que sur notre terre, le ceKe du boy remplaee celui de la dryade alerte aux formes fécondes ? Ce go*t de Téphèbe s'explique en Orient où les femmes se flétrissent do bonne heure, qnelqaef civs, à Tinstant même de la puberté. Esclaves du désir, elles engraissent, somnolent, s'abétisseat en se bourrant de confitures, de fruits et de bonbons dans l'ombre du harem, tandis que le jeune homme pourru 4e yastes yeux doux, marche, court, pense, est capBhle de passions et de Tfe. Mais, à ToccKient mptentrional du yieux monde, la femme semble «Toîr atteint sa précellence d'esprit et de corps. Les jambes élancées, la taille étroite Jointes paar de merveilleuses courbes aux ronffemOTits^ géminés de la poitrine, à la rondeur polfe du ventre, donnent, par ce contraste, la meilleure sensation de grâce à la fois f rftle et lourde. Les filles de seize à vingt ans, sont, chez nous, des types de proportions parfiaites. Certainement, passé cet âge, la majorité des hommes l'emporte, en pureté de Hgnes, sur ht majorité des femmes. Acceptera-ton cette évidence ponr raison suffisante d*aceom^ moder Fexfàrieur féminm aox rythmes de Fextérreur masculin, même en ce qui concerne les

jeunes personnes indemnes de toute tare? Ce se rait un crime esthétique, ^excellence de chaque créature consiste à persévérer dans son être, et à le mener vers la plus complète expression de ses qualités totales. La femme qui virilise à l'excès son apparence, pèche contre la beauté. Elle institue de rfaybride, du monstrueux et de Téquivoque. Un pareil résultat ne justifie point les tortures qu'il suppose. Que ces dames nous rendent la splendeur de nos races celtes et latines I

Les modes ne dépendent pas uniquement des caprices. Elles trahissent aussi la préoccupation inconsciente de Tépoque. Telles idées qui se répètent plusieurs mois durant, finissent par influencer la vie entière et tous ses gestes. Voici des années qu'on invite la nation à l'énergie, qu'on prêche, avec des comparaisons favorables à TAngleterre, qu'on applaudit, à travers les blâmes, le féminisme américain, français, russe, qu'on appelle les épouses à la loyauté, à l'intelligence, à la science et à l'indépendance d'esprit, qu'on la mêle à la politique. Peu ou prou, ces excitations la persuadent. Si la coquette se défend contre elles, il lui faut les discuter ; et les discuter, c'est les adopter en partie, c'est accueillir leur force obsédante, même sous une forme

négative. A Theure où Ton parlait des littératures de décadence, les magasins se remplirent de tissus aux nuances pâles, de meubles grêles. Le vert d'eau, les bleus passés, les rouges aqueux parèrent les étoffes des robes, que rehaussaient des passementeries byzantines. Le préraphaélisme franchit le détroit du Pas-de-Calais.

On vit dans chaque salon une fleur bizarre se dresser, solitaire, dans la petite urne rose, sur la table. Quand Tatmosphère se remplit de tumultes guerriers ; quand le canon gronda en Âfri^ que et en Asie, quand les révolutions ensanglantèrent Pétersbourg, Odessa, Moscou, nos femmes revêtirent les allures des amazones qui se coupaient le sein, encore que celles-là n'eussent plus à tendre Tare. Mais elles se veulent mâles et martiales, alourdies d'aucun poids superflu. Elles ne songent point assez que les succulences de leurs corps sont la meilleure récompense attendue par le jeune héros, et qu*à le priver de cette gourmandise, fut-ce mensongèrement, elles diminuent les motifs de sa vaillance, elles diminuent les forces de la nation. Si le Latin combat pour moins de beauté, il comoattra moins ardemment.

La beauté réside nécessairement dans la cor-

reelioo et rbarmoaie des lignes, dans la mesure de leurs rapports, dans la perieciion de leur» joints. Un Mre^ une chose, ua paysage nous plaisent d'aboffd, sans que nous puissîoBs dire les causes, paîce que notre œil, puis notre esprit ont perçu un total définitif de courbes agencées. Cela nous donne une quiétude singulière, in^médiate. Soudain^ nos traits se sont détendus. Notre cha^ gnn s'est enlui. Notre latigue cesse de peser le long de nos membres. Une image est apparu»

dont l^influence a desserré les contractures de nos neris. Avide aussitôt de mieux voir, de tou : cher, de posséder, de jouir indéfiniment, notre Ame se tend vers la magnificence d'un horizon, la structure d*un palais, la sveltesse d'un corps. Tout n^tre être désire perpétuer la sensation. To«t notrecerveau travaille à la ressentir davan* tflge pour réierniser dans la mémoire.

Qu'un artiste survienne, il la fisera sur la toUe avec le crayon et le pinceau, ou dans la glaise avec sOB éhaucboir. Ceux qui n'auront pasoonnu l*instant divin pourront l'aimer devant le tableau ou la statue. Par surcralt sera révélé le talent qui interpréta la nature en l'alliant à son émotion propre, en transcrivant à la fois l'objet perçu et l'émoi provoqué par la perception.

Lorsqu'il lait, devant une visiteuse, défiler de

LA MOItALE VE L AMOUH 9M

Jolies personaes vêtues avec splendeur, le covtsrier B'efferee de preroquer le nème trouble. S*il y réussit, la eliente éprooire le bienfait physique et moral que nous dispense la Beauté. Cettefois, c'est rexcellenœ de jeunes corps aux allures gracieuses et noMes, c*est le tri de nuances diverses tinifiées dans les conrbes d'un costume qui chatoie. Ressembler à cette créature d^apparat, ne serait-ce peint susciter dans les ccBurs des amis, des compagnons, des passants, la même volupté déticieose qui nous pénètre? Dès lors, ils voudront aussi prolonger le plaisir de la rencontre^ et se feroQt afiables, empressés, indulgents, louangeurs, afin que la présence de la dame bien parée continue de les ravir. Elle-même savourera la double félicité de valoir de la joie et de se savoir, pour cela, recherchée, souhaitée, désirée peut-être, ou du moins accueillie avec la déférence quinspire une personne experte dans Tart d'adapter les couleurs et les lignes les plus favorables à son charme.

Voilà les espoirs que valent aux acheteuses, les jeunes filles jadis surnommées, puis ooramées « mannequins », et qui, dans les grandes maisons de couture, paradent sous les toilettes inventées par Tart du dessinateur et de la coupeuse. Elles se présentent, comme les images de

miroirs infidèles mais ODgageants, images de ce que deviendra la dame quand, à son tour, elle aura, fort anxieuse, endossé le prestigieux étui de soie, de dentelles et de satins abondants. Pour médiocre que soit sa prestance, et pour épaisse que soit sa taille, ou pour évident que soit son squelette, la spectatrice des mannequins ne doute pas d'égaler, en quelque façon, cette adorable Germaine qui, autrefois, chez Dœillet, dans les hauts salons anciens de la place Vendôme, promenait son allure de marquise traditionnelle, au sourire impertinent, aux gestes de menuet, au profil fin, aux longs cils noirs battant des joues rosées, à la chevelure légère et floconneuse.

Germaineestpartie sansdoute vers les Cythères généreuses. D'autres succèdent dont la plastique ne le cède en rien à celle-là. Il semble même que leur intelligence artistique s'affine chaque jour. Beaucoup d'entre elles parviennent à connaître de leurs qualités corporelles ce que le peintre expérimenté tâcherait d'apprendre. Vraiment, elles posent au miroir moins pour leur vanité que pour leur science. Elles arrivent à perfeo* Uonner leur marche, leurs gestes, le port de la tête, rinclinaison de la nuque, avec la conscience avertie d'un vieux mattre qui n'ignore rien des

secrets transmis par Léonard ou par Delacroix. Quelques-unes, avec leur chair et leur grâce, composent des types de beauté tels qu^entre les dix mannequins du cortège habituel, la visiteuse ne peut manquer de découvrir celui dont se rapproche son type propre ; celui de sa race et de ses ancêtres. Chez Paquin, une, toujours, assemblait en soi les traits, les gestes, les mines d'une sorte de princesse qu'on croirait issue de vieille race guerrière, tant elle est noblement grande, encore allongée par une nuque mobile, délicate, très libre, propre à élever par-dessus les gens, un visage régulier aux lèvres sensuelles et sauvages, aux lèvres de proie. Les demoiselles des cours étrangères qui viennent s'habiller à Paris se peuvent là souhaiter pareilles à celle dont les yeux bleus et cendrés pensent gravement sous les cils noirs, sous les arcs nets des sourcils. Qu'une toilette Tenveloppe d'une spirale souple en velours gris, serrée par une ceinture brillante, qu'un corsage brodé d'argent l'étreigne comme d'une armure discrète sous le jabot de dentelle,qu'une mouche avive le marbre de la tempe, et le coin du sourire condescendant : la voilà digne d'être imitée par les Elisabeth, et les Louise de quelque Lippe-Holstein, de quelque Hesse-Nassau. Cette jeune fille vit les

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attitudes des portraits historiques aux masées.

Au contraire, des Parisiennes hâtées, imtelligentes, actives, promptes à dire leur mot de philosophie superficielle et narquoise, sauront comment leurs manières désinvoltes cMffoftnenmt la robe de visite en drap blanc, et les manches ée dentelles ballonnées si tel mannequin les montre sur son joli corps allègre, sll iait tourner, sur le col de soie anerenne, son visage spirituel et brun où pétillent les regards très malicieux. Elles sauront comment se creusera, se cambrera leur jeune dos dans un boléro minuscule, afin 4e signifier des intentions coquettes et sournoises à fadresse delà personne empressée pour les si^ vre vers la table à thé, dans la serre, aUleurs.Les jeunes filles pimpantes appreadfxmt si leurs mines sepeuvent arranger de ce oostume, autant que la physionomie de cette enfant tort railleuse sous la frange bcune et dorée d'une chevelure en turban que déoore, en outre, un petit nceud d'azur.

n y eut la beauté classique de Mlle Odette qui entraînait les splendeursdes robes déeoUetéessvr sa taille majestueuse. Il y eut la beauté sérieuse et triomphale de Mlle Paule, orgueil de la maison Doooet, et qui enseignait aux élégantes comment les eouleurs du velours et des guipures « tourte-

relie » se drapent sur les lignes pures d'une car- Bation pleine, comment elles se marient au obarme d ua sourire charnu qui ieint de tout pardonner selon rinduigence d'yeux sagaces, bridés à l'ombre de cils lourds, flanqués par les ondes d'une ebevelure en bronze.

Greuze et Chardin se fussent disputé lachance de peindre une délicieuse, une fraîche poupée au dix-huitième siècle : Madeleine» et son regard bleuté, et les perles minutieuses de sa denture gaie, et la finesse de son corsage virginal, et la pente de ses hanches^ et la fossette du menton, et toute la prestance en garde pour danser la gavotte, pour secouer, sur son rire, la lumière d'une coiffure blonde que surmontait un étrange no&ud de velours marron. De oelle-ci, les personnes tranches^ naïves^ saines, et de pur sang français, purent choisir les atours. Ses fourrures d'hermine et de taupe, ses mousselines brunes ornèrent aussi les grâces traditionnelles et fortes, aimées jadis par les encyclopédistes ou les fermiers généraux. Mais la îeune femme que tient le jeu des passions voudra savoir comment les étofles changeantes cachent et révèlent» tour à tour, les mouvements voluptueux des formes, comment elles les dérobent» pour les faire saillir ensuite, comment elles trahissent une âme

dont la physionomie véritable n*apparatt point sur le visage seul, mais sur tout un corps chaleureux. Celle-là n'aura qu*à contempler Tapparition de telle petite Suzanne, très brune, aux œillades de manola, à Tair futé, riche en promesses de joie, et qui se cambre et qui se tend, comme un désir, dans un fourreau de gaze citrine.

Ainsi que les modèles des sculpteurs et des peintres, ces jeunes filles ont fini par s'intéresser fervemment à Tart qu'elles pratiquent. Depuis les plus célèbres jusqu'aux débutantes, toutes s'exercent à tirer de leurs personnes un maximum de grâce et de séduction. Elles développent leurs lignes, comme le font les danseuses qui s'assouplissent sur la barre recouverte en velours au foyer de l'Opéra. De leur beauté accrue parla science, dépend l'esthétique générale du costume. Car les mondaines, les actrices et les courtisanes ne décident Tachât d'une toilette que si le mannequin Ta fait valoir devant eUes, com plaisamment. Or, les couturières et les marchands qui fournissent à la clientèle bourgeoise, commun* cent par copier les robes de ces personnes opulentes, pour en vendre des imitations moins chères. Toutes les bourgeoises, puis les ouvrières coquettes s'habillent donc selon le goût inspiré

aux premières acheteuses par les postures des Mannequins.

Mais si Teflort du peuple permit aux élégantes Taisance et Téducation de leurs grâces, celles-ci lui doivent, en retour, des exemples aussi parfaits que possible, de beauté. Elles sont des professeurs d*esthétique pour la foule qui les envie, les admire ou les désire au théâtre, dans lame, sur les champs de course, partout. Â leurs gestes d*enseigner Teurytbmie des mouvements* A leurs mines graves ou moqueuses de corriger la grimace blême du chagrin, ou le trivial d'un gros rire. A leurs toilettes harmonieuses de guider le choix du vêtement qu'adopte la multitude pour la saison, pour Tannée.

Qu'une « Paule », qu'une « Juliette » rendent agréables une minute des chiffons coûteux, des loques opulentes et déchiquetées, qu'elles les préconisent parl'exemple mal suivi deleursattitudes, et nous serons bientôt condamnés à voir toutes les femmes enlaidies par Timitation decetle faute.

Voilà pourquoi nous semble urgent le devoir de créer une fête annuelle de l'élégance où les meilleurs types de beauté plastique et vêtue seront jugés, choisis, et présentés au goût public par des admirations averties.

Car une personne riche qui s'affuble de robes

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désagréables et chères peut se félieker, peartsuA, des étoSes et des dentelles, des tissus «KnptiiMa plaise&ls daas leur liatière seule. Mate les coifoettes de la foule, qui eopient de tour iniettx cette erreur, renpIaceM la matière coAtenae par Hûeesmelote asalogue^Titedéfraiotâe, déiermée, tlépovrTue de cette splendeur gmesière» mate réeRe, qui povfait to«t de même ottàmer Tatiooe da premier dioix. A ht rîgveur, la déMcatesee d'osé deateHe Talant plusieurs mîtiiefr» de fraiM» pallie raseemblegefftolie«a d'uBetoUeAle tailladée, chargée, boursouflée, ertoeUe à foison. Mate oeUe dentdle, travestie en guipure pas chère» halnUe rhoiméte marchande coiBmed'un rideau arraché à la vitre, ou coma^e d'une tâtière fabriquée par nosaieales pour les canapés en relours d'Utrecht. Savamment et discrètement fardée, parfaitement et lÔBguement caiffée,aBe « Maddeine ^ nous doanera bien quelqne agrément, même sa elle porte un chapeau ridicule, à voltea hélicotdâdes, 4 panaches en antrucbe, à jardins, à vergers et i meuds de soie cerise. Mate qu'une jeune fille un peu fatiguée par les labeurs dn cours, do mafcasm, dn bureau, vite coiffée, dès Tauhe, sans autre aide quecelle de son nrirotr,se veuille Bmtmomiar d'un pareil édifice acqute au riitaia, elie noua communique Timpressiondune triste mascarade.

Les modes sans 6»lkétique, si elles iavorisefti par f eid Tétalage toujours ignoble de la ricliessef eolaîdisseot la io«le et lui perverlisseot le g/fàùi. MoodaÎAes et courtisanes soat responsables de la bîdeur publique, Elles n^ligenlleur devoir strict^ qtti Goostste à faire de soi une statue dart vivant et merveiUeuXi pour Tinslruetion des esprits.

Q«elques-uns prétendent que les créateurs de la mode visent d'abord à particulariser les êtres opulents au miHeu des multitudes économes» Ce serait là une méthode pour distinguer, par des oripeaux, les castes nanties. Peu importeraient l'eiLcellence ou la défeotuosité plastiques du costume. L'essentiel serait d'interdire le luxe à la majorité. Modifiant cbaque HMis, etdelagon passable ou détestable, leur luxe, les lemmes pourvues de fortune empêcheraient ainsi les autres de les égaler par Textérieur.

Cependant, le spectacle d'une foule sane beauté me paraît un ennui plus grave que celui d'être confondu avec le total des promeneurs, s'Us sont agréables à voir* Le prince des dandys^ Brummel, se disait sûr de son élégance, si personne ne le remarquait Quelqu'un exprimait-il trof^ vivement son admiration, lui rentrait, mécontent» et changeait de tenue.

Ce pontife de la plastique individuelle attri-

buait toute sa valeur à la dignité de la personne, qui ne doit pas être un objet d'étonnement, tel un phénomène de foire. Pour échapper aux manifestations de la surprise publique, maintes et maintes femmes trop élégantes sont obligées de ne sortir qu'en voiture, et de se précipiter de leur coupé dans la porte de la maison où elles se rendent, de peur que les badauds ne s'attardent. Ces sortes de personnes sont probablement habillées avec luxe, mais non point avec élégance.

Pour notre goût, encore réputé par le monde, il siérait que les maîtres de la couture omissent d*exposer, sur les dos des mannequins, aux yeux de leurs clientes, les modèles de toilettes trop superbes, plus dignes de princesses africaines que de Parisiennes affinées.

Aux lignes nettes et collantes des modes qui vêtissent la femme de sa beauté, les essayeurs semblent vouloir trop souvent substituer lignoble goût du chiffon, de ce qui flotte et de ce qui se taillade. Plusieurs fois les manches de robes se sont évasées, pour laisser fuir, au dehors, un fouillis de mousseline ou de soie flasque. Il fallut oublier le dessin du bras, enduit par Tétoffe qui n'altère rien de la courbe diminuée si parfaitement, grâce aux calculs de la nature, avant

la paume de la main et la délicate mobilité des doigts. Des barbares ont ressucité les hideurs de 1870, les doubles jupes^ les tabliers à bords de velours, le kilo de faux cheveux en résille, les suivez-moi'jeune -homme, les tournures et les fouillis cachant Torbe simple de la croupe 7 D'affreux boléros écourtés et chamarrés remontèrent dans le dos qui se voûta sous le faix du désespoir, à se sentir affublé d'un pareil oripeau.Par milliers, de jeunes personnes semblèrent habillées avec leurs rideaux de vitrage, sous prétexte de guipures et de tulles. Quelques-unes se ruèrent sur les mantes aux bordures crénelées comme des châteaux-forts, sur les nœuds et sur les choux, sur tout rhorrible que Taffreux luxe de la Restauration inventa, et que celui du Second-Empire continua sans indépendance. Paris sut, à maintes reprises, s'enlaidir terriblement.

En vérité, rien, sur la femme, ne vaut les lignes étroitement épousées par Tétoffe que prolonge une tratne ample, souple etonduleuse. La sirène semble avancer avec le flot de son sillage. Elle doit en émerger ferme, et comme nue, sous une simple couronne de fleurs ou sous une coiffure de plumes écourtées, lissées, collées aux tempes. Tout le reste est indigne du bonheur que le dieu nous fit en créant cet ostensoir de nos

rêves. Si la mode se dott 4e Tarier, iiiTe&to&s des étoffes nouvelles et eombremeat niagnifiquee.Les ooeiluree un paon, le tefnt des fleurs, les moirores de la rivi^^, le reflet des métaux obeciirs, nds des perler, les nuances infinies delà mer et du ciel orogertx permettent de rétinlr, sur les corps, tous les symboles de Tunlvers.

Mais, de grâce, artisrtes de la couture, n'emmaillotez pas, dans le chiffon, les membres, la ftucfue, le busle, la taille, ni la eroupe. Veuillez ne point corrompre la pureté de la Kgne par des tortillons et des loques mousseuses.

La beauté réside nécessatrement dans la correction et la pureté des lignes. Les proportions du corps humain sont un exemple du rythme parfait. Toutes les esthétiques, après tous les arts spontanés, le prodamèrent par des maximes, par des œuvres. I>onc, une mode qui détrait oette harmonie pècbe contre la beauté. Pourquoi 6*efferoer d'aplatir les gorges derrière les corsets droits, d'eoiouîr la ligne pure des bras iéminfos dans des étuis gibbenx aux enflures monstrueuses, de cacher leur corps dans des amas de lourdes dioses uniformes ? Est-ce 1* ce que oonseflle la beauté des mannequins ? O^e ne se contenle-t-on d'appliquer la peau de souples et soyeuses étoffes sur les académies impeccables

de nos « Germaine », de nos « Jeanne », de nos c Paule », de nos « Madeleine » et de nos « Odette »? Rien ne vaudra mieux que leur ressembler. Et la ioule sera belle, si elle se transforme à limage de leur plastique.

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