‹ La morale de l'amourChapitre 4 sur 25 · L EXEMPLE DU PRINCE · texte numérisé non relu

L EXEMPLE DU PRINCE

L'histoire relate à foison les débauches des souveraines. Sémiramis, Théodora, Isabeau de Bavière, Catherine de Russie et Caroline de Naples étonnèrent le monde par Tinsolence de leurs plaisirs sexuels. Malgré son intelligence virile, Elisabeth d'Angleterre le stupéfia par la niaiserie de ses faiblesses sentimentales. Étant traditionnelles et banales, les voluptés scandaleusesdes princesses contemporaines n'auraient pas le don de nous distraire, si le besoin d'une obscure médiocrité n'était venu se joindre à celui d'amours illicites. Avant qu'un anarchiste à poignard la travestit en symbole imposant de revendications sociales, feu l'impératrice d'Autriche avait d'abord déserté les pompes de sa cour pour l'intimité des écuyëres et de quelques grimauds insuffi-

sants. L*archiduc Rodolphe ensevelit son existence dans des orgies secrètesoù lui-même trouva sa fin, massacré, dit on, à coups de bouteilles par les convives devant lesquels il venait d'assassiner sa maîtresse, la baronne de Vescera. La veuve de cet hystérique a répudié les grandeurs, afin d'épouser un militaire qu*elle a depuis lâché. Jean Orth s'est sauvé loin du palais ancestral sur un yacht introuvable, «t feint d'être noyé, par crainte d'être rappelé en son rang protocolaire. Don Carlos a vu sa fille échapper à leurs espérances royales et suivre un barbouilleur dans les péripéties d'un adultère misérable dont elle s'est promptement dégoûtée. Ces enfants d'Autriche, de Belgiq^ue et d'Espagne» répugnent aux dignités et aux devoirs de leur étal. Le neveu de Jean Orth, Léopold-Ferdinand de Toscane, protégea la fuite de sa sœur, Louise de Saxe, partie avec le précepteur des enfants. Lui-même, alors, fuyait avec Mlle Adamovitch.

Chacun, avec sa chacune, s'évada, courut, les guinguettes des auberges.Tellela jeunesse ducûHir merce s'égaye, le dimanche>par les banlieues, des capitales. Eatrotleusecourte et en palelot anglais, un boléro de feutre sur le boiifiant des cheveux, L'hériiière du trône saxon fureta dans les boutir ques de Genàve^se divertit à de petites empleltes:.

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rtnouvdi» son treusseau^mapcfaattda ki modista et la coréoBBière arec «ne joie déjeune bonurgeoiBe qae {avorise ia* gvaliflcatBoa annuelle reçse. par 8Mi époux à laçais» du miaistère oh da la ban- ^e. Auxderroii^et aux honneurs d'one Ahesse; ravcbidue Léopold préféra les kmctims de timomac sur an tialem de cabotage, poiscpi' on hû retosait les 40.000 franea de noila dérafav é'ovdinaire à son titre.

Ainsi Hs potentats insnltëient la eogeaBeyiiiile et prweFbiale des naâoiif . Ile substituèrent à Fadaf e : « Heureux comme an reî I i> celai de : « Mevreux comme un bourgeois ». César eavia Joseph Prudkomme, et naos par figure de rhéU^rifiie, mais le phia sincëremeat qu'il se pût. Apparemment, cela tdent-it à ce que iosepb eat de¥ea« député parlamealaire, quil pérora et iait le oovpr de^ poing dans les Chambres de Loodres, Paris, Vienne^ Berihi, et qu'au bout du eempte, il 7 commandât Parce qu*il semble détenir la véritable autorité, les monarques dépoanrus le jaloiisent. Hs proposait i temrs aBBfaîtioas de llmitev dans ses mannes habitudes, lauee de réussir à partager aapoissaaee effective. El ils sa font tris que les décrivit la verve de notre Abel Her- BHmt, sir la scène des Variétés.

C'eût été pour ses ries médiocres un beleaeou-

ragement à se résigner. Sachant son rôle souhaité par Léopold de Saxe, le moindre second à bord d'un caboteur put estimer que ses rêves de richesse et de triomphe étaient folies, en comparaison de sa félicité d'alors. Pour avoir expérimenté le réel des vœux chimériques, un grand de la terre souhaita les préoccupations de la passerelle, quand les embruns giflent le timonier guidant le vapeur vers les feux rouges et verts du port indistinct qu'enveloppe la nuit de la mer. Ignore-t-on moins que les milliardaires yankees vivent d'une façon relativement modeste ? La famille Rockfeller a Thorreur du faste, bien que son pouvoir financier régisse l'économie des trusts. Vanderbilt et Carnegie distribuent leurs millions aux bibliothèques et aux Universités, loin de goûter, par le moyen de cet argent, des vanités d'apparat. Quel pauvre commis, aspirant, derrière son comptoir, souhaiterait à la couronne impériale, ou bien à l'opulence des rois yankees, l'usage qu'en font tel Jean Orth ou tel Rockfel- 1er? A toutes félicités, Léopold-Ferdinand préféra l'amour de sa mie, 6 gué! comme le conseillait Henri IV encore qu'il se gardât de perdre Paris, afin de contenter sa conscience religieuse. Pour les princes de notre temps, ni Vienne, ni Dresde ne valent une messe, encore moins un baiser de

la Vescera, de Mlle Adamovitch ou de M. André Giron.

Or, Texpérience du sentiment les a déçus. LéopoId-Ferdinand et Mlle Adamovitch ont divorcé naguère, las de leurs humeurs. Délivré de sa maîtresse princiëre, M. André Giron épousa, récemment, une brave Belge. Néanmoins, l'aventure amoureuse avait tenté les grands.

Il demeure malaisé de dire si Ton doit imputer le goût passager à la sagesse ou bien à la sottise. Le rôle du souverain tente Tintelligence, non pour les orgueils qu'il justifle, mais pour les œuvres quil permet d*entreprendre.

D'un pays vaincu, mutilé, l'admirable roi de Danemark a su faire un État modèle dont les économistes révèrent Torganisation sociale, les coopératives et les mutualités, dont les agronomes citent en exemple les syndicats de cultivateurs qui vendent, en concurrence, avec nos produits normands, sur le marché de Londres, leurs volailles, leurs légumes, leurs beurres et leurs œufs. A la cour de Copenhague, les héritiers des empires viennent solliciter la main d*épouses érudites et dignes entre toutes. Le critique danois Brandès impose ses goûts littéraires à l'Europe du Nord et de l'Occident. Un Hamlet merveilleux, plein de vigueur créatrice, se promène sur

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)a terrasse d^ESsenaur^'em xéparMit les taianitég de la force par les adresses de Tesprit. A. la -vérité, et roi mérite plus nos aji^mpathies que s*il avait quitté ton pafs malhettrffljx et xanralè pour courir les «obérées de Suisse avec «ne dBBun* soHeimiiplaiBaDU, Défions-noMS de la roinance. dtenous conseille d'admirer dniann lanMolaUes instincts et de leur sQbordoiE&er jtes pUis havtes visées de Tesprit. £Ue Bxalfe ks pencliaiiÉs mesquins de rindividu ^eî^te au délriMentdeibelkfi oeuvres. Quand le roi de Banemailc pénètre seul dans une itéuntoo puMsqine de grévistes^ pottr monter II la tribune et défendre son opinion de dh^yen-; qoaod il écoute Despoctweasesattit ses oootradioloviiB ans mains noires, et quand «1 s4»* elîne^n satoant ie vole qnî condamne aon atrie, je me seos émn davantage qu'à l'heure de penssr aux einbrasseme&ts d'nne flirtenae et d'un oéladon qui se gaussent des grandes lehoscB an nom de lenr passionneite.

Un apctridoe ftodolphe, instruit par les keeturas, secondé par nne menrtalité sBonucaUe, dM pu, s^l eût nris ton jeu des influences, aocroitre slngaUèremeat les droits de ses «mcttoifeas h l'aise meilleure. Mais il aima maenEX jeaar 1» Ottidios et les Werthem, péiir bassement dans ane<iueretle de souper. Les mfimes devHiirs in-

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comèaMBt à LioftMi-FeiAiauad^ & Loime de Sase. Ces piôoMB ont 6oiiim« la grandeur de •leur deeliB rojrftl à ia booAe de ievrs capnioes -9eKueis. TemiMBoedireneiit ils ^saciifièreiït knr «ission à tomn copgtetiPDB. Ûe fut pito9:aUe. <iaéL chapitre FBBgevr icsepfa de Mueioe eift técsii sur cbb déchéances et âureee désections i

Aujounthu qm^ls ont necoum tovrerreia: et 4ft8tuf»éîtéd'n BeQtiiDeat4*exemplede*GBi priDoes -lin indtmt dévcy es doit inetruine tenrs paneils et ie iDonde.

De tout ie métier royal, les jeimes géoérJÉioaB MriAdHfues caiE6iâèmit«eBàeaBefit iecabotinage. Ils abandMonirt la oonr parce qulls ee iaeseitt d'y parader umquement, à la façoi dlaoteurs •fliiBgés aux rétitaiiaBi et aux ^wncee prteen- Mes devance. Pmfés d'énergie, ils se déroiieataii mmci de prévoir oeouèian leur Jioia numiEact de ^reslBge^ et, saoa ^doule, lée liriKMBpbe effiiafle teeddéesiianleft. Si les conoepiioms BeuFeraineB .tanir semcideot oridicuies ou naoraiBeB, le mérîèe aérait de taire iace an |^1, de fattter 'oostre les poé jugés, eantre an ybâksopUes cmeUes, œntre las thèses de l'mjuâtice. Fair te tBombftt €(t ee repoaar dans un chambre d'hôtel, islestdela poice lâcheté. Loin d'ofihsr au moaidB l'Cxenapie d'oia aftraBchisaeiftentcUustFe, ilstei

prêchent le dédain des actions généreuses et le goût de Tasservissement à Tinstinct. Soucieux de ne pas être acteurs de tragédie, ils se font cabotins de vaudeville et d opérette. Ils furent héros du reportage, émules du tzigane et de la goton américaine anoblie par mégarde. L*aristocratie de TEurope chut là. Lavedan et Abel Hermant avaient exactement prévu la débâcle dans leurs satires dramatiques. Et Ton ne saurait plus comprendre comment les filles de marchands peuvent encore se promettre d'acheter, avec les millions dotaux, un protecteur à couronne fermée. Désormais, dans ces mariages, ce seront les familles de la finance qui s'encanailleront.

Un homme, par son génie propre, par sa connaissance de la nature humaine, par son adresse à saisir les occasions heureuses, s'est enrichi, puis affiné, instruit. Il domine. Pourquoi, soudain, abdique-t-il Torgueil de son œuvre en mariant sa fille à un de ces barbares dont les fiefs furent acquis par le pillage de colonies romaines, la brutalité féodale, ou certaines complaisances interlopes de courtisans ? A Torigine de toutes ces races, il y a le meurtre et le pillage quand elles prouvent une ancienneté véritable. En quelle manière Tunion avec la descendance de ces malandrins rehausse-t-elle les valeurs d'une

fortune acquise dans des transactions pacifiques et, partant, moins nuisibles aux peuples ? A tout prendre, en quoi la fille du filou se décrasse-telle si elle épouse Tarrière-neveu du bandit ? La déroute actuelle des caractères armoriés finira* t-elle par persuader aux filles de négoce combien leur état est moins humiliant qu'elles ne pensent.

Cette grève sentimentale des princes témoigna encore de la poussée d*égoïsme individualiste qui pourrit le vieux monde, qui précipite la ruine de ses institutions. Jadis par dignité souveraine, pour montrer aux peuples l'exemple de la famille intangible et solidaire, une princesse de Saxe eût héroïquement supporté les inconvénients de l'union mal assortie. Elle eût immolé ses chances de bonheur à la raison d'État qui veut ses foules confiantes dans la sainteté du mariage, dans la santé d'une lignée pure, d'atavismes certains, total des courages et des vertus accumulés en un même sang par d'innombrables générations. Et cela n'eût pas manqué de grandeur. Aujourd'hui, la même princesse se moque de l'exemple à fournir. Qu'importe à son caprice si des bourgeoises, si des ouvrières, si des paysannes l'imitent et rompent le pacte matrimonial. Et, partout, les égoîsmes de chacun

remporlent sur le souci du rite lamUial. Même daas la «^aoe -allemaiide^ servile ^ diacayplûRé», to 0606 de k responsabilité se perd. Ceux-là surtout la négligent -qid eu oat la garde expresse. Fnne la lamUle, fini le ioper, finie la eroyaaee à ia lignée pure de tovte mtrusiea étrangère ! S*il en croit les princes, ranareUste a raison qui réclame la communauté des femmes et la mnise des «niants, à TËIat L*indifidu s'émancipe jnénie quand vingt siècles de traditions anoestralee éduquèrent son sang, ees uerfa, ses fibres. Tonte la viâille écx>rce sociale o^açoe, •e fendille et tes diénes de légende e'abatlent brayammenl dans laforétiaboleiise. Les^pcinces se 8Mit mis en grève comme les mineurs et lee nutelots. Néanmoins, s^ni iait Texpétieiice de la liberté senti mental Ol, ils sont reyeiuie à Tespdt, étant dégoûtés du cœur.

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