‹ La morale de l'amourChapitre 5 sur 25 · LE FORFAIT DE CLITANORE · texte numérisé non relu

LE FORFAIT DE CLITANORE

Avec od>8tinatiDa CKtaakdre est d«r poHr Sgih Qffl^te. Il s^instalte ctez loi, masge soi xôti, boii 60n vin, tnme ses luvrasefi, imb de la maison^ du oonèort de la taUeu des amiaffit de l^^potiaa, ?i8e peai-étre à s'adjuger, en outre^ h fiUe ift* aeoenfte ; et piuâ, simplemant il ioailte Tiafor* iuaé mari qoe ce jeu déçai A la loagae, et -qui s*an fiche. Là^esaus, k puhHc éduqué parlas FMaances plaint qui ? — L'assassiné ? — Non pis : ras»iasiii I

Peifflee tioac : il a fait la petite salftlé à la daaie I Oala ne lui «doofle-t-il pas meonlestableflMNU le droit d'eixploiter la sitnatian etdetnar qui s*ioppose? Une malheureuse aiainée raisassa leteois que je labse choir par jnégarde ets^'CBquivô. Ott la oasdamiie à Tinianfrie de la pnaon.

pour des temps. Clitandre sortira de Taudience applaudi par deux cents femmes enthousiastes qui lui jetteront des fleurs. Ce sera fort ignoble, fort stupide et fort odieux. Mais ce qu'on nommele « Sentiment » est digne de toutes ces épithëtes. Imaginez, cependant, que Tattentat se fût passé non loin d'un domicile où la femme ne préside point. Supposez que Tamant eût convoité le portefeuille et non la moitié de son ami, et qu*après s'être fait nourrir, héberger, recommander, presque enrichir, il ait tué son hôte pour avoir suspendu ces effets de la générosité au seuil du coffre-fort, comme ils le furent aux alen-^ tours de Talcûve. La conscience publique vilipenderait le larron du portefeuille. Or, personne ne conteste que la victime de Clitandre eût préféré certainement gratifier son commensal de quelques mille francs plutôt que de réponse. Car, le malheureux la chérissait au point de ne pas Tabandonner le lendemain d'un soupçon assez grand pour être exprimé par des coups de canne surTéchine de l'étalon. Exigeant la femme ou la vie, Clitandre nuisit autant pour le moins qu'en exigeant la bourse ou la vie. Pourquoi la même peine qui frappe le hère à bout de souffrances, affolé par la faim et tuant pour la satisfaire, pourquoi la même peine ne frapperait-elle pas

le héros des chansons, des opérettes et des livres sentimentaux? Les deux crimes ne diffèrent point. A tout prendre, on peut excuser la faim mieux que Tadultëre quand le meurtre aide Tune et Tautre. Et puis, le brigand n'a-t il pas été, de même, le ténor des scènes lyriques ? Néanmoins, on rincarcère encore et, parfois, on l'exécute.

La vie d*un citoyen est plus précieuse que tous les instincts particuliers de ses rivaux et cela sur le domaine de Tamour, comme sur le domaine de Targent. Celui qui supprime une existence mérite toujours le chsitiment suprême. A regard d'une société établie justement pour combattre la mort, il accomplit le forfait immédiatement contradictoire. Quand donc cesserons-nous de croire que le jeu de se frotter Tépiderme contre celui de la voisine pallie toutes les infamies commises autour de Tacte génésique ? Si la loi le permettait, ah qu'il serait courageux et intéressant le procès civil intenté par la famille du Sganarelle assassiné contre les jurés de la Seine. Depuis vingt ans, ces bourgeois en acquittant tant de lâches bourreaux à la suite des drames passionnels, encouragent, par cette idiote mansuétude, toutes espèces de Clitandres à vivre dans l'état de bestialité.

Et cette bestialité rehausse-t-elle, comme l'as-

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mreBt les riafteura, la cacadère dM yaaaioAiié? Je ne Bais lequel de ces galante peçut 'eu mari uBie votée de eoui» île caimje. Son aou lui oonseilta à'evmayer des témoins à l'agresseur. Poumlmeiv il aUégva le vagQe prétexte de ne pas ¥<mloir oomppomeUre par on «ramrialB la créature em litige. Maie, incoartineat, il fierpâtca leacandaiey €[uand il iot sér qu^x six ooups de aoai rwé^ev «ammearnye ne répondrait. Ce aootliiett là les grandears et les beautés le ta passion.,. Sas à {^afloronr, de grâoe, s'il ravale ainsi Téme A'mm garçon instruit, éduqné, wwgxïi mi mtliea d^ime cAvilisatiem délicate !

Un tel résultat moral ne démeat guànB ;la logifjkpie. L'adultère devient, par Jiécessité, i)étosr;aL Hast esseniielieineaKt le mensonge.

L'amant trahit rhomme dnnt il secre ta miaBL, dont il reçoit tes Meniaits, dottt il s'afâohe Fas" sida. Scm oocupadion, c'est JMAitir, c'est se déDOter, c'est iuir» c'est ae masfnin*, «^at aocepier koutes les liumiliations de la^oottscience. Entrainement (pioiidka iilgnomiKie.

Un aeal adiftltèore me semlde adnmsiUe. €61ih que la iranohiae ne rebute pas. Avant de soeiksr BOB afiteetJDn|>oar le eédocteur par ledoa de aoi^ la dame en rut devrait a^^ertir son mad aai nragi^n d'Orne lettre, le quitter^ puis gagaer, pourvue

LA anMUlX DS JLAMOUa m

ée son mite Botfweau, unftjv yrofim mhl ébtla. La sagesse ne peut riett reprocher à ceM des ooi4<>ûits capable d'arottsr : « Une pasaim pins puissante que ma ?dlonAénie doBune.Jo n*ai point la ierae de réaislerà oei aseervissemeiiL Maïs, fe n'entends pas traUr. Jenlnireénirsi pas dmz vsos l'infanrie île tramper. ie pars ayec qui faime. Adieu. »

A se eondoke aind, en bante noblesse, la dame deoMUFenlt une personne ioyais, ^lljmte, aooeptant les 4MaaséquenceB de sa paasicm. EUs serait rarement la cause d'àbeminables iorfaits. Hélas, presque tontes aee pareilles prMèreni tes détours iikfeelsde la rvae. Comédiefines, ies unes déclarent ^'elles ne peuvent itkandooAer letirs esisffits, comme si la iante 4'a¥inr exposé le nom de la famiUe buk ridiinilesdesînstbictSrantBsaMX n'était pas raèdicaiien même de la maiernité« Paies, les autres insinieni qise révéler loyalemeai leurs éésirs illégitimes an siari le désespérerait ÊTop, oomme si elles savaient d'avanos s'il ne sera pas rari de neconqnérir une liberté sou^ mise jusqu'alors aux scrupules du traité con}ngai. <C£s deux ni^finneists ressassés à renvd nln* fiiSMttt ea mea la seule solnbion propre : lamptarBpn$aM>le^)fraaoha, an grand jour.

EnvérUé, les feopames refusent de lafiboisir^

parce que leurs interdis matériels et leur désir de considération bourgeoise les attachent à Taisance du mari, souvent meilleure que celle du galant. Clitandre ne souhaite pas d'habitude que sa maîtresse le vienne obliger de l'entretenir con* venablement. De là ce compromis entre la pratique du vice et 1 apparence de la vertu. Effet malpropre de cause s dégoûtantes.

D'autre part, les maris deviennent indulgents à l'excès. Ils encouragent tous les flirts, toutes les excentricités, toutes les camaraderies entre leurs femmes et les tiers. Fatalement, la nature opère le contact de fluides qui, de par les lois scientifiques, s'attirent. Mettez l'épouse la plus chaste en rapports fréquents avec un joli garçon, il lui faudra lutter beaucoup pour vaincre ses appétences chamelles. Peut-être triomphera-telle, mais parce que le hasard Taura secondée. Que le hasard passe à l'autre parti, et la vertu comme on le disait jadis, devient une question de canapé que l'on rencontre ou que l'on ne rencontre pas, de fiacre qui, tout à coup, apparaît ou non.

Enfin, on accueille avec trop de facilités les personnes de mœurs équivoques dans les salons. Maintes, créatures mariées, mères de famille, mais prêtes à tomber dans tous les bras, encom-

brent les milieux anciennement iionnétes. Leur exemple déprave, parce que les hommages des mâles les assaillent ouvertement. Leur vice triomphe. A leur débauche vont les amabilités, les petits soins, les congratulations, les dévouements, les respects mêmes. QuiC/Onque espère un rendez vous s'ingénie à flatter ces gourgandines. On satisfait les ambitions des leurs. On les comble de toutes façons. C'est à croire que rien au monde ne vaut le plaisir de voir un corset s'ouvrir indûment sur des seins qu*autrui se réserve. Néanmoins, pour dix francs, voire un louis, de plus belles poitrines s'offrent complaisantes dans les boudoirs innombrables de Paris.

Si les sénateurs que guide M. Bérenger désiraient sincèrement une atténuation du vice dans les familles Trançaises, il leur faudrait d*abord proscrire du monde ces fausses courtisanes.

Le moyen est simple.

Au lieu de ne rechercher les adultères que surla requête des maris, la justice devrait, spontanément, mettre aux trousses des amours illicites ses limiers de police, faire constater les flagrants délits, et prononcer, d'office, les divorces légalement consécutifs à ces sortes de procès-verbaux. L'adultère sournois ne lèse pas seulement les Sganarelles.

90 l'A HORAUB DK L AMCX»!

Il donne aux jenoes geos la déOaoLce du mariage.

Il abaisse la moratUé ^bUque.

Il fuetiie, ffiir r<élégaace -admise de ces lautes, la trabison dans les loéikages plus iiamliles f vi rinritent.

Son action est autreFment dérastairioe qBe^miia des ptnbMcatkxais poroographiques. Elle nie ta probité en 'Contrat conj ugat aoiennellemeiit juvé, sur quoi repme la ceTtitx»de d'une Ugnée, «^u'ai»e«in «aog étranger netloit corrompre, nt snr^ooi pepoaent les principes de la famille, 'C'e^nà-ittre toute rossafture sooiate ootnlempecakiB.

Le diTOPoe q^Dononicé d'offîce, apanbs ie pouroliM des adidtères, serart iraie meeure dffica<». Elle épuF^ait les salons en ^un tour de main. La crainte de ^noir diminuer ieur aisance, par l'application de la loi, retieftdraii dans le devoir beaucoup de jeunes femmes moins futseiomaëes que na!)i^B»ent corienses dlnsoiiie.fcm qme sotte- HEmnt indtatrioes des catins amoittéeflu

Ëquitablemenl, on reîeiterait les fcourtisanes kyjMxa^tes dans le lolaft des ifilles dédarées. N*ëtantpi]ffi oeoiraintos aux mîUe .gènes de Ja di«innilaiiQ&, oesnouveHeB reccnes y idvrasenâ» d'aillears, heureuses, «hojrées, tiriwpbantBS^ L» monde se fermerait aux demi-castors; et/les Cli-

tandres y perdraient leur temps. Us n'auraient plus à y préparer l'assassinat sensationnel qui les rend illustres, sympathiques et acclamés, encore qu'ils soient, au réel, les plus vils des malfaiteurs.

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