PRÉFACE XV
fournisseurs qui vendaient à ces détaillants, avec les banques encombrées de traites douteuses depuis la crise, avec les acteurs, les modistes et les tailleurs de la ville rémunérés grâce aux gains superflus et provisoires. Celui dont le bilan périclite ne souffre pas seul. Il entraîne clans son infortune, plus ou moins, l'entourage. Il nuit en définitive à sa patrie qu'il diminue. Jamais l'on ne doit se réjouir d'une ruine, diïtce être celle du pire concurrent. Elle atteint toujours la collectivité, autant dire nous-mêmes.
Ainsi les armateurs qui laissèrent décliner leur pouvoir de richesses se sont amoindris eux et leurs familles ; mais en outre, ils diminuent les chances de notre flotte de guerre. Au lieu de s'exercer continuellement sur mer, mécaniciens, gabiers, calfats, arrimeurs, timoniers, vigies, les inscrits maritimes oublient, dans les métiers de terre ferme, leurs vertus navales. Réservistes, ils ne savent plus qu'à demi leur métier de mathurin. Les sous-officiers surtout manquent d' entraînement. C'est pour cela que nos amiraux, lors des incidents survenus à Faschoda, conseillèrent aux ministres la reculade, puis l'entente cordiale. Alliance dangereuse, vu les appétences nécessaires de l'impérialisme anglais.
A l'Ecole supérieure pratique de Commerce et d'Industrie, fut annexée une section de navigation maritime. Là se forme un état-major de la marine marchande. Les élèves peuvent obtenir le diplôme de lieutenant-second. En deux années, les professeurs nantissent leurs