PREFACE XVII
la cité belge en reçoit onze millions ; pourquoi la sinistre influence électorale et parlementaire des industries intérieures empêche nos gouvernements successifs d'accorder la franchise douanière à nos ports, et les ruine ainsi pendant que prospèrent ceux des Flamands et des Teutons ; pourquoi des législateurs ignares opposent à l'association des capitaux des obstacles néfastes ; pourquoi l'absurde égoïsme de nos marchands et de leurs nombreux députés détruit l'ancienne supériorité de la nation. On eût pu joindre à la liste des passagers aussi quelquesuns de nos élèves-consuls. Ils eussent analysé les défauts de notre âme trafiquante, additionné ses rares vertus, afin de pallier les uns et de seconder les autres sur tous les points du globe où nous pouvons acheter, vendre.
Jamais la République ne fera trop pour attirer "clans les carrières d'échange les meilleurs de nos lauréats. Lycées, collèges et facultés manquent de professeurs qui vantent et propagent le savoir de l'économiste. L'histoire n'est guère enseignée qu'autour, des batailles, des révolutions, des amours et des infortunes princières. Bon cela pour les classes enfantines où l'esprit du mioche s'intéresse uniquement à ces anecdotes. Dès la troisième et la seconde, l'analyste comme le géographe, s'ils ont le sens de l'ère actuelle, devront, avant tout, enseigner les raisons économiques des invasions, des révoltes, et celles des convoitises manifestées par les monarques ou les bourgeois quand ils assaillent le peuple voisin. Dans son immortel chapi-