IV PREFACE
nos rivages chaque année, sans que notre pavillon couvre l'une de ces mâtures.
J'emprunte ces détails à « la Vie financière!, dont les doctrines économiques font autorité : Relatant la plainte de nos consuls, le critique accuse l'apathie de nos maisons françaises, le manque de voyageurs adroits, la peur du risque, le crédit trop parcimonieux, la prétention de régenter le goût des acheteurs. Il cite un extraordinaire désaccord entre nos filateurs de toiles et nos fabricants de lits en cuivre. Accablés de commandes américaines, ces messieurs ne voulurent jamais s'entendre pour envoyer les draps à la mesure des sommiers, ni des sommiers à la mesure des draps. Si bien que Newyork finit par s'adresser en Allemagne. Cet individualisme fou. cet orgueil hostile à toute concession est caractéristique de l'absurdité propre aux usiniers de France. Les reproches formulés par nos agents consulaires. M. Jules Huret les ouï-dire par tous les étrangers, lorsqu'il entreprit, aux Etats-Unis et en Allemagne, deux admirables enquêtes sur la vitalité formidable de nos concurrents. Dans son numéro du 10 août 1907, l'excellente « Revue commerciale » de Bordeaux relevait de pareilles sottises, celle, entre autres, des droits prohibitifs exigés par les vignerons du Midi contre les vins forts d'Espagne qui servaient à des mélanges appréciés dans l'Amérique latine. Résultat : nous exportions làbas soixante-dix-huit mille hectolitres en 1897, mais trente-quatre mille hectolitres en 1902. d'où la mévente de nos jus, le sucrage des vinasses,