SOLIDARITÉ DES INTÉRÊTS
LÀ MORALE DE LA COxNCüRRENCE
trouve avoir dépensé son énergie, son intelligence, ses aptitudes professionnelles inutilement, et être plus pauvre qu’à son début.
La fortune d’un producteur, c’est la richesse de sa clientèle.
Voilà le fait.
Dans le régime de la liberté économique, tout producteur a intérêt à voir augmenter la richesse de ceux qui l’entourent . comment pourrait-il être riche dans un milieu pauvre? Bien plus, ce souhait doit s’étendre à 1 humanité tout entière; car, aujourd'hui, les rapports économiques enveloppent le globe d’un étroit réseau, et la prospérité de nos antipodes de Tasmanie n’est pas indifférente au fabricant ou au négociant de Londres ou de
Paris.
Il n’y a guère d’être humain qui n’ait Toc-
râbles, des Siciliens qui mourraient sans le soleil, des Espagnols qui vivent d’un verre d'eau, et nous savons l’épouvantable famine qui, il y a deux ans, a ravagé la Russie. Les Anglais estiment que, dans l’Inde, une quarantaine de millions d’individus se trouvent en état perpétuel de « starvation ».
Si tous les misérables pouvaient être riches, ils chercheraient à satisfaire leurs désirs ; les de'sirs de l’homme n’ont d’autres limites que son imagination, et tout désir satisfait en provoque d’autres d’autant plus impérieux que le premier aura été réalisé plus facilement.
Ce qui manque à l’homme, ce n’est jamais le désir de consommer, c’est le pouvoir de consommer. Il peut acheter des choses inutiles, très chères, qui lui seront même nuisibles; là n’est pas la question : il ne demande pas mieux que de devenir le client de producteurs quelconques.
Par conséquent, l’intérêt de tous les producteurs est de voir chacun s’enrichir ; plus le milieu sur lequel ils pourront agir sera
casion de dire : « Ah! si j’étais riche! »
Il n’y a pas de millionnaire qui ne soit obligé de faire des économies et qui puisse donner cours à toutes ses fantaisies, sous peine de ruine.
Il n y a qu’une infime minorité de personnes éparpillées sur quelques points du globe, qui puissent être considérées comme pouvant satisfaire largement leurs besoins. Sur les 1,500 millions d’habitants qui s’agitent à sa surface, à peine quelques dizaines de millions ont une alimentation minima exigée par la physiologie, et comme vêlement et comme logement, ce qui semble l’indispensable à un petit bourgeois parisien.
Même en France se trouvent plusieurs millions d’habilants qui ne mangent pas du pain de blé pur et suffisamment bluté ; pour qui les bas et les chaussettes sont encore un objet de luxe : nous avons encore des compa-
riche, et plus ils pourront récupérer de gains.
L idéal, pour les peuples avancés en évolution économique, c’est que tous les autres peuples soient aussi ou plus riches qu’eux ; ils constitueraient des clients sérieux ; à quoi
bon produire s’il n'y a pas d’acheteurs, ayant un pouvoir d’achat?
Depuis plus de trois quarts de siècle, les protectionnistes ne cessent de pousser ce
en lamentable: «La production surabonde! »
Dde a doublé, triplé, quadruplé depuis cette époque ; tous les efforts de la science, du genie de l’invention, ont eu pour résultat de 1 augmenter. Sommes-nous donc plus pauvres qu’alors? Ces Jérémies voudraient-ils revenir
enarrière?Echangeraient-ilsleurconfortpour
celui de leurs pères? Donneraient-ils leurs terres, leurs usines, leurs maisons pour ce qu’elles valaient alors. Quand ils achètent récriminent-ils contre le bon marché? Nulle part on ne trouve surabondance, partout on trouve une disette plus ou moins étendue L
1. \oir le chapitre la Crise normale dans la Scie?irp économique, par Yves Guyot. Science
Mais les protectionnistes, avec des yeux
effarés, de grands gestes désespérés, et une
VOIX caverneuse, s’écrient : « Mais tous les
autres peuples s’outillent pour se suffire. Il
faut se défendre contre eux : et plus nous
irons, moins nous pourrons leur vendre. » Ils
\ont même jusqu’à prédire, comme M. Méline
que « le marché intérieur est la dernièrj ressource qui nous reste ».
Ce serait fâcheux, à coup sûr, pour nos mduslriels ; car la France ne compte que d8 millions d’habitants et le reste du monde en compte environ 1,460. Certaines de nos industries, comme celle de la laine, ont des outillages capables de fournir à des popiilalions triples de la mMre.
Bien loin de considérer avec effroi les progrès industriels des autres nations, nous devons les considérer avec satisfaction.
Les protectionnistes, autrefois, soutenaient
la nécessité des droits de douanes pour nous défendre contre l’Angleterre Ils la représentaient comme devant « nous envahir de ses produits », et ils en concluaient qu’elle nous
ruinerait. En dépit de leurs sinistres pronostics, les traités de 1860 ont abaissé considérablement les droits de douanes, s’ils ne les supprimaient pas complètement. Ce n’est pas l’Angleterre qui nous a u envahi » de ses produits : c’est la France qui a envahi l’Angleterre des siens: en 1891, nous lui avons expédié pour 950 millions de produits, tandis qu’elle ne nous en a expédié que pour 503, et aujourd’hui encore, l’Anglebîrre resie le principal de nos clients; et pourquoi? parce qu’il est le plus riche.
Des personnes qui regardent du côté de l’Amérique sont disposées à regretter le bon temps où 600,000 ou 700,000 Peaux-Rouges vivaient misérablement sur les 7 millions d’hectares où sont éparpillés les 62 millions d’habitants des États-Unis. Et pourquoi?
parce que les États-Unis nous envoient du blé et de la viande. Mais les Peaux-Rouges nous auraient-ils acheté pour 54 millions de tissus, de ruban de soie et de bourre de soie? pour 12 millions 1/2 de tissus et rubans de laine? pour 9,600,000 francs de tabletterie et
autres arlicles de Paris? pour 8,878,000 francs de vin et pour 6 millions de fleurs artificielles, etc., pour 180 millions en tout. Et où sont les peintres de l’avenue de Villiers qui regrettent le bon temps où les Sioux ne pensaient guère à envoyer en Europe des jambons de Chicago?
Les protectionnistes s’écrient que les Aankees font des usines, des manufactures, qu’ils plantent des vignes, qu'ils « se suffiront à eux-mêmes » ; mais les Peaux-Rouges se suffisaient encore bien plus complètement à eux-mêmes. Or, je vois bien ce que nos producteurs français gagnent à ce que les États-Lnis soient remplis de clients qui leur achètent des fleurs artificielles et des articles de Paris; je ne vois pas ce qu’ils ont perdu à ce que les Iroquois soient remplacés par des Yankees entreprenants, industrieux et riches. — Mais si ces A ankees nous achètent, ils nous vendent aussi. — Oui, en effet. Ils nous ont vendu, en 1894, pour 160 millions de francs de coton et laine; mais s’ils ne cultivaient pas le coton, les filateurs de coton français,
si âpres à demander des droits, n’auraient pas pu établir leurs manufactures, et les ouvriers qu’ils emploient n’en profiteraient pas.
Maintenant on voit des mouchoirs de poclie à 20 centimes; on peut se procurer des chemises, des bas, des serviettes à bon marché; est-ce que le bien-être de la population française n’a pas gagné à « cette invasion » du coton? Quelle est donc la mère de famille qui oserait dire le contraire ?
Si les États-Unis ont expédié du coton, dont les plus enragés protectionnistes ne demandent pas à protéger la culture en France, ils ont aussi expédié des grains et farines pour 02 millions; en 1892, ils en avaient expédié pour 234 millions. Eh! apparemment, c’est qu’on en avait besoin ; c est que la récolte était insuffisante pour la consommation; c’est que les (lualités de blé que nous obtenons ne sont pas propres à produire certaines farines. Ils ont expédié aussi pour 19, 343,000 francs d'huile de pétrole; mais qui donc regrettera la chandelle de résine?
Ils ont expédié pour 19 millions de francs de graisses de toutes sortes, pour 17 millions de tabac en feuilles, pour 13 millions de café, pour H millions de cuivre, pour 7 millions de peaux brutes; le tout fait un total de 371 millions.
U suffit de comparer la nature des produits pour se convaincre que chacun envoie à l’autre ce dont il a besoin. On n’échange pas dos identiques ou des inutilités. Les Français s’ingénient à flatter et à développer les goûts des Américains; les Américains nous expédient des matières premières utiles à notre industrie et à notre bien-être.
Je ne puis les considérer comme des criminels parce qu’ils nous envoient du blé. De deux choses l’une, ou les producteurs français ne peuvent retirer une rémunération de cette culture qu’en le vendant 23 francs le quintal, comme M. Méline et ses amis 1 ont affirmé à la Chambre des députés, quand il vaut 11 francs à Londres; alors ils doivent l’abandonner et en chercher une autre; ou bien les chiffres qui ont été produits étaient
faux. S’ils sont justes, il ne devrait pas y avoir eu un seul hectare emblavé en France en 1895, car avec le droit de 7 francs, au prix de 18 francs, le cultivateur serait en perte de 7 francs par quintal, et il eût été insensé s’il se fût livré à cette opération.
J ai entendu quelquefois dire avec terreur : « Les États-Unis font du vin en Californie. S’ils plantent de la vigne, nous ne pourrons plus leur vendre du vin. C’est eux qui viendront nous en vendre. »
Je ne saurais partager cette terreur. Loin de là. Il serait à désirer, pour nos viticulteurs, que les Yankees prissent l’habitude de boire du vin, au lieu d'eau glacée. Cela vaudrait mieux pour leur estomac et pour notre commerce. Le jour où ils en auront adopté 1 usage quotidien , non seulement ils ne pourront plus s’en passer, mais les gens aisés voudront avoir de bons vins : ils apprendront à les déguster; et comme aucun peuple ne peut leur fournir de vins semblables à nos bordeaux et à nos bourgognes, le bénéfice en sera pour nous. C’est à nous de
nous montrer à la hauteur de la réputation de nos vins et de les surpasser encore. La bonne foi est un intérêt de premier ordre. Les propriétaires de vignobles qui vendent leurs vins à l'étranger le savent bien.
Loin d’être épouvanté des progrès économiques des autres peuples, le producteur perspicace doit s’applaudir de la création de tout nouveau foyer de richesses. Il pourra en avoir sa part, tandis que la répartition de zéro égale zéro.
Si vous les craignez, pourquoi donc ces expéditions à la recherche de régions inexplorées ? Pourquoi aller troubler l’Afrique dans son apathie? Si vous êtes logique, osez déclarer que Colomb a été un malfaiteur !
débouchés et, alors qu’il est en perte, de maintenir leurs salaires autant que possible au taux des temps prospères.
Qui règle le salaire? l’accord des deux parties. L’employeur ne tient pas compte seulement dans la fixation du taux auquel il pourrait se procurer de la main-d'œuvre ; il y ajoute, le plus souvent, quelque chose, afin que les gens qui travaillent dans son usine soient dans les meilleures conditions morales et matérielles. Son intérêt, autrement éloquent que les déclamations sentimentales sur le juste salaire, lui commande l’altruisme. Il sait qu’il a intérêt à retenir ses ouvriers chez lui et à les empêcher d’émigrer chez ses concurrents possibles; de là, l’établissement, autour de la plupart des grandes industries, de ces institutions qui, loin de fonder la paix sociale, comme l’espéraient ceux qui les ont établies, ont provoqué si souvent des conflits, des crises et des haines envenimées.
J ai dit, en 1891, à la Chambre des députés, à propos de la grève du Pas-de-Calais et du
L’ALTRUISME PATRONAL
Si, au point de vue du contrat d’échange, la civilisation économique pousse à l’altruisme, il en est de même au point de vue du contrat de travail.
Si l’intérêt de l’employeur est d’avoir le meilleur outillage connu, il ne peut en obtenir le maximum d’effet utile qu’en le plaçant entre les mains de bons ouvriers. Il est donc de son intérêt de s’attacher des travailleurs qui sachent s’en servir et sur qui il puisse compter.
Pour les retenir autour de lui, l’industriel fait donc des sacrifices, dont le plus lourd et le moins apparent est de leur donner de l’ouvrage, alors qu’il ne sait pas s’il aura des
LA
xMORALE DE LA CONCURRENCE
Nord que, si les exploitants de mines étaient coupables, « c’était de trop de philanthropie ». Ils avaient une telle conception de leurs obligations qu’ils avaient dépassé la mesure ; ils avaient oublié que le contrat de travail doit laisser à chacun son indépendance, une fois le service réciproque rendu ; qu’il doit séparer rigoureusement l’homme de la chose; qu’il doit être réel et non personnel. Ils avaient voulu exercer sur leurs ouvriers une influence trop paternelle et protectrice. Malgré l’expérience acquise, la plupart des grands industriels n’ont pas renoncé à ces pratiques ; quelques déceptions que leur aient procurées leurs efforts altruistes, la plupart persévèrent. Ils voudraient voir autour d’eux tout le monde prospère. Ils voudraient voir tous les ménages unis, tous les hommes sobres, toutes les femmes économes, tous les visages souriants.
Le bien-être et la vertu du milieu qui les entoure sont autant de garanties de sécurité et de prospérité pour eux. Là encore, l’intérêt économique est une incitation à l’altruisme.
' ^ L’industriel bienveillant, offrant des avan-
I tages moraux et matériels, opère une sélec-
i tion à son profit : car les meilleurs des em-
ployés et des ouvriers auront pour idéal d’entrer dans sa maison et d’y rester.
J Le devoir de l’ouvrier salarié est d’accord
f aussi avec son intérêt. Le terrassier, aussi
bien que le peintre, le bijoutier, l’ajusteur, le menuisier, tâchent de faire le mieux possible. Ils sentent bien que leur valeur dépend de leur respect pour la morale professionnelle. Celui qui tient ses engagements, qui exécute son travail avec régularité, qui fait tout ce qu'il doit faire, a plus de valeur que j celui qui est négligent, intermittent et tru-
j queur. Le premier est au second ce que le
; négociant qui paye à échéance est à celui qui
I laisse protester ses effets ou ne livre pas la
. qualité convenue.
Si j’ai démontré que la concurrence économique était l’agent le plus efficace pour développer l’altruisme, sa valeur morale ne fait plus de doute : car nul ne contestera son efficacité au point de vue de la morale individuelle, qui consiste pour chacun à donner à ses qualités natives le maximum de développement.
Dans l’antiquité, au moyen âge, jusqu’à hier, la guerre a été la plus haute expression de la concurrence ; et c’est comme telle qu’elle a engendré des hommes prodigieux, qu’elle a été civilisatrice et que sa barbarie a produit les vertus les plus admirables : l’héroïsme, l’immolation de l’individu à son de-
voir, le dévouement de chacun à l’armée et à la patrie. Elle a été le ressort moral des grandes civilisations disparues. Elle a consacré la civilisation athénienne à Salamine
et elle nous assujettit encore à l’influence de Rome.
Jusqu’au xix® siècle, la guerre était le grand instrument d acquisition. Les plus énergiques contraignaient les plus faibles à leur donner les produits de leur travail. A Rome, l’impôt était 1 exploitation du peuple vaincu par le peuple vainqueur. Conquérir et dominer les hommes : voilà le but des hommes forts.
Si on écarte certaines apparences qui cachent, par leurs couleurs violentes et tumultueuses, le fond des choses, on découvre facilement que depuis les physiocrates et Adam Smith, depuis Arkwright et A-\att, depuis Lavoisier et Volta, depuis la Constitution américaine de 1787 et la Déclaration des droits de l’homme de 1789, la civilisation n est plus basée sur la conquête et 1 exploitation de vaincus par des vainqueurs. Le plus grand conquérant qu’ait connu l’his-
toire, Napoléon, a pu multiplier les victoires; loin de rien fonder, il a laissé son pays enfermé dans des frontières plus étroites que celles de 1797, tandis que les 5,700,000 chevaux-vapeur, employés en France, lui ont annexé une population de 120 millions de travailleurs, aussi infatigables que dociles.
Actuellement, les grands instruments d’acquisition, c’est l’invention, ([ui livre à nos usages des forces inconnues et inutilisées jusqu’alors, c’est la production qui en résulte ; c’est l’échange qui en est la conséquence et qui est basé sur la réciprocité des !
services, dont le taux est librement déterminé par chaque intéressé. Tels sont les principes de la civilisation de production et d’échange, qui tend à se substituer de plus en plus à la civilisation guerrière.
Dans la civilisation guerrière, l’étranger t
c’est l’ennemi; il est riche, je le pille. A l’acquisition par violence, la civilisation écono- |
inique substitue l’échange par persuasion. De mon ennemi d’hier, elle fait mon client, donc l’artisan de ma fortune, si je sais lui être utile.
La contrainte de l’ancien assujetti et la tyrannie du plus fort sont remplacés par l’accord volontaire. Mais la civilisation scientifique et industrielle est fondée sur la concurrence : et la concurrence y est aussi ardente, exige autant d’efforts, d’énergie que dans la civili- ^ sation guerrière; l’inventeur, l’industriel, le commerçant doivent avoir les mêmes vertus que le guerrier : activité, énergie, persévérance, prudence pour éviter les dangers, courage pour les braver. Où est donc l’industriel, le commerçant, le banquier qui, dans son existence, n’ait été obligé de prendre des résolutions héroïques? Tel grand industriel voit, en trois ans, le chiffre de ses affaires se réduire des deux tiers, que va-t-il faire? Il faut changer l’outillage, les opérations, toutes les habitudes acquises, sous peine de mort ; il se décide à jeter les résultats acquis et son avenir dans l’inconnu. Tel autre sacrifie son passé pour réaliser une invention. Tel commerçant a été surpris par des événements qu’il ne pouvait prévoir, des à-coups provoqués trop souvent par l’inter-
vention de l’État dans les rapports économiques, et il a fallu qu’il les surmontât. Quand une crise industrielle et commerciale survient, les banquiers sont les premiers à en supporter le contre-coup; et ils ne peuvent se sauver qu’à force d’habileté et d’audace. Dans des moments de péril, on les a vus, à maintes reprises, se grouper dans une solidarité héroïque. En 17i5, en 1792, en 1811, les banquiers et les commerçants de Londres en ont donné des exemples célèbres. En 1889, nous avons vu, en France, les maisons de crédit venir au secours du Comptoir d’escompte et, en 1891, au secours de la société des Dépôts et comptes courants. Là, chacun a risqué une perte plus ou moins grande dans un esprit de solidarité. Si ce dévouement n’a pas le retentissement et l’éclat de l’héroïsme guerrier, il est de même nature, et les hommes qui en donnent l’exemple sont braves comme le soldat qui, pour sauver le reste de l’armée, défend son poste jusqu’à la mort. De plus, la civilisation économique développe un certain nombre de
vertus spéciales : esprit d’ordre, respect des engagements, nécessité de limiter ses promesses à son pouvoir, qui font de ceux qu’elle domine des hommes sérieux et de rapports sûrs.