LA FAYETTE
Dans sa lutte contre les évêques et les seigneurs ecclésiastiques de l'Italie, celui-ci proclama l'urgence d'admettre l'égalité entre les hommes, condition indispensable du droit pour chacun de commenter les Ecritures Saintes selon les principes de la conscience individuelle. Il niait la prédestination, c'est-à-dire la théorie religieuse admettant un dessein de Dieu, conçu de toute éternité, pour conduire certains privilégiés, par la grâce, jusqu'au salut éternel. Lelio Socin niait une aristocratie des fidèles, la possibilité d'une caste à privilèges et de droit divin. Son neveu Fausto Socin propage la réfutation à Zurich, par toute l'Allemagne, en Pologne, dans la ville de Rakow, qui devint un centre de doctrines égalitaires, et se transforma en phalanstère comprenant des fabriques, des gymnases, des bibliothèques. Le gouvernement, qu'effraye le progrès des sociniens, les chasse de Pologne. Ils se dispersent, voyagent jusqu'en Angleterre. Ils y forment la Société chrétienne des Amis et des Philadelphes, c*est-à-dire des fraternels. Une fraction de la société deviendra la secte de ces quakers qui vont blâmant l'orgueil des papistes et des pasteurs, dénonçant les faux poids au marché, la mauvaise qualité des vivres et des bardes en vente, déclamant contre l'ivrognerie dans les tavernes, qui refusent de se découvrir devant les juges et le roi, de prêter serment, de tuer le prochain sous prétexte de guerre, qui, par raffinement d'égalitarisme, impriment leurs livres sans majuscules. Ils adoptent la plupart des principes en honneur dans les loges maçonniques écossaises qu'avaient établies les derniers druides à l'heure où triomphait le christianisme. Ils convertissent à leur foi révolutionnaire le fils d'un viceamiral, lui commissaire de l'amirauté, William Penn. En paiement d'une créance sur l'Etat, il obtient du roi