WILLIAM PENN
Charles II, rétabli par l'entreprise des loges maçonniques, la propriété, en Amérique, d'une région couverte de forêts, et qu'il nomme Sylvania, puis Pennsylvanie, hommage à la mémoire de son père. Il émigré avec les quakers et les sociniens, fonde, en 1682 la ville de Philadelphie, ou Fraternité, réunit les colons en assemblée nationale et leur propose une convention politique de vingt-quatre articles : la Charte de Penn. Celleci devait servir de modèle, en 1776, à la Constitution vdes Etats-Unis quand ils proclamèrent leur indépendance, dans la cité maçonnique.
Là, cinquante ans plus tard, Benjamin Franklin acquit sa renommée, étonna par sa science, et constitua
la puissance de l'autonomie américaine. Quand las d'être des colons anglais soumis à l'arbitraire de la cour de Londres, les Philadelphes se révoltèrent contre le monarque de la Tamise, Franklin gagna la France, visita les loges maçoniques de Paris pour requérir auprès des frères et des illuminés égalitaires l'aide obligatoire entre adeptes. Il y rencontra La Fayette.
Très probablement, à Metz, en 1774, lorsqu'il eut rejoint son régiment de dragons, le jeune marquis avait été initié à l'art royal, comme il était de mode. Depuis 1759, les soldats de cavalerie s'affiliaient à la loge la Parlaite Union ; et tous les jeunes officiers, tel Saint- Martin, prêtaient leurs loisirs à l'étude de l'illuminisme qui, d'Allemagne, envahissait la France. Dès cette époque. Son Altesse Sérénissime Louis-Philippe Joseph d'Orléans, duc de Chartres, est grand maître de l'ordre fondé en 1726 à Paris, dans la loge Saint-Thomas, chez Hure, traiteur, rue des Boucheries-Saint-Germain. Toute la noble société d'alors joue aux adeptes. Tant de carrosses s'alignent en file à la porte de certains ateliers qu'il faut instituer une brigade de police spéciale afin d'assurer la circulation. On y fait de la musique et de la fantasmagorie. Le fameux comte de Saint-Germain parle de François P"" comme d'un ami quitté la veille. En 1778, Mesmer commencera les expériences du baquet ; et en 1780 Cagliostro éblouira le monde par ses cures miraculeuses, par sa faconde. Le marquis et la marquise de La Fayette, qui folâtraient en joyeuse compagnie aux Porcherons, ne manquèrent certainement pas de courir les loges, ainsi que l'on court maintenant les cabarets de Montmartre. Cependant, les hommes s'y entretenaient des théories de Jean- Jacques, du retour à la nature, du Contrat social, du sensualisme et du paratonnerre.
Agé de dix-neuf ans, La Fayette s'enthousiasma pour les théories des philadelphes, pour les destins de leur Etat. Il prend au sérieux son rôle de F., se fait réformer et offre son épée aux égalitaires de Pennsylvanie. On sait comment il alla combattre aux côtés de Washington et comment, à son retour, il obtint des grands seigneurs affiliés l'envoi d'un corps d'armée et d'une flotte pour soutenir la révolte des Américains contre l'Angleterre. Rochambeau commandait les forces françaises. La Fayette lutta sous l'uniforme de l'Union. L'indépendance fut conquise.
En 1777, le marquis écrivait déjà tout naturellement : « Nous autres républicains... L'homme le plus riche et le plus pauvre sont de niveau... » Et il pense à l'affranchissement des nègres. Sa rentrée en France fut triomphale. Les poissardes lui apportèrent des branches de laurier ; et tous les Frères lui firent des ovations qui se reproduisirent sans cesse. En 1782, comme il visitait la loge Saint-Jean d'Ecosse du Contrat social^ logemère du rite écossais, il fut, contrairement à toutes les règles, nommé sans scrutin, par acclamations unanimes, membre de l'atelier. En mars 1789, il veut se faire élire, à Riom, député du Tiers ; mais les Frères lui représentent qu'il rendra plus de services en défendant auprès de la noblesse les idées nouvelles. A contre-cœur, les nobles lui décernent, malgré son immense popularité, cent quatre-vingt-dix-huit suffrages sur trois cent quatrevingt-treize votants.
Dès lors, il se voue aux idées de l'illuminisme. Le premier, il présente un texte de la Déclaration des droits de l'homme. Les Philadelphes américains le surveillent et lui donnent des avis. Gouverneur Morris, délégué des Etats-Unis, le conseille. Après la prise de la Bastille, La