LE GÉNÉRAL MALET
dans sa prison.
du 18 Brumaire et sous un nom supposé. Bonaparte se souciait peu de voir à Paris cet homme populaire, ami des thermidoriens. Il ne lui permit la résidence qu'à la condition de se retirer en Brie. Après le complot de la machine infernale, il le reçut cependant, et répéta les propositions que lui faisaient les royalistes s'il consentait à se souvenir du pacte passé entre eux et lui, avant le coup d'Etat : « Ils me promettent une statue, où je serai représenté tendant la couronne au roi* J'ai répondu que je craindrais d'être enfermé dans le piédestal. »
A la suite de cette entrevue, La Fayette comprit le projet du Corse et cessa les avances. Dès 1802, il recevait les réprimandes consulaires et répondait : « J'habite la campagne, je vis dans la retraite, j'évite les occasions de parler ; mais toutes les fois qu'on viendra me demander si votre régime est conforme à mes idées de liberté, je répondrai que non ; car, enfin, général, je veux bien être prudent, mais je ne veux pas être renégat. » Et le marquis entretint des relations amicales avec Moreau, tandis qu'il mariait son fils Georges à la fille de Destutt de Tracy, l'idéologue sensualiste, membre de l'infime minorité opposante au Sénat.
Philadelphe, La Fayette donnait à Moreau, quand il partit pour l'exil des Etals-Unis, plusieurs lettres de recommandation. En juillet 1808, Napoléon essaya de compromettre le philadelphe dans un des complots du général Malet, et, sans doute, il y avait quelques raisonsvalables.
Le marquis le démontra en 1814, quand il essaya, le 30 mars, d'ameuter les gardes nationales afin de contraindre l'empereur à la déchéance et, en 1815, quand il lança, du haut de la tribune parlementaire, après Water-
loo, la proclamation de cette déchéance, pour achever la ruine du despote.
Pendant la Restauration, il devint, comme l'on sait, le maître de la Haute- Vente des carbonari français. Elle comprenait tous les demi-soldes, tous les anciens philadelphes. Par leurs forces, il réussit à faire triompher le principe libéral aux Trois Glorieuses.
J'ignore quelle vie fournirait au poète la matière d'une plus étonnante étude romanesque et véritable.
Réception de
Francs-Maçons
AU XVllle SIÈCLE
Estampes de l'Epoque.
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