‹ La morale de MolièreChapitre 10 sur 31 · LÀ DÉBAUCHE, L^ AVARICE ET LUMPOSTURE · texte numérisé non relu

LÀ DÉBAUCHE, L^ AVARICE ET LUMPOSTURE

avoir quelque chose d'excusable et de grand (1). Pour Molière, ces passions sont contraires à la raison, à la nature; ce sont d'affreuses maladies de Tâme, qui la rendent méconnaissable ; et il n'admet pas le moyen d'émotion y tant exploité de nos jours , qu'on peut appeler le genre crime et le genre suicide (2).

Il ne pouvait exposer sur la scène les motife philosophiques qui lui faisaient condamner la mort de Caton; mais il savait dans la plaisanterie faire entendre la haute voix du bon sens et du devoir, contre l'acte de désespoir et de lâcheté qui fait rompre avec la vie, plutôt que d'en porter vaillamment les épreuves. C'est Tesprit qui règne dans la scène de VEtourdi(3) où Lélie se veut tuer, tient le fer prêt , sans que Mascarille dise autre chose que : « Tuez-vous donc vite. » A quoi Lélie ^ rappelé à la raison par le sens froid de son valet , répond fort comiquement :

Tu Toudrois bien, ma foi , pour avoir mes habits , Que je fisse le sot , et que je me tuasse (4).

(1) Il faut mettre quelque restriction à cet éloge ; voir plus loin, chap. IV.

(2) Voir Saint-Marc Girardin , Court de Littérature dramatique , tome I , v,

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