‹ La morale de Plutarque (préceptes et exemples)Chapitre 22 sur 74 · MADAME JULES PAVRE XLI · texte numérisé non relu

MADAME JULES PAVRE XLI

tre correspondance et travaillé un peu, nous allions explorer le pays, du côté du Kaenzli, où l'on s'élève à travers la bruyère sur une hauteur d'où l'on entrevoit le bras du lac qui s'étend vers Lucerne et toutes les montagnes de la rive droite ; à Beroldingen où l'on monte des mains et des pieds pour contempler l'Urirothstock, le Bristenstock et les autres cimes les plus élevées de la rive gauche du petit lac1 qui a donné son nom à la belle montagne. Bien < souvent aussi, nous descendions au Grùtli par une pente , escarpée bordée de précipices, et, après y avoir tout revu nous remontions la pente, mon mari en chantant, et moi en le suivant lentement, tout essoufflée... »

C'est avec la même sérénité, la même joie de la douce intimité des vacances, qu'ils se retrouvent à la fin d'août | et en septembre 1879, dans la petite ville de Luxeuilpour une cure, puis à Territet, sur le lac de Genève, où la nature les ravit. Cette fois, c'est le dernier voyage. Des pressentiments oppressent de plus en plus le cœur de Mme Jules Favre. Elle ne peut retenir ses larmes, racontet-elle, dans la petite église de Montreux d'où la vue est si belle. « La porte était restée ouverte, je vis le beau ciel,le lac et les montagnes... une immense tristesse avait inondé mon âme, comme un pressentiment de la douleur qui allait la frapper. »

Ils faisaient pourtant encore de belles promenades et

i eurent du plaisir à rencontrer sur un bateau du Léman

iun capitaine qui avait un culte pour Jules Favre. Dans

la nuit du 30 septembre, il fut assez souffrant, et, au

matin, il reparla de sa fin avec la plus grande sérénité:

« Je vois encore le banc où nous étions assis dans le

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