‹ La morale de Plutarque (préceptes et exemples)Chapitre 25 sur 74 · MADAME JULES FAVRE XLV · texte numérisé non relu

MADAME JULES FAVRE XLV

bonheur brisé, se réfugient dans le souvenir, elle allait commencer son œuvre. « Il me faut le calme de la solitude, pour suivre ma pensée, écrivait-elle à une amie. Je ne veux pas me désintéresser de la vie, ni des humains. Je veux porter mon fardeau jusqu'à ce que Dieu me permette de le déposer et tâcher que cette vie désolée ne soit pas tout à fait inutile à moi et aux autres. »

Ces lignes sont datées du 6 juillet 1881 ; dès l'automne de cette année, Jules Ferry lui offrait la direction de la nouvelle Ecole normale de Sèvres.

Après des discussions passionnées à la Chambre et au Sénat, la loi Camille Sée qui organisait renseignement secondaire des filles venait d'être promulguée le 21 décembre 1880. Les jeunes filles françaises pouvaient désormais recevoir dans leurs lycées et collèges, comme leurs frères dans les lycées et collèges de garçons, une instruction large et désintéressée. Mais tandis que, en Suisse et dans d'autres pays, les cours des hautes classes secondaires, tout au moins, sont confiés à des hommes, c'est par des femmes surtout que devaient être instruites les élèves de nos lycées. Un personnel nouveau devenait nécessaire. C'est dans ce but qu'avait été votée le 29 juillet 1881, la loi qui créait l'École normale d'enseignement secondaire des jeunes filles.

« Un séminaire laïque de jeunes filles qu'on appelle des professeurs femmes, je ne connais pas ce monstre », s'était écrié M. de Gavardie au Sénat. Ce monstre, c'était tout l'avenir de renseignement nouveau : de la hauteur de son esprit, de la valeur de son âme dépendraient plus ou moins directement celles des lycées et collèges de France.

L'enseignement secondaire avait alors à sa tête un ministre éminent, Jules Ferry, un directeur de grande valeur, M. Ch. Zévort. Il est permis de dire sans exagération que

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