‹ La morale de Plutarque (préceptes et exemples)Chapitre 29 sur 74 · Discours (25e anniversaire de l'École · texte numérisé non relu

Discours (25e anniversaire de l'École

... Plus indépendants, nous étions peut-être plus hardis. Nous rêvions une école où la discipline puiserait surtout sa force dans les exigences de la conscience — et quelle conscience que celle de notre directrice ! un enseignement secondaire des filles dont le modèle ne fût pas exclusivement pris dans celui des garçons... Nous obtînmes quelque chose (pas tout ce que demandaient quelques-uns de nous) lorsque le temps eut fait son oeuvre et l'enseignement nouveau ses preuves. »

Le rêve des professeurs de Sèvres, passionnément poursuivi par Mme Jules Favre, tenait chez elle à des convictions si profondes qu'elles faisaient pour ainsi dire partie d'elle-même. Elle avait au plus haut degré le respect de l'âme, de chaque âme individuellement, avec les facultés qui lui sont propres, les progrès qu'elle est appelée à réaliser, la conquête personnelle qu'elle doit faire de sa moralité, de son idéal et de sa foi. Préparer cette éclosion lui paraissait l'œuvre sainte de l'éducation, mais quelle discrétion, quel désintéressement, quel don de soi-même ne réclame pas cette œuvre où la crainte constante du maître doit être de substituer sa petite personnalité éphémère à l'idéal éternel qui doit être l'objet de la conquête de tous.

Ces idées pénétrèrent à Sèvres l'éducation tout entière. Une grande liberté fut laissée aux élèves sous leur propre responsabilité. L'autorité ne s'y affaiblit pas, bien au contraire; elle fut d'autant plus puissante qu'elle était plus discrète, d'autant plus ferme qu'elle était puisée plus haut. C'était la discipline réelle, non extérieure et factice, mais voulue et acceptée. Pendant quinze ans, à Sèvres, une parole, un regard, un silence de x\lme Jules Favre ont été les plus efficaces des sanctions Et combien d'autre part, toutes les dispositions heureuses s'y développaient dans la joie !

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