‹ La morale de Plutarque (préceptes et exemples)Chapitre 41 sur 74 · MADAME JULES FAVRE LXXV · texte numérisé non relu

MADAME JULES FAVRE LXXV

peut-être plus d'effet sur le moment que les leçons que vous pouvez vous faire. Mais croyez-moi, ma chère enfant, avec les ressources que vous avez en vous-même, il faut que vous sachiez vous conduire en toute circonstance et les avis d'autruine font impression sur nous que quand ils sont d'accord avec les inspirations de notre conscience. » (Mars 1885).

« Il est si bon de se confier à Dieu pour toutes les choses qui ne dépendent pas de nous. La Providence chrétienne plus personnelle et plus agissante que celle d'Epictète et de Marc-Aurèle s'occupe beaucoup plus des individus et se reposer sur elle c'est s'épargner bien des inquiétudes. Vous me demandez ce qu'il faut faire pour devenir moins égoïste, plus ferme. Mais vous le savez tout aussi bien que moi, il faut veiller sur soi, lutter, toujours lutter. Ce que je vous dis là est aussi vieux que le monde, mais je ne sais rien de nouveau à cet égard. Tous nos maîtres de morale nous ont donné sous diverses formes le même conseil. » (Janvier 1888).

« ...Ne croyez pas que vous soyez la seule à éprouver des moments de sécheresse pendant lesquels le devoir seul vous fait marcher. Je ne doute pas qu'il n'y en ait dans toutes les vies et peut-être même les meilleures. Maisll faut faire son possible pour en sortir et, comme en général, on souffre de cet état d'âme on s'efforce d'y remédier. Les principes seraient moins indispensables si les bons sentiments avaient toujours la même force. La vie sensible, hélas ! c'est comme la mer, un flux et un reflux perpétuels ; avec cette différence que les mouvements de la mer sont réguliers et périodiques... »

« ...L'amour du devoir est aussi une religion, et quand je le rencontre, je l'estime à l'égal d'une autre. Là où il y a une conviction sincère, elle doit influer sur la moralité. Mais il faut une force morale extraordinaire pour rester honnête quand on est dépourvu de convictions : aussi je crois que l'amour du bien, en pareil cas, est encore une conviction tenant lieu de religion... »

« Le désir de prier est déjà une prière. « Tu ne me chérie cberais pas si tu ne m'avais point trouvé.» Tout ce qui élève l'âme, la rapproche de Dieu est une manifestation do la prière. »

« Ce que Dieu demande, c'est une prière sincère. Priez donc d'abondance et quand vous ne le pouvez pas, priez que Dieu dispose votre cœur à prier. Une pensée vers Dieu vaut mieux que de longues prières où la pensée n'est pas : c'est même la seule élévation qui vaille... »

« ...Je n'ai pas voulu dire que l'intolérance soit le propre de l'orthodoxie protestante, on la trouve malheureusement chez tous les sectaires. Il y en a même qui excluent et persécutent au nom de la libre pensée. Je voudrais que l'esprit large de l'Ecole où toutes les opinions religieuses sont respectées dans la plus entière liberté, devienne de plus en plus l'esprit de la France, et je crois comme vous que les lycées doivent y contribuer. Là se rencontrent sans acception de religion et de conditions sociales un grand nombre de jeunes filles qui, dans le monde, ne pourront plus oublier cette intelligente et douce confraternité. Je vois dans ces lycées des moyens sûrs de perfectionner dans notre pays, la liberté, l'égalité et la fraternité. »

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