V. Bulletin de Sèvres, février
buste de Mme Jules Favre est aujourd'hui placé. Il semble qu'elle veille encore sur le travail et la méditation des jeunes filles qui se préparent à l'œuvre de demain.
Sa haute et pure figure prend, avec les années, pour tous ceux qui l'ont connue, quelque chose de plus impressif encore... On l'a bien senti à FEcole, lors de la fête anniversaire des vingt-cinq ans de Sèvres. Beaucoup des anciennes élèves qui se retrouvaient venant de tous les coins de France, s'étaient déjà réunies pour les funérailles et pour l'inauguration solennelle du buste de leur directrice vénérée : jamais elles ne la sentirent plus vivante et ne communièrent mieux dans son esprit.
Le secret de son influence a été l'accord parfait de la conviction et de la vie. Elle est partie sans avoir vu le triomphe complet de l'idée en laquelle elle a cru. Mais, plus que la progression croissante du nombre des élèves, l'eussent touchée la confiance des familles et l'hommage rendu au personnel sorti de Sèvres par ceux mêmes qui croient devoir lutter contre lui \ Ce qui l'eût émue surtout, ce qui est tout à fait dans son esprit, ce sont les morts simples et vaillantes de celles qui, prématurément parmi nous, héroïquement parfois, sont tombées au devoir.
Se rapprocher d'elle, aujourd'hui comme autrefois, c'est s'élever ; et, ainsi qu'elle l'eût désiré, s'attacher à ces idées éternelles qui dominent toutes les personnalités, même les plus hautes.