‹ La morale de Plutarque (préceptes et exemples)Chapitre 7 sur 74 · DISCOURS DE M. JOSEPH FABRE XIII · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. JOSEPH FABRE XIII

vous. Vous nous apprendrez encore à faire notre tâche, à la faire de notre mieux, et à regarder en haut, toujours plus haut, vers ces sommets du devoir et du bien où votre âme, exigeante et calme, s'élevait si naturellement.

Discours de M. Joseph Fabre, sénateur, ancien Maître de conférences à l'École de Sèvres.

Que sont les mots là où coulent les larmes? 11 n'y a qu'elles d'éloquentes.

Pourtant, il faut bien qu'à mon tour j'adresse un suprême adieu à cette noble femme que j'ai toujours trouvée d'autant plus grande qu'elle l'était avec simplicité.

Nature à la fois ingénue et fine ; douce et résolue ; irréductible avec les puissants et conciliante avec les faibles ; dédaigneuse des honneurs qu'elle se contentait de mériter ; ennemie jurée de tout favoritisme ; affamée de franchise ; étrangère et implacablement hostile à toute platitude, à toute hypocrisie, à tout mensonge, même officiel, surtout officiel, c'était un rare caractère qui n'eut de défauts, à la façon d'Alceste, que ceux qui peuvent naître de l'exagération des plus hautes vertus.

Infatigable au travail, méthodique, judicieuse, perspicace, naturellement inclinée aux pensées généreuses et aux nobles sentiments, elle s'était cultivée dans les lettres, la philosophie et les arts; elle était moraliste, peintre, musicienne à un degré éminent. Ei-thousiaste de tous les sommets, elle adorait les Alpes dans la nature, Michel-Ange uans les arts, Beethoven dans la musique, Corneille dans la poésie, Pascal dans la prose, Platon et Descartes dans la philosophie, Epictète et Marc-Aurèle dans la morale.

Elle était stoïcienne avec un mélange de grâce socratique ; elle était chrétienne avec une légère teinte d'austérité janséniste, et, en même temps, avec les larges vues d'un Channing, d'un Parker ou d'un Emerson ; elle était patriote avec la pieuse intransigeance d'une Alsacienne, deux fois Française. Elle eut deux passions dominantes : la passion du devoir dont elle parlait souvent parce qu'elle y pensait toujours, et la passion de la liberté*

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