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chacun de nous les redresse, en appliquant son esprit à l'étude des harmonies et des révolutions de l'univers. En les contemplant, il deviendra semblable aux objets de ses contemplations selon l'ordre primitif, et il atteindra toute la perfection de cette vie excellente que les dieux ont proposée aux hommes pour le présent et l'avenir. (Timée^ p. 295.)
Occupons-nous maintenant de 1 ame en ellemême. Pour dire ce qu'elle est, il faudrait une science divine et des développements sans fin ; pour faire comprendre sa nature par une comparaison, il sufïit d'une science humaine et de quelques mots. Disons donc .qu'elle ressemble aux forces réunies d'un attelage ailé et d'un cocher ; les coursiers et les cochers des âmes divines sont tous excellents et de bonne race ; mais chez les autres êtres leur nature est mêlée de bien et de mal. C'est ainsi que chez nous autres hommes, le cocher dirige deux coursiers, l'un excellent et d'une race excellente, l'autre bien différent du premier et d'une origine bien différente ; et un pareil attelage ne peut manquer d'être pénible et difficile à guider.
Mais comment, parmi les êtres animés, les uns sont-ils appelés mortels et les autres immortels ? c'est ce qu'il faut tacher d'expliquer. L'âme universelle régit la matière inanimée, et fait le tour de l'univers, en se manifestant sous mille formes diverses. Quand elle est parf^iite et ailée, elle plane au plus haut des cieux et gouverne l'ordre universel. Mais quand elle a perdu ses ailes, elle roule dans les espaces infinis, jusqu'à ce qu'elle s'attache à quelque chose de solide ; elle y établit sa demeure; et quand elle a ainsi revêtu un corps terrestre, qui dès lors, mû par la force qu'elle lui communique,
semble se mouvoir lui-même, cet assemblage d'une âme et d'un corps s appelle un être vivant, et on ajoute qu'il est mortel. Quant au nom d'immortel, le raisonnement ne peut le définir, mais nous l'imaginons; et, sans avoir jamais vu la substance à laquelle ce nom convient et sans la comprendre suffisamment, nous conjecturons que c'est un être immortel, formé de l'assemblage d'une âme et d'un corps unis de toute éternité. Mais qu'il en soit ce qui plaît à Dieu, et qu'on en dise ce qu'on voudra ; pour nous, expliquons comment les âmes perdent leurs ailes. En voici peut-être la cause.
La vertu des ailes est de porter ce qui est pesant vers les régions supérieures où habite la race des dieux ; et elles participent à ce qui est divin plus que toutes les choses corporelles. Or ce qui est divin, c'est ce qui est beau, vrai, bon et tout ce qui possède des qualités analogues ; et c'est aussi ce qui nourrit et fortifie les ailes de l'âme ; et toutes les qualités contraires, comme la laideur et le mal les flétrissent et les font dépérir.
La pensée des dieux, qui se nourrit d'intelligence et de science sans mélange, comme celle de toute âme avide de l'aliment qui lui convient, admise à jouir de la contemplation de l'Être absolu dont elle était depuis longtemps privée, s'abreuve de la vérité qui se dévoile à nos regards, et est plongée dans le ravissement, jusqu'à ce que le mouvement circulaire la ramène au point d'où elle est partie. Pendant cette révolution, elle contemple la justice en soi, la sagesse en soi, la science, non cette science qui est sujette au changement et qui se montre différente [ suivant ^ les différents^ 'objets que nous
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lutres mortels nous voulons bien appeler des êtres, nais la science qui a pour objet l'Être des êtres.
Parmi les autres âmes, celle qui suit les âmes livines d'un pas plus égal et qui lui ressemble le )ius, élève la tête de son cocher dans les régions supérieures, et se trouve emportée par le mouvenent circulaire ; mais, troublée par ses coursiers, îlle peut à peine entrevoir les essences. Il en est l'autres qui tantôt s'élèvent et tantôt s'abaissent, ;t qui, entraînées çà et là par leurs coursiers, aperçoivent certaines essences et ne peuvent les conempler toutes. Enfin les autres âmes suivent de oin, aspirant comme les premières à s'élever vers es régions supérieures, mais leurs efforts sont mpuissants ; elles sont comme submergées et rouent dans les espaces inférieurs, et, luttant de àtesse pour se devancer, elles se heurtent et se ôulent aux pieds ; ce n'est plus alors que confusion, ombat, lutte désespérée ; et, par la maladresse de ieurs cochers, plusieurs de ces âmes sont estropiées, d'autres voient tomber une à une les plumes le leurs ailes ; toutes, après bien des efforts inutiles, lans leur impuissance à s'élever jusqu'à la contem- |)lation de l'Etre absolu, retombent et n'ont plus ans leur chute que les conjectures de l'opinion pour lâture. Mais ce qui fait ce grand empressement es âmes à s'élever en un lieu d'où elles puissent écouvrir la plaine de la Vérité, c'est que c'est dans ette plaine seulement qu'elles peuvent trouver un liment capable de nourrir la partie la plus noble 'elles-mêmes et de développer les ailes qui portent âme loin des basses régions. C'est une loi d'Arastée, que toute âme qui a pu suivre l'âme divine et ontempler avec elle quelqu'une des essences, soit
exempte de lous maux, jusqu'à un nouveau voyage,! et que, si son essor ne s'affaiblit point, elle ignorai éternellement sa souffrance.... I
Quiconque a pratiqué la justice est appelé après | sa mort, à une destinée si haute ; quiconque l'a violée j tombe dans une condition inférieure. (P/iedon, p.330.) i
Tel on s'est étudié à être pendant la vie en ce quii concerne le corps, tel on est en tout et en grande! partie, durant un certain temps, après la mort, Or, il me paraît que c'est la même chose à l'égard de l'âme, et que, quand elle est dépouillée de son corps, elle porte les marques évidentes de son caractère, i et des affections diverses que chacun a éprouvées! dans son âme, par suite du genre de vie qu'il a embrassé. (Gorgias^-p. 321.)
IMMORTALITÉ DE l'aME
La foi de Socrate en l'immortalité de Tâme se fonde à la fois sur le raisonnement et sur le sentpj ment. Le plus souvent encore, cette foi est la| démonstration d'une bonne conscience. C'est par la' spéculation qu'il est amené à croire même à l'éter-'j nité de l'âme. « L'être qui se meut lui-même, dit-il,-! est le principe du mouvement, et il ne peut ni naître, !i
ni périr Si donc il est vrai que ce qui se meut >
soi-même n'est pas autre chose que l'âme, il suit ! nécessairement que l'âme ne peut avoir ni commen- \ cément ni fin. » Dans l'idée même de Socrate, l'im- j mortalité de l'homme dépend de sa vie actuelle : j
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a Celui qui s'abandonne aux passions et aux querelles, sans souci du reste, n'enfante nécessairement que des opinions mortelles et devient mortel
lui-même autant que possible Mais celui qui
applique son esprit à l'étude de la science et à la recherche de la vérité, et dirige vers ce but tous ses pfforts, n'aura nécessairement que des pensées jimmortelles et divines ; s'il parvient au terme de jses désirs, il participera à l'immortalité dans la imesure permise à la nature humaine. » Ainsi le vice |ou la vertu de l'homme le rendrait mortel ou immortel. Ailleurs, Socrate parle de la vie future où tous jies hommes recevront la juste rétribution de leurs actes, l'homme de bien, la félicité parfaite, et le méchant, les supplices. Nous ne voyons nulle part la description de ces supplices, tandis que Socrate Qous donne quelque idée du bonheur des justes qui habiteront dans une demeure sainte et jouiront de la contemplation de Dieu et du commerce des âmes glorifiées. Socrate fait-il consister la punition des méchants dans une nouvelle vie mortelle et terrestre ? Quoi qu'il en soit, c'est à l'homme de préparer sa vie future: nous serons, après la mort, ce que nous QOUS serons faits. « Quand l'âme est dépouillée de son corps, nous dit Socrate, elle porte les marques évidentes de son caractère et des affections diverses que chacun a éprouvées dans son âme par suite du genre de vie qu'il a embrassé. » Ainsi l'âme ne devient pas sainte et pure par le fait de la mort qui l'affranchit du corps faible , infirme et mortel dont Socrate
semble subir avec tant d'impatience le joug et les entraves. Elle conserve les pensées et les sentiments dont elle s'est remplie pendant son existence terrestre, les désirs, les aspirations et les habitudes qui constituent son caractère. La mort n'est donc > une délivrance que pour l'âme qui s'est rendue ! libre en se purifiant du mal. Socrate se connaissait i trop bien lui-même pour avoir pu croire que le j corps est l'unique siège du mal ; et quand il parle I du corps et de l'âme, il nous semble qu'il veuti mettre en opposition le principe spirituel et l'élé- i ment matériel, ainsi que la doctrine chrétienne i oppose la chair à l'esprit. Et il n'est pas nécessaire | d'être bien expérimenté dans la connaissance de' soi pour savoir que bien des passions tiennent ài l'âme, telle que nous l'entendons, c'est-à-dire ài l'être moral qui sent, qui pense et se détermine ; et! que nous ne sommes véritablement libres qu'à con-| dition d'être maîtres de nos passions. Ce que So-! crate méprise n'est donc pas l'organisme corporel,! c'est tout ce qui entrave l'homme dans la recherche] de la vérité, tout ce qui souille en lui le principe] divin, tout ce qui l'éloigné de Dieu, c'est-à-dire dui souverain bien.
Toute âme est immortelle, car tout ce qui s©! meut d'un mouvement continuel est immortelJ L'être qui communique le mouvement ou qui le reçoit, au moment où il cesse d'être mû, cesse d vivre; seul entre tous, l'être qui se meut lui-même! ne cesse jamais de se mouvoir; bien plus, il es
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OUI' tous les autres êtres qui participent au mouemènt la source et le principe du mouvement. )r, un principe ne peut être produit; car tout e qui commence d'être doit, nécessairement être roduit par un principe, et le principe lui-même .'être produit par rien, autrement il cesserait 'être un principe. Mais s'il n*a pas de commencelent, il ne peut pas non plus être détruit. Car si un irincipe était une fois détruit, il ne pourrait naitre e lui, si, comme nous l'avons dit, tout est produit lécessairement par un principe. Ainsi l'être qui se leut lui-même est le principe du mouvement, et il le peut, ni naître, ni périr, autrement le ciel tout ntier et tous les êtres qui ont reçu la naissance 'affaisseraient dans une immobilité morne, et n'auaient plus de principe pour leur rendre ce mouvelent une fois détruit. Nous avons donc démontré ue ce qui se meut soi-même est immortel ; et peronne ne craindra d'affirmer que la puissance de se louvoir soi-même est l'essence de l'âme. En effet, Dut corps qui est mû par une impulsion étrangère st inanimé ; tout corps qui reçoit le mouvement 'un principe intérieur est inanimé : telle est la ature de l'âme. Si donc il est vrai que ce qui se leut soi-même n'est pas autre chose que l'âme, il uit nécessairement que l'âme ne peut avoir ni ommencement ni fin, mais c'est assez parler de on immortalité. {Phédon, p. 330.)
Je ne pense pas qu'Hésiode veuille dire que la ice d'or est formée avec de l'or, mais qu'elle est onne et excellente ; ce qui me le prouve, c'est que ous, il nous appelle une race de fer.
Tu juges donc que, si parmi les hommes d'aujou?-! d'hui il s'en trouvait un bon, Hésiode le mettraitf dans la race d'or !