‹ La morale de SocrateChapitre 18 sur 60 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DEVOIRS DE l'homme ENVERS SON AME. — RESPEC ; DE l'AME. la DROITURE. LA VÉRACITÉ

Si l'homme aime assez son âme pour la purifier d; ! toute souillure, et l'affermir dans la sainteté et la v^l rite, ses intentions pures et droites lui donnent un! inaltérable limpidité, grâce à laquelle l'homme d'i bien reconnaît son semblable et lui accorde son esi time et sa confiance. Et cette candeur ne se terni! point, alors même que l'expérience de la vie lui faî^ connaître le malparles tentations de sonproprecœui et les fautes d'autrui. Ainsi l'homme droit a su; l'homme artificieux l'avantage de distmguer le ma.' par la réflexion, et le bien par sa propre vertu:; tandis que « les gens rusés et soupçonneux, consommés dans la pratique de l'injustice, ainsi qu-; nous le dit Socrate, et qui se croient habiles e'i prudents, ne paraissent tels que lorsqu'ils sont avefi leurs semblables, parce que leur propre conscienc|3

les avertit d'être en garde contre eux ils ignof

rent ce que c'est que la droiture et la franchisej faute d'avoir en eux-mêmes un modèle de ce;! vertus Mais la vertu, aidée de la réflexion eii

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d'un long usage des hommes, se connaîtra ellemême, et connaîtra le vice «. La prudence et la simplicité s'unissent donc en l'homme de bien pour lui donner la vraie habileté ({ui lui enseigne à bien iiriger sa conduite et à bien comprendre celle i'autrui.

Le juge ayant à gouverner l'ame d'autrui par la sienne, il ne faut pas qu'il ait fréquenté de bonne lieure des hommes corrompus et pervers, ni qu'il lit lui-môme commis toute sorte de crimes, afin de pouvoir connaître tout d'un coup l'injustice des uitres par la sienne propre, comme le médecin juge- :'ait par ses maladies de celles d'autrui. Il faut, au contraire, que son âme soit pure, exempte de vice, xfin que sa volonté lui fasse discerner sûrement ce ^ui est juste. C'est pour cela que les gens de bien ians leur jeunesse sont simples, et sujets à être iéduitSipar les artifices des méchants, parce qu'ils l'éprouvent en eux-mêmes rien de ce qui se passe Ians le cœur des méchants. — Il est vrai qu'il leur irrive souvent d'être trompés. — Aussi un jeune lomme ne saurait-il être un bon juge. Il faut que 'âge l'ait mûri, qu'il ait appris tard ce que c'est que 'injustice, qu'il l'ait étudiée longtemps, non pas en ui-même, mais dans les autres, et qu'il distingue 6 mal du bien plutôt par la réflexion que par sa oropre expérience. — Oui, c'est bien là le vrai uge. — Sans doute ; et de plus ce serait un bon uge, tel que tu le demandais ; car celui qui a l'âme |)onue est bon. Pour ces gens rusés et soupçonneux, r^onsommés dans la pratique de l'injustice, et qui ne croient habiles et prudents, ils ne paraissent tels ||ue lorsqu'ils sont avec leurs semblables, parce que

lOG LA MORALE DE SOCRATE

leur propre conscience les avertit d'être en garde] contre eux. Mais quand ils se trouvent avec des! gens de bien déjà avancés en âgé, alors leur inca-j pacité paraît dans leurs défiances et leurs soupçons hors de propos; on voit qu'ils ignorent ce que c'est que la droiture et la franchise, faute d'avoir en eux- '• mêmes un modèle de ces vertus, et que s'ils passent i plutôt pour habiles que pour ignorants, à leurs i yeux et à ceux du vulgaire, c'est qu'ils ont plus de^ commerce avec les méchants qu'avec les gens de; bien. * !

Ce n'est donc pas un juge de ce caractère qu'ilj nous faut, mais un juge tel que je l'ai dépeint^ d'abord : car la méchanceté ne peut se connaître ai fond elle-même, et connaître la vertu ; mais Is ' vertu, aidée de la réflexion et d'un long usage des' hommes, se connaîtra elle-même, et connaîtra le i vice. Ainsi, la vraie habileté est le partage de l'homme vertueux, et non du méchant. {Répu-\ blique, livre III, p. 179.) Ij

Il n'est rien à quoi tout citoyen doive s'appliquer' davantage qu'à se montrer à tous sans aucun dé-,[ guisement, toujours simple et vrai, et à ne pointj se laisser tromper parla dissimulation des autres.! (Lois, V, p. 27.) p\\

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