LE BIEN
« Aux dernières limites du monde intellis-ible est!
» Il
ridée du bien qu'on aperçoit avec peine, mais qu'onjj ne peut apercevoir sans conclure qu'elle est Is^ij cause première de tout ce qu'il y a de beau et dej.i bon dans l'univers ; que, dans ce monde visible, ellefi produit la lumière et l'astre de qui elle vient direc-,| tement ; que, dans le monde invisible, elle engendrcij la vérité et l'intelligence. » Ainsi l'idée du bien se! confond dans l'âme de Socrate avec celle de Dieii^ même : c'est la bonté, la beauté suprême, c'est' aussi le principe de la vérité. De môme que le soleil' donne à l'œil, à la fois, la faculté de voir et la,! lumière qui resplendit ; de même, le bien donne k, l'âme la vue de la vérité qui n'est qu'une imagef^ du bien. Nous pouvons conclure de là que^ pouil Socrate, Dieu est l'auteur de tout ce qui est bon ei beau, dans le monde moral, comme dans le mondq' physique ; et dire avec saint Jacques : « Tout^i
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,^râce excellente et tout don parfait vient d'en haut et lesccnddu Père des lumières en qui il n'y a aucune variation ni aucune ombre de changement. » Nous mouvons en conclure aussi que celui qui recherche e bien et le poursuit, voit le bien et connaît Dieu. D'est donc par un mouvement libre de la volonté |u'il faut se disposer à tout recevoir de Dieu, se :ourner vers Dieu, vers le bien, afin que Dieu •ienne à nous, qu'il nous illumine de sa lumière Dour nous faire comprendre le bien, et nous fortifie le sa force pour l'accomplir.
La faculté qu'a l'œil de voir, n'est-ce pas du îOleil qu'il l'emprunte, du soleil qu'elle découle, 30ur ainsi dire jusqu'à lui? Et le soleil qui n'est )as la vue, mais qui en est le principe, est aperçu )ar elle.
Sache donc que, quand je parle de la production lu bien, c'est le soleil que je veux dire. Le fils a une parfaite analogie avec son père. L'un est dans la |^phère visible, par rapport à la vue et à ses objets, l'a que l'autre est dans la sphère idéale, par rapport il i'nitelligence et aux êtres intelligibles. — Compilent? Je te prie de m'expliquer ta pensée. — Tu pais que lorsqu'on tourne les yeux vers des objets 'lui ne sont pas éclairés par le soleil, mais par les jistres de la nuit, on a peine à les discerner, qu'on jîst presque aveugle, et que la vue n'est pas nette, jnais que, quand on regarde les objets éclairés par je soleil, on les voit distinctement, et que la vue est irès nette. Comprends que la même chose se passe îi l'égard de l'àmc. Quand elle fixe ses regards sur îles objets éclairés par la vérité et par l'être, elle
les voit clairement, les connaît, et montre qu'elle'! est douée d'intelligence; mais lorsqu'elle tourne soU; regard, sur ce qui est mêlé de ténèbres, sur ce quil naît et périt, sa vue se trouble, s'obscurcit, et n'a' plus que des opinions qui changent à toute heure :i en un mot, elle paraît tout à fait dénuée d'intelli-l gence. Tiens donc pour certain que ce qui répand; sur les objets des sciences la lumière de la véritéJ ce qui donne à l'âme la faculté de connaître, c'est! l'idée du bien, et qu'elle est le principe de la sciencej et de la vérité, en tant qu'elles sont du domaine de l'intelligence. Quelque belles que soient la science; et la vérité, tu peux assurer, sans crainte de te trom^l per, que l'idée du bien en est distincte et les sur-i passe en beauté. Et comme dans le monde visible! on a raison de penser que la lumière et la vue ont de^ l'analogie avec le soleil ; de même, dans le monde! intelligible, on peut regarder la science et la vérité-; comme des images du bien ; mais on aurait tort dei| prendre l'une ou l'autre pour le bien même, dont la] nature est d'un prix infiniment relevé. i
Tu penses sans doute comme moi que le soleil ne| rend pas seulement visibles les choses visibles,! mais qu'il leur donne encore la naissance, l'accrois-i sernent et la nourriture, sans être lui-même rien de tout cela. De même tu peux dire que les êtres intel-l hgibles ne tiennent pas seulement du bien leur! inteUigibilité, mais encore leur être et leur essence,! quoique le bien lui-même ne soit point essence,,! mais quelque chose bien au-dessus de l'essence, eri ; dignité et en puissance. ji
Imagine-toi donc que le bien et le soleil sont deus; rois, l'un du monde intelHgible, l'autre du monde, j visible. (République, Myre Y l, p. d^il.) \\
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