CHAPITRE X
LE COEUR. — l'amour. — LES AFFECTIONS NATURELLES
La pensée et l'action ne constituent pas à elleiî seules la vie de l'homme: il ne serait qu'un être; incomplet sans l'amour qui est la vie même. Ces 1 l'amour qui réchauffe son âme pour y faire éclord tout ce qui est beau et grand ; il donne à la pensée i toute sa profondeur et son élévation, à la volontés toute sa force et sa constance. Mais pour quel l'amour soit cette puissance universelle dont parlei Socrate, il faut qu'il « s'applique au bien et qu'il soii réglé par la justice et la tempérance ». Il faut queJ l'homme aime surtout dans son semblable l'imagej de Dieu, qu'il lui rende l'honneur et le respect qui; lui sont dus, évitant avec soin tout ce qui peuv: altérer cette ressemblance divine et s'efforçani' de la faire paraître dans toute sa pureté. Si ce sen-i timent élevé et pur qui se confond avec l'amour àé\ Dieu, n'est pas au fond de toutes les affections' humaines, soit naturelles, soit électives, elles nei
îuvent inspirer à l'homme la honte du mal et émulation du bien ; mais elles le dégradent en rtifiant ses penchants égoïstes et sensuels.
Naissance, honneurs, richesses, rien ne peut issi bien que Tamour inspirer à l'homme ce qu'il ut pour mener une vie honnête : je veux dire , honte du mal et l'émulation du bien. Sans )S deux choses, il est impossible qu'un particulier i un État fasse jamais rien de beau ni de grand, jB Banquet, p. 351.)
Il est vrai de dire, en général, que l'amour est lissant, et même que sa puissance est universelle; ais c'est quand il s'applique au bien et qu'il est sglé par la justice et la tempérance, tant à notre ;ard qu'à l'égard des dieux, qu'il manifeste toute i puissance et nous procure une félicité parfaite, 3US faisant vivre en paix les uns avec les autres, ; nous conciliant la bienveillance des dieux, dont
nature est si relevée au-dessus de la nôtre. (Ici,,
351 et 352.)
C'est l'amour qui donne la paix aux hommes, le lime à la mer, le silence aux vents, un lit et le )mmeil à la douleur ». C'est lui qui rapproche les ommes, et les empêche d'être étrangers les uns IX autres; principe et lien de toute société, de ute réunion amicale, il préside aux fêtes, aux lœurs, aux sacrifices. Il remplit de douceur et bant la rudesse. Il est prodigue de bienveillance et ^are de haine. Propice aux bons, admiré des sages, jréable aux dieux, objet des désirs de ceux qui ne possèdent pas encore, trésor précieux pour ceux
qui le possèdent, il veille sur les bons et négligi les méchants. Dans nos peines, dans nos crainteij dans nos regrets, dans nos paroles, il est notre coi seiller, notre soutien et notre sauveur. (Id,, p. 382|