LIBERTE DANS L EDUCATION
« Un esprit libre ne doit rien apprendre en esclave. » Cette parole si expressive dans son laconisme, nous fait connaître d'un seul trait le principe de la morale et de la pédagogie de Socrate. « Un esprit libre, c'est-à-dire, doué du libre arbitre et engagé par sa dignité à le faire prévaloir sur toutes les choses qui dépendent de lui, doit se porter, par sa propre détermination, vers toutes les choses qui contribuent à son perfectionnement. Non seulement la gêne et la contrainte abaissent la dignité humaine, dans toutes les choses qui sont du domaine de l'âme, mais encore elles dégradent l'enseignement même et altèrent le caractère sacré de la vérité ; sans compter, comme nous le dit Socrate, que « les leçons qu'on fait entrer de force dans l'àme n'y demeurent pas. N'use donc pas de violence envers les enfants dans les
leçons que tu leur donnes... Et il ajoute ailleurs: a Ce serait toujours un grand avantage si nous réussissions à augmenter, sinon beaucoup, du moins un peu, la docilité de nos élèves, en nous conciliant leur bienveillance. « Nous croyons même qu'avant Fâge de raison, il est difficile d'obtenir la docilité par d'autres moyens que la contrainte, indigne du maître et de l'élève, ou l'appel au cœur dont les sentiments s'éveillent avant la raison. Pourvu que l'on ne se serve de l'affection que comme moyen de préparer le réveil de la conscience, c'est un ressort puissant sur lequel un éducateur éclairé sait agir avec prudence, avec discrétion et désintéressement, pour le plus grand bien des âmes.
Il faut bannir des formes de l'enseignement tout ce qui pourrait sentir la gêne et la contrainte, parce qu'un esprit libre ne doit rien apprendre en esclave. Que les exercices du corps soient forcés ou volontaires, le corps, n'en tire pas pour cela moins d'avantage; mais les leçons qu'on fait entrer de force dans l'âme n'y demeurent pas. N'use donc pas de violence envers les enfants dans les leçons que tu leur donnes ; fais plutôt en sorte qu'ils s'instruisent en jouant ; par là tu seras plus à portée de connaître les dispositions de chacun. [République^ livre VII, p. 375.)
Ce serait toujours un grand avantage si nous réussissions à augmenter, sinon beaucoup, du moins
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un p(3ii, la docilité d(3 nos élèves, en nous conciliant leur bienveillance. (Lois, IV, p. 243.)