‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 148 sur 270 · CAS SUR LA LOCATIOÎC, LE DÉPÔT, LE MANDAT ET LE PRÊT · texte numérisé non relu

CAS SUR LA LOCATIOÎC, LE DÉPÔT, LE MANDAT ET LE PRÊT

dale, ou les autres inconvénients sérieux qui en résul* teraient.

CAS VI

Le dépôt.

Canut, trésorier d'un prince, trafique avec l'argent qui lui est confié, à l'insu de son maître, et réalise un bénéfice assez grand.

D. Peut-il le considérer comme lui appartenant, ou doit-il le restituer ?

R. Canut peut garder le bénéfice réalisé avec l'argent du prince, parce qu'il n'en résulte aucun tort pour celui-ci, pourvu que cet argent n'ait pas été employé. Le gain qui en résulte ne doit être attribué qu'à l'habileté de celui qui s'en sert.

CAS VIII

Le mandataire.

Saluste, intendant d'un homme riche, est chargé chaque année d'acheter à un certain prix les vêtements nécessaires à la famille, chez un marchand indiqué, Cyrille. Mais Saluste achète chez un autre marchand à meilleur marché. Quelquefois même, il va dans une autre ville pour acheter lé drap moins cher. Il garde pour lui le reste de la somme fixée par son maitre, et qu'il n'a pas dépensée.

D. Peut-il garder ce qu*il dépense en moins en achetant dans une autre ville?

R. Oui, parce que ce gain qu'il réalise en allant ailleurs, et en achetant moins cher, est dû à son ti*a-

vail et à son habileté particulière. Il ne faut donc pas l'inquiéter &ous ce rapport.

CAS XIV

Raison qui excuse l'asnre

Lucillus avait acheté une grande quantité de froment, afin de profiter, en la revendant, d'une occasion favorable et de réaliser un grand bénéfice. En attendant, Bibianus lui demande à emprunter 50 francs :<x. Je n'ai que cette somme, dit-il, pour acheter du froment ; si tu veux, je. te les donnerai, à condition que tu me paieras l'intérêt au-dessus du taux légal, en proportion du bénéfice que j'aurais fait avec mon froment. » Bibianus y consent, et dans la suite il est forcé de payer 7 ou 8 pour 100, à cause du gain qu'il a empêché Lucillus de réaliser.

D. Que penser de Lucillus?

R. Il ne faut pas inquiéter Lucillus, si, en réalité, il a subi cette perte en prêtant son argent ; mais il doit surtout se garder du danger de l'entraînement.

CAS Sllft LA VENTE ET SES ESPÈCES

CAS \'1I

Tableau remarquable acheté A irll prix

Basile, curé, achète 5 francs à un- paysan un ta- Meau représentant la B. M. Vierge, tableau noirci par h fumée. Le paysan se réjouit, lui qui n'avait jamais pu Tendre ce tableau, même à un prix moins élevé. Le <înré s'empresse de le nettoyer et de le placer dans son église. Peu de jours après, un peintre anglais, très célèbre, entre par hasard dans l'église, examine le ta- Weau et en offre 6000 fr., car il a reconnu un chefd*œuvrede Raphaël. Lccuré reste stupéfait. Cependant il pense qu'il faut s'informer avec soin du prix du tableau, €t il obtient 20000 francs de l'Anglais, argent qu'il destine aux réparations de son église. Mais bientôt il ^ met à douter s'il doit rendre tout son bénéfice au paysan, ou s'il doit le garder.

D. Le curé dans ce cas doit-il rendre Targent au paysan?

R. Il ne faut pas inquiéter Basile, car ce tableau précieux n'était pas estimé par les deux contractants plus de 5 francs, et il n'y a aucune fourberie ni ruse dans le contrat. Vous objecterez peut-être que cette erreur est substantielle? Non, l'erreur ne porte pas sur ^^ substance, mais seulement sur la valeur de la chose. *-•« présent contrat est donc quasi-aléatoire^ et celui

que la Providence protège garde avec justice son gain.

CAS XIV

ITendenr rusé

Valerius, marchand, a recours à différentes ruses pour augmenter le prix de sa marchandise, sans cependant dépasser de beaucoup le juste prix. Souvent il fait mensonges sur mensonges, serments sur serments, en affirmant aux clients qu'il ne peut pas vendre moins cher, qu'il a vendu plus cher à d'autres, ou qu'il perd sur sa marchandise.

D. Agit-il injustement?

R, Valerius ne pèche pas en principe j ou selon l'opinion commune; car, bien que par ses mensonges et -ses serments il pousse Tacheteur à payer plus cheTt cependant il n'est pas tenu de restituer, parce qu'on sait que c'est Thabitude des marchands de débiter de tels mensonges. Aussi les acheteurs qui se laissent prendre à ses paroles ne doivent imputer qu'à euxmêmes le préjudice qu'ils subissent.

J'ai dit, en principe, parce que, dit S. Lig., si le vendeur remarquait que, dans un cas particulier, l'acheteur est notablement trompé en payant beaucoup plus cher, il commettrait une injustice qu'on ne pourrait . excuser.

CAS XVIII

ITente & Tencaii

I. Olympius, à l'occasion d'une vente publique, a prié ses amis, voulant acheter un tableau, de s'abstenir, ou de ne pas mettre au-dessus de ce qu'il offrirait,

Page 1