‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 160 sur 270 · CAS SUR L'ÉTAT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CAS SUR L'ÉTAT RELIGIEUX

la vocation religieuse, parce que cela est tout à fait contraire à la charité. Mais les parents, en détournant leurs fils delà religion, commettent deux graves péchés, Tun contre la charité et l'autre contre la piété, parce que leur devoir les oblige de s^occuper de l'éducation et des progrès spirituels de leurs fils. Cependant, conclut le saint Docteur, il ne faut pas nier que beaucoup de parents peuvent être disculpés d'un péché mortel, au moins pendant un peu de temps, à cause de l'ignorance «u de l'inadvertance naturelles en cette occasion, pour la vive affection matérielle quMls portent à leurs fils. R. à la 2* D. Oui, en principe, parce que les fils ^ont tout à fait libres de choisir leur état. Cette raison «st surtout valable pour Tétat religieux. Donc, pour choisir Tétat religieux, les fils ne sont pas tenus d'attendre le conseil de leurs parents ; et même, il n'y a aucun avantage à l'attendre, parce qu'en cela les parents non seulement n'ont aucune expérience, mais deviennent hostiles dans leur propre intérêt. Cependant, si le fils peut attendre facilement et en toute sécurité le consentement de ses parents, il convient qu'il attende un peu pour l'obtenir. Mais, s'il craint que ses parents ne s'opposent à sa vocation, il est à l'abri de tout reproche, si, à leur insu, il abandonne la maison paternelle pour se consacrer à la religion.

jR. à la 3® D. — Les ])arents de Laurence ont trèsmal agi, surtout la mère, en s'opposant si cruellement au vœu de leur fille ; et sans aucun doute ils ont commis un grave péché.... Combien de parents s'opposant injustement, comme ceux de Laurence, à la vocation de leurs enfants, ont été punis par leur mort ! Pourquoi pleurer, mère impie, sur le corps inanimé de ta fille? N'est-ce pas toi-même qui Tas fait périr ^ ?

1. n est intéressant de rapprocher de cette espèce, où s*éiale la férocité du fanatique, celte autre, que nous lisons dans les Annales de la

CAS VIII

ITœu de PauTreté

Damaris, religieuse pro/fess^, apprenant que son gèr vient de mourir, voudrait disposer de la part d'hériîag qui lui revient, à laquelle elle n'avait pas renoncé avant sa Profession, et cela pour de pieux motifs, et dan rintérét d'un frère. Mais ayant demandé à la Supérieur la permission d'être en règle avec son vœuj celle-ci stupéfaite : Grand Dieu, dit-elle, que demandez-vou là, ma sœur ! Ne savez-vous pas que ce n'est pas possible, même sur une dispense de Tévêque, ou même du Pape, mais avec la permission seule de Dieu Tout Puissant auquel vous avez fait une Profession solennelle?

Sainte-Enfance, 1877 : a Le démon furieux a essayé de nous

enlever deux âmes, pour se venger de celles qu'il venait de perdre,

« Nous avions à l'orphelinat deux enfants, l'une âgée de quatre ans, l'autre de deux mois. J'avais baptisé in extremis la mère de ces deux petites créatures qui ne tardèrent pas à être tout à fait orphelines. Avant de mourir et en présence de plusieurs témoins, la mère avait donné ses deux enfants à nos religieuses. Mais elle n'avait point fait un acte régulier qui pût au besoin prouver devant les tribunaux le droit des religieuses sur ces deux enfants.

« On pouvait donc craindre de voir les enfants retirés de l'orphelinat, s'ils étaient réclamés par de proches parents. La grand'mère se présente et veut à tout prix reprendre chez elle ses deux petits-enfants.

« On les lui refusa d'abord.

« Elle se retira furieuse et menaça d'intenter un procès. Pendant ce temps on priait au couvent; on demandait à Dieu d'appeler à lui ces deux âmes, plutôt que de les voir jeter dans le paganisme.

a Un mois après, l'inspecteur de police se présente et vient prendre des informations pour dresser procès contre les religieuses accusées de vol d'enfants, crime puni par les galères.

a On montre à l'agent un registre des décès légalement visé par Tautorité civile. On y lisait que nos deux petites orphelines s'étaient envolées au ciel dans la même semaine. Dieu avait exaucé la prière de nos saintes religieuses. Ainsi le démon dut s'avouer une fois encore vaincu ! I »

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