‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 27 sur 270 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la conscience droite et de la conscience erronée.

57. — La conscience droite est celle qui représente l'objet tel qu'il est en soi; autrement on l'appelle erronée^ et V erronée est dite vincible^ ou invincible suivant que l'ignorance ou l'erreur est coupable ou non.

La conscience invinciblement erronée qui ordonne, doit être obéie en tous cas.

1. d D. Ne distingue-t-on pas plusieurs sortes de conscience ?

« R, Oui, on distingue la conscience vraie et la /aM5«e, la conscience certaine et la douteuse^ la conscience pro&a6/e et V improbable^ la conscience scrupuleuse et la conscience large » {Petit Catéchisme de Marotte).

La conscience invincible qui permet supprime tout pe'clié ^.

1. C'est ici l'origine de la doctrine du Péché philosophique^ dont les jésuites modernes taisent le nom, par prudence, mais sans avoir renoncé, malgré les condamnations multiples de l'Église, à aucun des principes desquels ils la déduisaient. Pour en avoir une idée complète, il faut se reporter à ce qu'ils écrivaient avant notre malheureuse époque de défiance et de libre examen. Jamais ils n'ont démenti ces odieuses doctrines ; mais ils se bornent aujourd'hui à en faire l'objet d'un enseignement oral, dont on retrouve la tra^ dans les actes de leurs élèves, et aussi dans quelques-uns des c<i8 de conscience qu'Vs impriment encore* Voici des citations où le comique le dispute à l'odieux :

Sanchez : a Pour qu'un homme pèche mortellement, il doit considérer ou que son acte est mauvais, ou qu'il y a péril de malice, ou bien il doit avoir quelque doute ou scrupule. Si rien de cela n'existe, l'ignoranee, l'inadvertance, l'oubli, doivent être censés tout à fait naturels et invincibles » (p. 106). • • ' Laymann : « Un homme ne pèche jamais, s'il ne pense au moment même à la malice de l'acte ou de l'omission s (p. 107).

De Lugo : a Saint Paul dit aux Corinthiens :

« Si vous êtes adultères, vous ne possèdeiez pas le royaume de Dieu

« Mais si les Corinthiens n'eussent pas fait attention à l'offense de Dieu, ils auraient commis nn adultère philosophique mais non théotogiqusj celui qui amène péché mortel.

<K L'homicide devient si grave par la défense de Dieu, que d'un mal moral philosophiquement grave il devient un pcchc mortel si cette défense est connue; car si on l'ignorait, et cela sans faute, il n'aurait que la gravité philosophique qui vient de sa nature » (p. 109).

Dicastille : a Le vol peut êtie véniel par défaut de délibération

Cela peut arriver par la violence de la tentation, surtout lorsqu'il y a une telle hâte qu'on n'a pas le temps de délibérer. »

Tambourin : a On excuse communément celui qui, par une habitude invétérée jure le faux sans y faire attention.... On doit aussi le dispenser de la coni'ession » (p. 111).

Georges de Rhodes : < De même qu'il n'y a point de péché, quand il n'y a pas d'attention à la malice, de même il n'y a jamais de péché mortel, quand on ne s'aperçoit pas de la grièveté de la malice ou du danger de celte grièveté

« Par exemple, un homme en tue un autre, pensant, à la vérité, que c'est un mal, mais ne s'aparcevant point que ce soit autre chose qu'un mal léger. Un tel homme ne pèche pas grièvement, parce que c'est la seule connaissance qui applique à la volonté sa malice ou sa grièveté. Ainsi la malice n'est imputée qu'à proportion de la connaissance qu'on en a.

« Si quelqu'un commet un adultère ou un homicide, s'apercevant bien,

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