‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 4 sur 270 · Voir page · texte numérisé non relu

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PRËFACe. V

l^iaires/le reçus d'innombrables lettres de félicitations, quedis-je? de remerciements; des mains se tendirent foy moi de tous les points delaFtanoe, de la BelgiqaOt dé la Suisse^ du Canada, de tous les pays qu'enYahis* I sent dans le silence et Tombre les fils de Loyola.

Il ne dépendit pas. de ceux-ci que la médaille n'eût n revers, et quelajoie profonde que me firent éprou* i# toutes ces marques de sympathie ne fût troublée pria violence de leurs injures et de leurs menaces. Mns ils n'^y purent parvenir ; le mépris me rendit osensible i leurs attaques ^

A entendre les plus modérés parmi ceux qui m'in^ joriaient, j'avais fait usage de textes falsifiés, j'en avais bià&i moi-même. Falsificateurs Pascal, Dumoulin, Pasquier, La Chalotais, et tant d'autres! Falsificateurs les commissaires du Parlement 1 J'étais en bonne compagBÎe.

: Je ne m'en serais pas autrement inquiété si, parmi • mes accusateurs ne s'étaient trouvés quelques fonction* naires ecclésiastiques, entre autres deux ou trois évéques,

1: On ne pourra jnmab donner aux gens raisonnables, qui ne eonhaisseqt pag les ressources que la haine fournit à l'esprit des gens d'église, une idée des injures, des grossièretés que déversèrent sur moi les Jemites et leurs alliés naturels. Ce fut une yéritable rage : spumat rabUê veêona pérora. Un journal médical de Vienne, qui m'a fait l'honneur de publier sur mol une longue notice biographique, résume tous ces produits de la charité c&tboKque dans les termes suivants : « Les journaux catholiques Tappelleut un libertin, un matérialiste éhonté, un homme infecté de tous les vices et de toutes les turpitudes de Paris, une honte de la tri* bune française, un misérable, un débauché, une chenille / < On voit, a ces débordements de rage, que Paul Bert a bien tiré dans le noir. t> Et le journal autrichien est resté, je puis Taffirmer, beaucoup au-dessous de la réalité. Sans parler des agressions plus caractérisées dont la Y^V\fi,<& ^tt^thaaelle de Pans vient de punir les auteurs.

m PRÉFACE.

dont rnn, M. Frq>pel, m'interpella diredeniei^ dmi les termes: les ptas durs.

Je me résolus alors i répondre, et oommençai Mi-^ brochure qui menaçait de devenir fort longue. CêtâU» • comme on Tafaît jnsqn'îci, one exposition des-dodon*'' nés jésaittqnes^une aecomnlatiiKi de dtatîoas imiuiiIIm directement pnisées anx sources, avec des cm^ikÉiif^ raillerie cl des tirades d^indignation : bref, ime imiUf^ tion pins on moins henrense des immorldles ftunuiil ciales. **

Mats nn coup d'flôl jeté sur le catalane de laBiW»^' tbèqne iationale me fit soudain dumgcr de pfaua.' Ji| compris que mon lifie, après un succès éphônoe^ Uttarderait pasi tomber dans l'ouMi ou dorment tairil d>^ ' Tiages du même genre, dont beaueoiqi sont des reilles d^fêpiit, de logique, d'érudition, dVloqmnr f . où dwmenU il&utbien le dire, les Procimcimles dàth'

CHte indifférence puUique, pour élre aussi géainlikdoit être justafiée. Qu^e en peut être la cause? Gaaih^ ment y édiapper? D^où lîent Tinutililé-de tant d^i Biiii, paiflMs si puissants ? J'ai cberdii et ctms am#

Je suppose un liire £dt, tel que cdui q«e j^m oonc" ^ûut d'abordL Je lui suppose toutes les imaginables : Famcre rùUerie de PàscaL V\ hautaine deLaChalotais^réloquenoeémuede b poésie ailée de QuioeL Je le mets entre les iTuii Aamme sage^ modàè^ Wbfetal^ aw»p«j^

PAÉFÂjQE. TU

tes Causent- une sorte d'inquiétude secrète, mais qui craint de paraître un ennemi de la religioti : homme doDti^espèce n'est pas rare, puisqu'elle constitue aujoùrd^tU'presque toute la bourgeoisie française ; homme qnf'il importé. avant tout de convaincre , d'abord parce fSèe'estson opinion et non celle des hommes de passion et d'iaction qui constitueraVopinion commune^ l'opinion pddique; ensuite parce qu'il a des enfants, autour desquels rôdent les jésuites^ et que si sa femme leur appartient, sa fille est déjà livrée et son fils menacé.

Notre homme ouvre le livre, et le lit en entier ; j'admets qu'il se passionne d^abord, qu'il s'indignô même. Revoyez-le un mois après.

« Eh bien ! voua avez lu ? Quelles citations ! c'est odieux, c'est écrasant i

«'Qui, oui, répond-il. Mais voyez-vous, j'y ai bien réfléchi, cela ne prouve pas grand'chose. D'abord, c'est bien vieux, ces citations! Ces hommes du seizième, du dik-eeptième, du dix -huitième siècle même, nef pouvaient avoir sur la morale^ non plus que sur la politique, les mêmes idées que nous. Venir reprocher aux jésuites de la rue Lhomond les maximes de Tolet, d'Emm. Sa, de Fagundez, deSuarez, de Filliucius et de tant d'autres, déjà morts du temps de Pascal, c'est outre'^paslier les droits de la polémique, c'est mêler une théologie morte à la morale toujours vivante,, c'est confondre systématiquement les époques ! Autant vaudrait comparer la Ligue et la Révolution française, et rendre l'une responsable de l'autre l

tBi PRÉFACE.

« Le langage^ du reste, a changé du tout au tout 7 le3 grossièretés familières à ces temps lointains soin lèveraient aujourd'hui Uindignation. Sanchcz ne se pourrait plus^ réimprimer I Songez à Rabelais^ à Bran* tome» joies des dames de la cour. Quelle princesse aujour** d'bui. passerait sa nuit» comme la jeune Marie dePrussOt. à copier la Puçelle, et le dirait tout haut? Ces ignominies des vieux casuistes ne signifient rien pour le» temps modernes^

a Et puis, quelle confiance mettre dans ces extraits? Je sais bi^i que l'auteur les a exactement copiés; 1^ drdies q^i accusent leurs adversaires de falsifier les textes prouvent simplement qu'ils sont gens à le faire. MjEiis d'abord} ils sont difficiles à vérifier ; il s'agit là de livres rares, qu'on ne trouve que dans les grandes bibliothèques. Et puis,, cet auteur, c'est un homme de parti» un homme de combat; il a dû agir comme teU Or^ combien de jésuites ont écrit» et combien de, volumes I Cela , se compte par centaines, et des in-folio { On cherche parmi tout cela, dans tous les coins et recoins, sans distinction d'époques, de pays, de tempéraments; on extrait des phrases, des lambeaux de phrases» des choses odieuses, je Tavoue» et qui m'ont tout d'abord fait bondir. Mais quoi! tout cela est mêlé avec art ; on rapproche l'une de l'autre des lignes écrites à des siècles de distance ; on les prépare, on les- encadre, dans une exposition habile. Chose plus grave, on les détache de tout ce qui leur faisait cortège ; on les isole des principes qui leur donnaient

rBiFÂC£. fc

leur valeur pbilosophiquef ou des applications qui leur donnaient leur valeur pratique. C'est la différence d'un faerbier et des champs ! Qui sait si Ton n'a pas pris même parfois l'exception pour la règle, la phrase incidente pour la principale, la réserve pour le principe ? Ajoutei a tout cela les erreurs inévitables, les altérations des textes souvent cités de seconde main, pour le moins» «nfin, les fautes de traduction en ces matières ardues*. • Non, décidément, tout cela ne me convainc pas ; c'est un plaidoyer habile, j'en conviens, sincère, j'en suis persuadé, du moins autant qu'il est possible à un homme de parti d'être sincère. Mais plus j'y réfléchis, moins je m'y puis arrêter. C'est toujours l'éternelle vérité : donnez-moi quatre lignes d'un homme, et je le ferai pendre. Votre livre est curieux, mais il ne prouve rien. »

Ainsi parlera votre homme; ainsi j*ai entendu parler maintes fois* Certes, vous ne serez pas embarrassé de répondre; mais, le livnr, lui, ne répond pas. D'ailleurs^bgénéralement on ne vous écoutera pas ; le lecteur s'est fait son idée; il s* est débarrassé d'un problème irritant; il a trouvé moyen d'éviter peut-être quelque qiierelle de ménage; discuter avec lui, c'est vouloir arracher un clou à coups de marteau sur la té(c.

Hais que faire, alors? Demandez-le-lui, à lui-même, et il vous répondi*a.

a Ce qu'il faudrait, voyez-vous, c'est me montrer que les jésuites modernes, ceux en face desquels nous vivons, ceux chez qui ma femme veut que j'envoie moa

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