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deme, un livre complet, fait par un jésuite ayant do rautoritéi et qu'on me le traduisit sans rien abréger, mais en élaguant seulement tout ce qui ne m'intéresse pas: car je me soucie fort peu de métaphysique, et encore moins de théologie. Cela, ce serait un vrai service à rendre, à moi, et à bien d'autres. Nous lirions» et nous nous chargerions de conclure, sans avoir besoin qu'on nous aide par des phrases^ toutes faites, car nous sommes gens de sens et d'honneur. »
Yoilà la solution trouvée, et notre bourgeois a raison. Oui, les auteurs qui ont écrit sor les Jésuites ont trop mis du leur dans leurs livres. Il faut changer cela, et remplacer la .méthode subjective par la méthode objective.
Ceci compris, j'ai jeté au panier mon travail, après en avoir détaché une petite partie relative aux altérations de textes qu'on me reprochait S et je me suis mis en quête d'un jésuite qui répondît au signalement exigé.
Je n'eus pas de peine à le trouver. Gury était tout indiqué. V est mort tout récemment, après avoir professéiongtemps la morale au collège Romain, au collège des Jésuites. Il a publié deux ouvrages considérables, formant chacun deux gros volumes, qui représentent à eux quatre près de dix fois la matière du présent livre, MnCtmtpendium theologiœ moralis^ et un Casus conS" cientiœ. Ces livres ont eu plusieurs éditions, dont la der-
1. Mes Fakifications, lettre à M. le directeur de la République française (numéro du 29 août 1879), publid en une brochure par la librairie de la Petite République française,
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nièrc est de 1 875 ; ils sont entre les mains non seulemeni de tous les Jésuites, mais d'un très grand nombre de prêtres, car, au témoignage de M. Guibert, archevêque de Paris, ils ont heureusement transformé, dans ces trente dernières années, T^prit du clergé français *.< Ainsi; Gury réunissait toutes les qualités requises, d'ac-t tualité et d'autorité. De plus, c'est lui que j'avais cité/ à propos duquel j'avais commis une erreur involontaire, et qu!on m'accusait d'avoir calomnié. Il n'y avait pas à hésiter.
J'ai donc pris les quatre volumes, dans la dernière édition S et me suis livré au plus pénible et au plus ingrat des labeurs, pour en faire le livre actueL Voici comment j'ai procédé.
Le Compendium est un livre théorique, divisé en une série de Traités (Traité des actions humaines, de' la conscience, des lois, etc.). Le Casus cônscientiœ^ est une suite de cas, d'espèces, d'anecdotes, qui constituent autant de problèmes de morale théologique; ils sont groupés par Traités correspondant à ceux du Compendium. J'ai commencé par dépecer, en quelque sorte, ces deux ouvrages, et par les fondre en un seul,chaque Traité du Compendium étant suivi des Cas qui s'y rapportent, chaque exposé théorique, de sesappli--
1. « On ne peut méconnaître que les deux ouvrages du P. tîury aient puissanimcnt aidé à populariser dans le clergé français, les solutions les plus douces fournies par le probabilismc)) (le P. Matignon, S. J.: Études religieuses, 1866).
i. Compendium Theologiœ moralis, revu, corrigé, augmenté, mis au courant par Henri Dumas S. J.; 2* édition, Lyon, firiday, 1875. Casu& conscientiœ, 5* édition, Lyon, Biiday, 1875.
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cations pratiques : des caractères typographiques diffé*rents permettent de les reconnaître au premier coup dœil.
Voyons maintenant le mode d'abréviation.
' Pour le Compendiunij j'ai conservé avec soin tout Faspect général du li^e. Chaque Traité ic^t divisé en Parties, Sections, Chapitres, Articles, Paragraphes ; j'ai reproduit cette disposition; j'ai même gardé les numéros qui correspondent à chaque idée nouvelle, sinon à chaque alinéa. En un mot, la table des matières est absolument intacte. Ceci fait, je me suis gardé d'analyser quoi que ce soit ; il n'y a pas, dans tout le livre, une seule ligne rédigée par moi. Lorsque le dire du casuiste m'a semblé intéressant, je l'ai traduit textuellement et complètement; sinon, je l'ai laissé de côté et remplacé par une ligne de points, dont la Taleur très variable est facile à mesurer par le nombre des numéros qui manquent.
Dans ce départ entre ce qui m'a paru mériter d'être reproduit, et ce que j'ai cru devoir passer sous silence, j'ai dû me laisser guider par des considérations très Tariées. D'abord, j'ai systématiquement omis tout ce qui n'a qu'un intérêt de pure théologie ou de discipline ecclésiastique : les Traités des Vertus théologales, des Préceptes de l'Église, des Sacrements (principalement eéùx de Baptême, Confirmation, Eucharistie, Extrême- Onction, Ordre) des Censures, des Irrégularités, des Indulgences, ont été singulièrement ccourtés. Dans les autres Traités, je n'ai conservé que ce qui est de nature