XIV PRÉFACE
à intéresser les laïques, à savoir les principes généraux et leurs plus importantes déductions, les exceptions si souvent destructrices de la règle, les- réticences, les échappatoires^ et aussi, à l'occasion, les questions singulières, les espèces étranges, que Gury emprunte aux anciens casuistes, ou qu'il invente, car c'était un homme d'une imagination tvès fertile. Mais il faudrait se garder de croire que je n*ai traduit que ce qui m'a paru répréhensible : tant s'en faut! et je suis prêt à souscrire un grand nombre des propositions ci- dessous reproduites; celles que j'ai passées sous silence me paraissent aussi fort souvent à l'abri de tout blâme. Mon but a été non de faire un extrait des maximes mauvaises et périlleuses, mais de donner un aperçu aussi complet que le permettait la méthode employée, de l'ensemble des doctrines jésuitiques à l'époque présente.
Pour les cas, sortes ananas souvent fastidieux, mais parfois fort bizarres et ingénieux, et dont la multiplicité dans l'enseignement oral donnait, paraît-iL au cours du R. P. Gury, une saveur toute particulière, le choix a été bien plus facile. J'ai pris d'abord une bonne partie de ceux sur la solution jésuitique desquels la morale laïque trouverait à reprendre; puis ceux qui sont intéressants en eux-mêmes, soit parce qu'ils révèlent la lutte de ruses qui s'établit souvent dans le confessionnal entre le confesseur et son pénitent, soit parce qu'ils mettent en action des superstitions grotesques, soit parce qu'ils font preuve de la préoccupation erotique qui hante en toutes circonstances et en tous lieux