D. Doit-on réparer le tort qu'on a fait par erreur
n'est pas la cause, mais Foccasion pure du préjudice. Car Taction mauvaise ne tend pas en principe à exciter les autres à Timiter. Donc les autres se sont déterminés d'eux-mêmes
à Sûre le mal
. 668. — D. Doit^n restituer si Ton doute qu'on ait été soi-même la cause du préjudice ?
fl. 1** S'il y a doute sur l'existence même du. préjudice,
plus probablement Ton n'est tenu à rien
. i° S'il y a doute au sujet de rinfluence de Taction sur le mal, il y a controverse et deux opinions probables.... 669. — D. Doit-on réparer le lort fait à quelqu'un à l'occasion d'une action injuste de votre part, par exemple, si vous avez volé et si on l'accuse du vol?
jR. V Non, certainement, si l'on n'a pas prévu ce tort. S" Non, selon l'opinion plus probable, même si on l'a jK^vu; parce que votre action faite avec la seule prévision du tort n'est pas la cause en principe , mais seulement la cause accidentelle du mal.
3<*. Non, selon l'opiiiion probable, môme si vous l'avez fait avec intention pour qu'on l'en accuse, parce que cette fiuition n'est toujours que la cause accidentelle, et non en pincipe, du préjudice, puisqu'elle n'a pas eu d'influence €3fliGace sur celui-ci, par sa nature
672. — Cas I. Didacus place dans un coin de sa maison ob personne ne devait passer, un vase fort précieux appartenant à Gains, pensant le mettre en sûreté le lendemain inatin. Hais Basile, entrant la nuit sans lumière, beurte le vase et le brise. Qnid jurisf — R. Ni Didacus ni Basile ne doivent restituer, parce qu'il n'y a pas de faute thiSologique de leur part. Ni l'un ni l'autre n'ont pensé au préjudice ni au danger. Ils n'y seraient même pas tenus, s'ils avaient songé à quelque danger fort éloigné, parce que dfms les choses morales on ne fait pas attention à une pure
possibilité.
n. Quirinus, voulant voler du drap, entre la nuit dans une boutique et allume une chandelle ep faisant tout son possible pour éviter le danger d'incendie ; mais un chat fait lomW
la lumière sur la paille, la boutique brûle, le voleur prend la fuite et s'échappe. — D.Que penser de Quirinus? — B.Il ne doit rien restituer, parce qu'il n'a prévu en rien le danger* Il n'y est même pas tenu pour le drap qu'il a voulu voler, quand même il l'eût saisi, parce que le dommage est involontaire ; car le fait de saisir le drap n'est point cause du dommage, et le fait de porter la chandelle n'amène pas un péril prochain d'incendie, quand on prend des précautions.
III. Pomponius, poussé par la vengeance, n'étant vu de personne, tire sur la chèvre de Maurus, qui paissait tranquille* ment ; mais il la manque et tue la vache de Marin, couchée derrière une haie. — D, A quoi est-il obligé? — RA rien. Car il ne doit rien pour la chèvre, puisqu'il l'a manquée, ni pour la vache, puisqu'il ne prévoyait en rien ce malheur. — Qtdd si la vache avait appartenu au même maître ? La difficoltc s'accroît, puisque l'agresseur cherche, vraiment à faire du tort à la personne ; car bien qu'il ne détruise pas la chose visée spécialement, comme, en principe, il cherche à nuire i son ennemi, son nction paraît lui causer un préjudice formel. Cependant, en se tenant dans la rigueur des principes, on peut l'excuser selon l'opinion plus probable, s'il n'a prévu nullement ce mal, pas même confusément. Car on peut dire qu'il est arrivé purement par accident, et l'intention de nuire au même homme ne fait pas que le préjudice au sujet d'une chose tout à fait ignorée devienne volontaire.
lY. Babin, à force de prières et de caresses, cependant sans avoir recours à la fourberie, pousse Roger moribond à déchirer un testament fait en faveur de Paul, pour que lui-même, ou un de ses amis ou parents, devienne l'héritier. Or, Babin est poussé à le faire non seulement par son propre avantage ou par celui de son ami, mais encore par une haine invétérée qu'il nourrit contre Paul. — D. Est-il coupable d'injustice? — À. Pas du tout, car, bien qu'il ait péché gravement contre la charité, il n'a pas lésé la justice , puisqu'il n'a point violé an droit strict de Roger. Il en serait de même pour celui qui, par haine, aurait détourné le testateur de faire son testament en faveur de Paul, pour choisir un autre héritier à sa place.