CAS SDR LA VENTE ET SES ESPECES CAS VII
Tableau remarqnable achete a. -vll prix
Basile, cure, achete 5 francs a un paysan un tableau representant la B. V. Marie, tableau noirci par la fumee. Le paysan se rejouit, lui qui n'avait jamais pu vendre ce tableau, meme a un prix moins eleve. Le cure s'empresse de le nettoyer et de le placer dans son eglise. Peu de jours apres, un pcintre anglais, tres celebre, entre par hasard dans 1' eglise, examine le tableau et en offre 6000 fr., car il a reconnu un chefd'oeuvre de Raphael. Lecure reste stupefait. Cependant il pense qu'il faut s'informer avec soin du prix du tableau, et il obtient 20000 francs de 1'Anglais, argent qu'il destine aux reparations de son eglise. Mais bientot il se met a douter s'il doit rendre tout stfn benefice au paysan. pu s'il doit le garder.
D. Le cure daus ce cas doit-il rendre 1'argent an paysan?
R. line faut pas inquieter Basile, car ce tableau precieux n'etait pas estime par les deux contractants plus de 5 francs, et il n'y a aucune fourberie ni ruse dans le contrat. Vous objecterez peut-etre que cette erreur est substantiate? Non, 1'erreur ne pprle pas sur la substance, mais seulement sur la valeur de la chose. Le present contrat est done qudsi-alejitQire, et celui
306 LA. MORALE DES JfiSUITES.
que la Providence protege garde avec justice son gain*
CAS XIV
Vendeur rns
Valerius, marchand, a recours a differentes ruses pour augmenter le prix de sa marchandise, sans cependant depasser de beaucoup le juste prix. Souvent il fait mensonges sur mensonges, serments sur serments, en affirmant aux clients qu'il ne peut pas vendre moins cher, qu'il a vendu plus cher a d'autres, ou qu'il perd sur sa marchandise.
D. Agit-il injustement?
R. Valerius ne peche pas en principe, ou selon ['opinion commune; car, bien que par ses mensonges et ses serments il pousse 1'acheteur a payer plus cher, cependant il n'est pas tenu de restituer, parce qu'on sait que c'est 1'habitude des marchands de debiter de tels mensonges. Aussi les acheteurs qui se laissent prendre a ses paroles ne doivent imputer qu'a euxmemes le prejudice qu'ils subissent.
J'ai dit, en principe, parce que, dit S. Lig., si le
vendeur remarquait que, dansun cas particulier, 1'ache-
*^ur est notablement trompe en payant beaucoup plus
/ier, il commettrait une injustice qu'on ne pourrait
excuser.
CAS XVIII
Tente & 1'encan
I. Olympius, a 1'occasion d'une vente publique, a prie ses amis, voulant acheter un tableau, de s'abstenir, ou de ne pas mettre au-dessus de ce qu'il offrirait,