CAS SUR LA VENTE ET- SES ESPECES
pour qu'il I'achete a has prix. Ses amis lui obeissent.
II. Comme on vendait des livres provenant de la bibliolheque d'un defunt, trois pretres conviennent entre eux que, chaque ibis que 1'un d'eux voudrait acheter un livre, les autres s'absticndraient.
D. l re . Olympius a-t-il agi injustement ?
D. 2 8 . Les pretres ont-ils pu sans injustice faire cette convention ?
R. a la l re D. Non, parce qu'il n'a fait tort a personne, ni a ses amis qui lui ont cede volontiers leur droit, ni au vendeur, puisqu'il n'a pas apporte d'entraves a la liberte des encheres, et 1'acheteur peut avoir recours a ce moyen qui n'est ni astucieux ni injuste. Cependant ses prieresne doiventpasallerjusqu'aimportuner les gens.
jR. a la 2 e D. Les pretres en question n'ont pas commis d'injustice, s'il n'y a pas entre eux de convention proprement dite, mais seulsment 1'intention de ne pas se nuire 1'un a 1'autre. Ce cas est comme le precedent, puisqu'il n'y a pas de contrat proprement dit. Autrement, cela friserait 1'injustice, parce que le vendeur peut exiger que les acheteurs soient parfaitement libres et qu'on n'empeche pas la surenchere. Cependant, selon 1'opinion probable, on peut excepter de celte regie les proches parents et les associes de commerce, parce qu'ils ne font moralement qu'une seule et meme per sonne, et on ne peut exiger qu'ils fassent une surencliere centre eux. Les amis aussi seraient, scion plusieurs theologiens, exceptes de la regie, comme associes.
CAS XIX
~ Image miraeuleuse de la B. If.
Gertrude, femme devote, mais tres pauvre, n'avaii
pas de quoi payer ses creanciers. Aussi, il en resulta qu'on vendit tous ses meubles a 1'encan sur une place. On arrive a un tableau de la B. V. Marie, mal peirit et couvert de poussiere. La femme se recrie qu'elle a une grande devotion pour ce tableau, parce qu'il peut faire des miracles ; elle insiste pour qu'on ne le vende pas. Le commissaire- priseur et les creanciers repondent qu'on ne fait plus de miracles, que la Vierge est toule isalie par la poussiere. Aussi le pretre Laurianus, present par hasard, s'indigne et imagine un moyen de les punir de leur impiete, II se met a examiner de pres le tableau, a I'ess-iyer, a 1'admirer ; il fait inonter le prix jusqu'a ce ou'-i depasse le montant des dettes. Les autres, surpris et croyant que c'estun tableau precieux, font egalement monter le prix. Alors le pretre se met a crier : C'est un nouveau miracle, la B. V. Marie a condamne a una forte amende ses detracteurs, et avec une image sans valeur a paye toutes les dettes de la femme et sauve le reste du mobilier.
D. Le pretre Laurianus a-t-il agi i ijustement et doit-il restituer ?
R. Faut-il acc:;;^rd'injustice ce pretre pieux qui, par compassion et piete, est venu au secours de cette femme pauvre et reduite a la derniere misere? Faudra-t-il condamner celui par 1'intermediaire duquel la B. V. Marie a fait un miracle? Assurement, en songeant a sa bonne foi, il faudra 1'excuser. Mais que penser du cas examine en lui-meme ? J'affirme qu'en examinant la chose en elle-meme, le pretre est exempt de tout reproche d'injustice. Car ce n'est pas etre injuste que d'user de son droit, et dans notre cas Laurianus a use de son droit; il n'a eu recours aaucune ruse pour tromper, il n'a pas eu d'associes pour faire une surenchere fictive, il n'a fait de convention avec personne ; mais, seul, il a