‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 195 sur 344 · CAS SUH LA VE1NTE ET SES ESPECES · texte numérisé non relu

CAS SUH LA VE1NTE ET SES ESPECES

fait monter le prix v en concurrence avec beaucoup d'autres. Done, il n'a pas agifrauduleusement.Ne dites pas que le pretre a use de i-use en feignant de surencherir, car cette surenchere n'etait pas i'einte, mais reelle, il en courait le risque; il aurait garde le tableau, si les autres s'etaient arretes. Et ne dites pas qu'il a trompe les autres en admirant 1'image, car il ne s'est pas fait passer du tout pour connaisseur, et sou vent les ignorants paraissent etre'en admiration plus que les autres.

CAS XXII

De la transaction

Bertulfe ayant une contestation avec Paulus pour un pre et ne pouvant trancher la question, allait porter 1'affaire devant les juges, lorsque son adversaire lui proposa d'arranger tout a 1'amiable pour eviler les frais et le retentissement d'un proces. 11s concluent done une transaction, d'apres laquelle Bertulfe aura le pro, maispaiera 1000 francs a 1'autre. Apres qu'ils ont ainsi arrange 1'affaire, que Paulus a regu 1'argent, Bertulfe trouve un titre qui prouve clairement que le pre a ele vendu par son grand-pere au pere de Paukis et qu'il appartient ainsi a Paulus ; raais sans rien dire il detruit le titre et garde le pre.

D. Bertulfe peut-il le garder?

R. Oui, parce que la transaction est un contrat aleatoire qui favorise egalement les deux contractants et leur impose lea memes charges, pnisqu'on suppose que la chose est douteuse des deux cotes ; 'par suite, chacun cede son droit probable pour eviter un dommage probable aussi, c'est-a-dire chacun cede la moiti6 d'un droit douteux pour garantir 1'autre moitie. Done,

la transaction une fois passee serieusement, rien ne doit etre restitue par celui qui apprend dans la suite que la chose appartenait a 1'autre, et rien ne peut etre reclame par 1'autre partie. Done Bertulfe peut garder le pre comrae lui appartenant, en vertu du contrat d'apres lequel Paulus a cede son droit pour obteiiir 1000 francs. .

CAS XXIII

Commerce

Amand, marchand, lorsque les acheteurs refusent de lui ol'frir ce qu'il demande, a coutume de mentir en protestant qu'il a achete cette marchandise a tel prix. II en resulte que les aclieteurs paient plus cher.

D. Peut-il recevoir et garder ce prix accru par ses mensonges ?

R. fl ne parait pas oblige de restituer, car il peche seuleraent centre la verite et non contre la justice, pourvu qu'il ne depasse pas le prix le plus eleve; car il convient du prix avec les acheteurs, et ne regoit que ce qui lui appartient. En outre, on sait assez que les marchands ont 1'habitude de se plaindre ainsi.

CAS SURIA LOCATION ET AllTRES CONTRATS ONEREUX

CAS IV

Bail emphytgotique

Le fermier Marculfe a pris pour dix ans, par bail emphyteotique, le domaine de Palmatius pour une somrae relativement faible. A la mort du proprietaire, son fils Narcisse pense aussitot a augm enter la location, et insinue au fermier que, s'il ne veutpas donner a 1'avenir 150 louis au lieu de 1 00, il devra ceder la place a un autre qui est dispose a payer encore davantage. Que fera le malheureux? Pris entre le marteau et 1'enclume, il y consent quoique a regret, et donne le prix demaitde:

D. Le fermier peut-il avoir recours a une compensation occulte, s'il a conseuti malgre lui a payer davantage?

R. Cela ne lui est pas permis, s"il peut prouver son droit en jugeraent, parce que les theologiens ne permettent une compensation occulte que lorsqu'on ne peut recouvrer son bien par aucun autre moyen. II en serait autrement, s'il ne pouvait prouver son droit, par exemple, si le contrat n'avait pas ete passe sous forme d'acte authentique, ou si 1 litre etait perdu. Cependant cette compensation ne doit pas etre blaniee comme injuste.

M2 LA MORALE DBS JBSUITESi.

CAS VII

Change "

Albain, Frangais partant en Espagne, arrive h Bayonne, demande au changeur Lampridius de lui donner de la monnaie espagnole pour de la monnaie franchise. Celui-ci y consent. Mais, comme la monnaie espagnole perdaitde sa valeur en France, Albain, qui en demandait une grande quantite, subit une forte perte, et le changeur y trouve un grand benefice. Mais a peine arrive en Espagne, Albain pour un motif grave est force de rentrer dans sa famille. II va trouver le meme changeur pour faire un autre echange, et doit encore subir une perte notable.

D. 1". Ces deux echanges sont-ils conformes a la justice de la part du changeur?

D. 2 e . Si Lampridius savait, par des renseigrieraents particuliers, que la mounaie espagnole perdrait. bicntot de sa valeur intrinseijue, p.ourrait-il compter a un etranger, qui ignore la chose, la monnaie avec sa valeur actuelle?

R. a la l re D. Oui, parce que, tant que le marchand ne depasse pas les limites d'un juste prix, il ne peohe pas contre la justice. Le changeur, qui n'est qu'un marchand d'argent, est dans le meme cas. Or, Lampridius n'a pas depasse ces limites, bicn qu'il ait accepte de I'argent frangais a sa moindre valeur en rendant de 1'argent espagnol a sa plus grande valeur. Done... Car, si Ton echangeait du pain au prix le plus faible contre du vin au prix le plus eleve, il n'y auraitpas d'injustice. Done, de meme, il ne faut pas condamner Lampridius de ce qu'en acceptant de 1'argent frangais a sa plus faihle valeur il a donne de 1'argent espagnol a sa plus grande valeur. Or, s'il a pu faire cela une premier* 1

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