‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 213 sur 344 · CAS SUR L'ETAT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CAS SUR L'ETAT RELIGIEUX

D. l re . Quel estl'effet duvceii de pauvrete, soit simple, soit solennelle?

D. 2 e . Quid deDamaris?

R. a la i re D. Le vceu solennel de pauvrete rend un religieux incapable de posseder, en propre, tout objet dont on peut fixer la valeur. Quant au vceu simple, il ne rend pas un religieux incapable de posseder, sous la forme de possession directe; mais il fait que le religieux ne peut se servir ou disposer de rien sans la permission du superieur.

R. a la 2 e D. Damaris, d'apres le droit commun, ne peut disposer de la part d'heritage qui lui revient, ni dansde pieuses intentions, ni dans 1'mteret de sonfrere, parce que sa Profession religieuse 1'a rendue incapable de disposer de sonbien. Etcette incapacite ne peutetre levee ni par la Superieure, ni par 1'eveque, mais par le Pape seul, comme il a ete ditplus haul. II en est autren>ent, si Damaris se trouve dans quelque communautede France, parce que, dans ce pays, a cause de la difficulte des temps, le Saint-Siege ne reconnait pas la solennite des vo3ux. C'est pourquoi, les religieuses en France, dans 1'etat present des choses, ne sont pas appelees religieuses dans le sens strict du mot ; cependant, dans le sens vrai et propre, elles sont religieuses, mais non telles dans le sens strict, 'et tres strict, comme il parait resulter des differentes reponses du S. Penitentiaire.

CAS IX

Veen de Pamrret*.

Florin, religieux franais, avait a peine fait sa Profession, qu'une omission oubliee dans la disposition de

ses biens lui revient a 1'esprit. Mais il pense qu'avec la permission du Superieur il pourra reparer cet oubli, dii moins s'il en dispose selon ce qu'pn peut interpreter de son intention ; surtout si Ton suit cette opinion, d'apres laqtieile il est admis qu'il ii'y a pas de voeux solennels en France. Mais le Superieur ayant une opinion contraire refuse tout a fait de donner son coiisentement.

D. l re . Faut-il reconnaitre la profession solennelle pour les religieuses en France, dans 1'etat aetuel des ehose.s ? D. 2 e . Faut-il la reconnaitre pour les religieux? D. 5 e . Que faut-il faire dans le cas present ?

R. ct la l re D. Non. Cela a souvent ete declare par 1'Eglise par 1'intermediaire du S. Penitentiaire, surtout dans la reponse a 1'eveque de Limoges, en 1 820 . Cependant les religieuses vivant en Savoie font encore une Profession solennelle, bien que cette province ait ete annexee a la France, parce que les affaires religieuses ne sont pas soumises a 1'ordination civile.

R. a la 2 e D. Oui, quoi qu'en aient dit beaucoup, qui sans aucune autorite ontavance a la legere qu'il. fallait assimiler les religieux etles religieuses.

En effet, lRienn'a ete change par la puissance eccle- -siastique relativement aux VOBUX des religieux en France : done ils restentenchaines par des voeux solennels comme auparavant, avant les troubles politiques. Car les affaires religieuses nesuiventpas les vicissitudes des changements politiques, etrestentinalterablesjusqu'acequ'ellessbient changees par leS. -Siege apostolique. Or, mil changement n'a ete fait par le S. -Siege pour les voaux des religieux, mais seulement pour ceux des religieuses. Done....

2 e . II resulte-d'une declaration de la S. Congreg. des eveques et des Reguliers que les religieux-benedictins du monastere deSolesmes, en France, font des voeux

Page 1