‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 28 sur 344 · D. Ne distingue-ton, pas plusieurs sortes de conscience · texte numérisé non relu

D. Ne distingue-ton, pas plusieurs sortes de conscience

R. Oui, on distingue la conscience vraie et la fausse, la conscience cr.rlaine et la douteuse, la conscience probable et V improbable, la conscience scrupuleuse et la conscience large 9 (Petit Catechisme d* Marotte). * .

24 LA MORALE DBS JfiSUITES.

La conscience invincible qui permet supprime tout peche *.

- 1. C'est ici 1'origine de la doctrine du Peche philosophique, dont les ' jesuites modernes taisent le nom, par prudence, mais sans avoir renonce, malgre les condamnations multiples de PEglise, a aucun des principes desquels ils la deduisaient. Pour en avoir une idee complete, il faut se reporter a ce qu'ils ecrivaient avant notre malheureuse epoque de defiance et de libre examen. Jamais ils n'ont dementi ces odieuses doctrines ; mais ils se bornent aujourd'hui a en 1'aire 1'obiel d'un enseignement oral, dont on retrouve la trace dans les actes de leurs eleves, et aussi dans quelques-uns des cas de conscience qu'ils impriment encore. Voici des citations ou le comique le dispute a 1'odieux : .

Sanchez : Pour qu'un homme peche mortellement, il doit considerer Oil que son acle est mauvnis, ou qu'il y a pdril de malice, ou bien il doit avoir quelque doute ou scrupule. Si rien de cela n'existe, 1'ignorance, 1'inadvertanee, 1'oubli, doivent etre censes tout a fait naturels et invineibles (p. 106).

Ldymann : Un bomme ne peche jamais, s'il ne pense au moment meme a la malice de 1'acte ou de 1'omission (p. 107).

De Lugo : Saint Paul dit aux Corinlhiens :

Si vous etes adulteres, vous' ne possederez pas le royaume de Dieu

Mais si les Corinthiens n'eussent pas fait attention a 1'offense de . Dieu, ils auraient commis un adultere philosophique mais non theoloique, celui qui amene peche mortel.

L'homicide devient si grave par la defense de Dieu, que d'un mal moral philosophiquement grave il devient un peche mortel si cette defense est connue ; car si on 1'ignorait , et cela sans faute, il n'aurait que la gravite philosophique qui vient de sa nature (p. 109).

Dicastille : Le vol peut etre veniel par del'aut de deliberation ;

Cela peut arriver par la violence de la tentation, surtout lorsqu'il y a une telle hate qu'on n'a pas le temps de deliherer.

Tambourin : a On excuse communenient celui qui, par une habitude inve"teree jure le faux sans y faire attenlion.... On doit aussi le dispenser t(e la confession (p. 111).

Georges de Rhodes : a De meme qu'il n'y a point de peche, quand il n'y a pas d'attention a la malice, de meme il n'y a jamais de peche mortel, quand on ne s'apergoit pas de la grievele de la malice ou du danger de cette grievete

Par exempln, un homme en lue un autre, pensant, a la verite, que c'est un mal, riiais ne s'apcrcevaut point que ce soil autre chose qu'un mal leger. Un tel homme ne peche pas grievement, parce que c'est la seule connaissance qui applique a la volonte sa malice ou sa grievete. Ainsi la malice n'est imputee qu'a proportion de la connaissaqce qu'on en a.

c Si quelqu'un commel un adullere ou un homicide, s'apercevant bien,

GHAPITRE II

Do la conscience certaine on donfeos*.

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