WILLETTE
LA LIGNE DE LA VICTOIRE
secondaires, c’est la cassure des seconds plans avec quelques grands plans se précisant comme rapport idéal en un angle droit et comme ligne, en ligne droite et courbe régulière, fragment du cercle, et encore cette dernière prédomine surtout dans la victoire par non-valeur ; mediocritas victrix. En général c’est la ligne du cou, du front, de la poitrine, de la mâchoire qui est précise, haute, en rapport presque idéal avec les autres lignes.
C’est aussi la grande courbure des lèvres, celle des sourcils, des épaules. Mais en dehors de cela, le désordre, le déséquilibre annoncent des troubles profonds de la personnalité, des déchéances, et, ce qui est plus grave, des stigmates de la maladie et de la mort, des lignes basses.
La ligne de la victoire n’est pas solaire, c’est une conquête sur la chair même des victorieux, une conquête faite des restrictions, des défaites de la personnalité, de la diminution de la tension ou de l’harmonie générale.
Tous ces victorieux recèlent de graves atrophies, des insuffisances morales, physiques, intellectuelles. Il faut plier pour vaincre, il faut resteindre, amortir, meurtrir, il fautexagérerlesqualitésactivesdu combat au détriment des qualités passives de la personnalité.
La Victoire, au point de vue de la ligne, est la cassure des plans, le bouleversement et l’annulation des dispositions normales pour réaliser un plan quasi idéal qui est le résultat de ces déchéances et de l’équilibre rompu.
SPIRITUALITÉS
Dans le chapitre précédent, en nous basant sur les dessins de Rouveyre, nous avons analysé les lois graphiques de la victoire; nous avons vu le bouleversement des formes qu’elle suppose, nous avons essayé de trouver quelques règles de la bataille où triomphent des personnalités supérieures et hautes; nous avons vu que le triomphe est une sombre tragédie, une pétition continuelle de principes, une équivoque qui éclate dès le début et se continue jusqu’à la fin entre la substance primitive de la personnalité et le chaos du devenir, le monde extérieur. Rouveyre ne s’est pas contenté cependant d’établir la fatale négation du triomphe; avec la même lucidité, par quelques croquis, quelques lignes essentielles, il a établi le déséquilibre fatal entre la substance et la pensée, entre la forme idéale et banale de l’Humanité et son expression suprême : la Sagesse.
L’équilibre! où le chercher ? quelle est sa formule? existe-t-il?
La moindre activité suppose des déchéances : le moindre arrêt suppose une mort. La passivité divine ronge la chair et déforme les fronts, les épaules, les poitrines, de même que l'activité qui spécialise certains gestes contradictoires, crée des agglomérations et des solitudes dans la personnalité. On peut con-
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