‹ La morale des lignesChapitre 4 sur 31 · Page 133. — 2. Page 57. — 5. Page · texte numérisé non relu

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sonnalité, il communique à la matière son empreinte éternelle d’abstraction. »

Dans les deux portraits cités, la robe même ne dessine plus les plis qui sont la part de l'être vivant dans la matière qui enveloppe sa ride de laine ou de soie. Elle tombe pesante. Elle nous parle de l’étoffe, de sa résistance, de son poids et l’on peut dire : voilà un échantillon de velours, de coton ou de salin, mais on ne l’attache pas à la chair qu’il couvre. L’amitié est rompue entre la vie et la substance inerte, chacun subit les lois, les uniques lois de poids, de l’intime contraction de la molécule. A côté surgit ce portrait (Golberg1) qui m’est cher. Quelle vision! Là aussi ce manteau subit déjà sa propre loi, mais le geste domine l’ensemble. Cet être recule d’épouvante et de colère. Ses yeux — des flèches et des traits — veulent arrêter la fatale loi du néant. Il veut résister au silence, il veut défendre ce reste de chair, ce peu de son moi que la mort n’a pas encore détruit. Sur ces jambes frêles éclate un mouvement de force, sur l’assise des épaules branle la tète révoltée... mais la main — une ligne à peine — une indication — pend inerte. La mort vaincra ! On sent planer cette pensée que Rouveyre exprime simplement dans sa note : « Tout ce qui rompt l’aplomb humain, c’est-à-dire sa communication directe avec l’attraction centrale, l’éloigne de sa véritable existence , le rapproche de sa vie et finit par le tuer; par la nécessité de vie, l’homme est morbide — son existence réelle est indépendante de sa vie , elle

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