I. Mummsen, llisl. rom., I, p
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
Avec l’Empire, on vit même reparaître rancienne conception d’après laquelle le chef de l’Etat était non seulement chef de la religion, mais aussi dieu, dans une certaine mesure. Le prince reçut du Sénat le titre d’ Aiirjuslus qui signifiait vénérable, sacré, divin et qui, dans la langue religieuse des Romains, s’appliquait aux dieux aussi bien qu’aux objets participant de la divinité. « Ce titre fut conféré au premier empereur. 11 se transmit ensuite à tous les empereurs après lui. Tout empereur fut donc un Auguste. Cela signifiait que l’homme qui gouvernait l’Empire était un être plus qu’humain, un être sacré. Le titre d’empereur marquait sa puissance, le titre d’Auguste sa sainteté. Les hommes lui devaient la même vénération, la même dévotion qu’aux dieux. . . Pour comprendre cela, il faut se reporter aux idées des anciens. Pour eux, l’Etat ou la Cité avait toujours été une chose sainte et avait été l’objet d’un culte. L’Etat avait eu ses dieux et avait été lui-même une sorte de dieu. Cette conception très antique n’était pas encore sortie des esprits... Les contemporains de César Octavicn trouvèrent naturel de transporter à l’empereur le caractère sacré que l’Etat avait eu de tout temps... Depuis longtemps des temples étaient élevés à l’Etat romain considéré comme dieu, Rornæ Deæ . Onyjoignit désormaisrempereur régnant, à titre d’ Augustus . La dédicace fut alors Rornæ et Aagusto, à Rome et à l’Auguste, comme si l’on eut dit à l’Etat qui est un dieu et à celui qui, parce qu’il le représente, est un être sacré'. » Il faut noter que l’Auguste, de son vivant, n’était pas dieu ; il ne pouvait le devenir qu’après sa mort, si le Sénat lui donnait la Consecratio.
Dans les provinces, les temples édifiés Rornæ et Augusto axaient pour prêtres des hommes choisis parmi les plus inlluents et les plus riches des cités. Leur titre était poiilifex maxi/nus. Us olTraient les sacrifices que l’on peut dire nationaux, consultaient l’avenir a\ec l’aide des devins et géraient les biens attribués aux temples pour leur entretien. Lorsque le christianisme se fut substitué an paganisme, on