I. Fustel de Coulanges, La Gaule romaine, p. i6i
continua, clans beaucoup de Ailles, de choisir les évêcjues dans les familles cjui fournissaient les souverains pontifes et les premiers succédèrent aux seconds jiar une sorte d’évolution naturelle. Presque partout aussi, les biens des temples païens passèrent aux églises cbréliennes par un phénomène d’éAmlution analogue au précéclenl.
On voit par tous ces faits, combien avaient été prudentes les mesures prises par l’aristocratie pour éviter c[u’à coté d’elle se formât une classe sacerdotale dont elle aurait eu à redouter la concurrence sociale. Cela n’empéchait pas, du reste, les prêtres de second ordre, ceux qui formaient les collèges cités plus haut, démontrer les mêmes prétentions et la même avidité cpie ceux de classe sacerdotale de la Palestine. Dans les derniers siècles de la Républicjue romaine, les prêtres, devenus li'ès nombreux, se font exemjiter des charges jAublicpies et refusent de se soumettre aux impôts, en même temps qu’ils font payer de pins en plus cher les services rendus à la cité ou aux particuliers. (( Le Aueil orgueil de la religion nationale, dit justement Mommsen L et la modération de ses frais de culte s’étaient évanouis pour toujours. Pour l’individu comme pour la République, la piété devint un article de jilus en plus coûteux. La coutume d’instituer des donations, et, en général, de se soumettre à des obligations pécuniaires j^ermanentes, dans un but religieux, était aussi répandue chez les Romains qu’aujourd’hui dans l’Eglise catholique. »
Les abus engendrés par la cupidité des prêtres devinrent plus grands encore sous rinlluencc des religions orientales. Il y ent alors, en quelque sorte, deux cultes juxtaposés ; celui de la cité que la loi rendait obligatoire, et ceux des dieux romains, grecs ou orientaux auxquels chaque citoyen s’adonnait selon ses goêits et sa crédulité, h L’homme n’avait pas le choix de ses croyances. Il devait croire et se soumettre à la religion de la cité. On pouvait haïr ou mépriser les dieux de la cité Aoisine ; quant aux divinités d’un caractère général et universel, comme Jupiter céleste ou