Ibid., IV
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
cl les iiislilalcLiPs du peuple, ils ont assumé sur leur lete une grave responsabilité ; et à cette responsabilité ils n’ont pas fait défaut, dans la mesure, s’entend, de leurs lumières, de leur capacité, trop souvent aussi de leurs intérêts personnels. Non seulement ils ont été les prêtres de la nation, mais ils en ont été encore les poètes, les théologiens, les philosophes, les législateurs, les savants en tout genre. C’est à eux que sont dûs les \édas avec leurs commentaires, les Ihâlimanas, les Sutras, les Upanisliads, les livres philosophiques, le Code de Manou et les autres codes dont nous avons déjà parlé ; les ouvrages de grammaire, les lexiques, les traités d’aslronomie, d’algèbre, de médecine, de musique, les grands poèmes épiques, la collection des drames et comédies, les Puranas et leurs dérivés : corps de litlérature immense et originale, qui n’a été dépassée par aucun peuple en dehors du chrisliauisme. C’est cette littérature qui a servi de modèle à celle des idiomes divers qu’on trouve dans l'Inde; c’est de la langue dans laquelle elle est écrite qu’ont été formés ou complétés ces idiomes. En un mol, c’est à la classe des Brahmes que l’Inde doit sa civilisation, sa littérature, sa législation, ses arts et tout cet ensemble d’institutions qui l'ont rendue si célèbre dès les temps anciens ’ . »
Les devoirs des Ivchatriyas ou guerriers et ceux des rois, qui sortent de leur caste, sont prescrits avec le même soin que ceux des Brahmanes, auprès desquels les rois doivent chercher leurs conseils les plus intimes L Puis le Livre sacré formule les règles d’après lesquelles la justice doit être rendue par les princes à leurs sujets et qui, d’après la remarque de Ms‘ Laouenan, « régissent encore aujourd’hui le peuple indien, excepté en quelques matières qui sont réglées par des coutumes locales ou particulières à certaines castes ^ ».
Les prescriptions relatives à la classe des Yaisyas sont
1. Laouena.^!, Du brahmanisme et de ses rapports avec le judaïsme et le christianisme, I, 877.
2. Voir; Lois de Manou, livre Vit, 87 et suiv. ; livre VIII, g ; livre IX, 3i8. 8. Ibid., livre VIII et IX.