‹ La morale des religionsChapitre 13 sur 380 · I. Lévitique, ii, i · texte numérisé non relu

I. Lévitique, ii, i

de citer les textes sacrés : « L’Eternel parla à Moïse et à Araon, en leur disant ; Parlez aux enfants d’Israël et dites : Voici les animaux que vous mangerez, d’entre toutes les bêtes qui sont sur la terre : vous mangerez parmi le bétail tout ce qui a l’ongle divisé et le pied fourché, et qui rumine ; mais vous ne mangerez point d’entre celles qui ruminent et qui ont l’ongle divisé : le chameau, car il rumine mais il n’a point l’ongle divisé : il vous sera souillé ; le lapin, car il rumine mais il n’a point l’ongle divisé ; il vous sera souillé ; le lièvre, car il rumine mais il n’a point l’ongle divisé : il vous sera souillé ; le porc, car il a l’ongle divisé et le pied fourché, mais il ne rumine pas ; il vous sera souillé ; vous ne mangerez point de leur chair, vous ne toucherez point leur cadavre; ils vous seront souillés. Voici ce que vous mangerez de tout ce qui est dans les eaux : vous mangerez tout ce qui a des nageoires et des écailles, dans les eaux, dans les mers et dans les rivières, mais tout ce qui n’a point de nageoires ni d’écailles. . . parmi tout être vivant dans les eaux vous sera en abomination... Et voici parmi les oiseaux ceux que vous tiendrez pour abominables ; on ne les mangera pas ; c’est une abomination : l’aigle, l’orfraie et le vautour ; le milan et le faucon selon leur espèce ; toute espèce de corbeau ; l’autruche, le coucou, la mouette, l’épervier et ce qui est de son espèce ; la chouette, le plongeon et le hihou ; le cygne, le pélican, le cormoran ; la cigogne, le héron et ce qui est de son espèce ; la huppe et la chauve-souris. Tout reptile qui vole et qui marche à quatre pieds vous sera en abomination. Mais de tout reptile qui vole et qui marche sur quatre pieds, vous mangerez ceux qui ont des jambes au-dessus de leurs pieds, pour sauter sur la terre. Voici ceux que a ous mangerez ; la sauterelle selon son espèce, le solam selon son espèce, le hargol selon son espèce et le hagab selon son espèce (ce sont des sortes de sauterelles). Tout autre reptile qui Aole et qui a quatre pieds, vous sera en abomination. Vous serez souillés à cause d’eux ; quiconque touchera leur cadavre sera souillé jusqu’au soir. Et quiconque portera leui’ corps mort, lavera ses vêtements et sera souillé jusqu’au soir...

Et voici ce qui sera souillé pour vous parmi les animaux qui rampent sur la terre : la taupe, la souris et le lézard, selon leur espèce; ]a musaraigne, la grenouille, la tortue, la limace et le caméléon. Ceux-là sont souillés pour vous entre tous les reptiles ; quiconque les touchera morts sera souillé jusqu’au soir. Tout objet sur lequel il en tombera quand ils seront morts sera souillé... Et s’il en tombe quelque chose dans un vase de terre, tout ce qui se trouvera dedans sera souillé, et vous briserez le vase... Et s’il tombe quelque chose de leur corps mort sur une semence que l’on sème, elle sera pure ; mais si l’on a mis de l’eau sur la semence, et qu’il y tombe quelque chose de leur corps mort, elle vous sera souillée. Et quand une des bétes qui vous servent de nourriture mourra, celui qui en touchera le cadavre sera souillé jusqu’au soir'. »

En admettant que l’on puisse expliquer l’interdiction de manger l’aigle, le milan, le vautour, etc., par le fait que ce sont des oiseaux carnassiers et que l’on pourrait considérer comme rendus nuisibles par leur alimentation, quelle raison hygiénique pourrait-on invoquer en faveur de l’interdiction du lièvre, du lapin, du cliameau, etc., alors que la loi mosaïque autorise « le bœuf, la gazelle, le daim, le chamois, le chevreuil, le bœuf sauvage et la girafe b )) Pourquoi la grenouille est-elle défendue tandis que les sauterelles sont permises .^Est-il possible d’invoquer l’hygiène pour considérer un homme comme (( souillé jusqu’au soir )) parce qu’il aura touché le cadavre d’un bœuf ou d’une grenouille. Il est évident que toutes ces interdictions ou autorisations ne peuvent être attribuées qu’à des préjugés et à des superstitions répandus parmi le peuple au moment où elles furent formulées. J’en vois la preuve dans la condamnation toute particulière que la loi de Moïse forunule contre les reptiles rampants, car ces animaux sont, chez la plupart des peuples primitifs, l’objet de répulsions très vives ou de craintes allant jusqu’à les faire vénérer :

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