I. Fontanes, rinde védique, p
18i LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
hait )). C’est pourquoi on le loue, en l’implorant pour les hommes et pour le bétail. « Toi qui es le seigneur du bétail, ô Uudra, taureau qu’on mène au cordeau, ne fais point de mal à notre bétail. » Après le sacrifice, on lui dit (( que ceci te soit offert », en jetant sur le feu une poignée de la jonchée que Ton a trempée dans le beurre, ou bien en déposant au nord de la maison quelques restes des mets. Car, à l’encontre des autres dieux qui résident à l’Orient, Rudra habite le Nord, c’est-à-dire les montagnes et les forêts qui les couvrent, d’où lui-même et son peuple de sylvains répandent à travers les hommes et les animaux les maladies qui les détruisent. Au coin des carrefours, pour écarter ses malfaisants compagnons, il fallait dire ; « Hommage à Rudra qui réside sur les chemins, dont la flèche est le vent ! IIo minage à Rudra qui réside sur les chemins ! » La terreur qu’on en avait le rendit populaire ; il fut l’im des premiers dieux du panthéon védique auquel on donna des formes précises, dont on fit des idoles offertes par les prêtres à la dévote terreur du peuple ‘ .
Parmi les autres dieux ou esprits déifiés du panthéon védique, il faut citer d’abord les femmes des grands dieux: Chacun a la sienne avec laquelle il vit comme mari avec femme, non sans maintes infidélités. Puis vient tout un monde de déités mâles ou femelles : les eaux que l’on invoquait comme des déesses bienfaisantes ; les Apsaras, sortes de nymphes aquatiques, analogues aux Néréides grecques et aux femmes-cygnes des Germains, très belles, très séduisantes non dédaigneuses de l’amour des mortels ; les Gandharvas, sortes de lutins mâles, répandus un peu partout, jusque dans les organes sexuels des femmes dont leur bouche forme l’ouverture extérieure: les déités des arbres, du sol, des montagnes, etc. ; les esprits malins, les uns bons, les autres méchants, qui interviennent dans tous les actes de la vie, se confondent avec toutes les maladies ; les âmes des morts, qui errent dans les lieux où elles vécurent, objets de terreur et prétextes à toutes les pratiques imaginables de la