‹ La morale des religionsChapitre 138 sur 380 · Voyez: Laouenan, loc. cit., p. i8o et suiv · texte numérisé non relu

Voyez: Laouenan, loc. cit., p. i8o et suiv

LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

toutes rester stériles et ne jamais connaître la joie d’avoir des enfants »

Voici maintenant Vishnu, proclame par ses sectateurs, (( immuable, saint, éternel, suprême » qui, dans son sommeil, engendre un lotus par son nombril et se déclare (( enchanté », parce que Brahma lui apparaît au centre de ce lotus. Il a une femme, Lakshumi, déesse de la fortune, et de laquelle il obtient un fils unique Kâma, dieu de l'amour, assez semblable à Cupidon, car il est dit dans un hymne : (( Puisse Kama diriger lieureusemcnt sa flèche qui a la douleur pour ailes, l’attente pour barbe elle désir pour dard, te percer le cœur. » Lakshumi accompagne Vishnu dans ses avatars successifs en poisson, qui annonce à Manou un déluge et lui enseigne un moyen de ne pas périr ; en tortue, en sanglier, en lion, en nain, en jeune prince adorateur des bergères et en maintes autres formes auxquelles il arrive les aventures les plus grotesques ou les plus glorieuses. Ces avatars furent imaginés par les sectateurs du dieu dans le but de lui adjoindre le plus grand nombre possible de déités inférieures.

Voici Siva, successeur probable de Rudra, mais successeur devenu l’être le plus complexe qu’il soit possible d’imaginer, avec les attributs les plus contradictoires. Il est a le patron des voleurs et des brigands, des charpentiers, des forgerons, des chasseurs, des architectes, des potiers, des marchands, des mendiants, des fakirs, des pénitents de toute espèce, de ceux qui portent les cheveux longs et de ceux qui se rasent la tête ; il j'éside dans les nuages et dans le vent, dans les maisons et dans les champs, dans les fontaines et dans les rivières; il aime particulièrement les forêts et les montagnes sauvages ; il se plaît dans les tempêles et le désordre des éléments, aussi bien que dans le calme de la nature ; il se communique aux gens de rien aussi volontiers qu’aux Brahmes ». Il a toutes les qualités et tous les vices. Durgâ, l’une de ses épouses, le traite de vieillard impuissant, d’ivrogne qui fume des herbes

I. Dans le Skanda Piirâna, in Laüuena>’, loc. cit., II, p. i83 et suiv.

enivrantes, et vit clans les cimetières. Dans une antre légende, Daksha, son beau-père, le traite de ce dieu aux yeux de singe », d’être ce impur et orgueilleux, cjui se plaît à abolir les rites sacrés, cjui rode dans les cimetières, immonde, accompagné de troupes d’âmes et d’esprits errants, semblable â un insensé, nu, les cheveux en désordre, portant une guirlande de crânes humains, et des ornements formés d’ossements ». Siva se fâche, coupe la tête de Daksha; puis, sur la prière des dieux le rend à la vie ; mais ne retrouvant pas sa tête cjui est tombée clans le feu, il la remplace j^ar une tête de bouc. Ensuite, il jjarcourt sept fois le monde entier avec sa femme bien-aimée, Sati, sur ses éjDaules ; il s’agite si furieusement ejue les membres de la malheureuse se détachent les uns a[3rès les autres et tombent sur le sol où ils sont honorés, sous la forme d’organes sexuels femelles, avec le Linga de son éjioux. Siva lui-même finit par cêtre personnifié dans le Linga sous la forme duquel il se manifesta, d’ajjrès la légende du fsdma- Sanhita jioiirla jiremière fois, le cjiiatorzième jour de IMialguna où l’on célèbre encore la fête du Siva-Ratri (nuit de Siva). Ses sectateurs réclament jiour lui la jiremière place dans le ciel en vertu de la légende la j^lus sotte cjui tigure dans aucune religion. Siva ayant aj3j3aru sous la forme d’un Linga démesuré, il fut entendu cjue Vislinu et Brahma lui-même le reconnaîtraient comme sujiérieur à eux s’ils ne jiouvaient jias rivaliser avec lui jioiir l’objet clans lecjuel il venait de s’incarner. Les deux grands dieux se mirent â parcourir le dit objet clans deux directions ojDjiosées ; cc mais ajirès une course qui dura dix mille années divines, ils se trouvèrent tout aussi loin des extrémités qu’ils l’étaient au commencement. Ils revinrent donc l’un et l’autre, déconcertés, humiliés et confessant la stqiériorité de Siva L » D’après une autre légende, Sic a et Parvati, l’une de ses innombrables femmes, cc furent maudits par le grand sage Brigbu et condamnés à n'être honorés cjue sous l'image du Linga et du Yoni ». Béunis, ils forment

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