I. L/vouenan, loc. cil., II
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le Lingam doiil (( le culte est universel dans l'Incle, depuis rHimalaya jusqu'au cap Comorin, » Le Lingam est constitué par une colonne cylindrique, à sommet arrondi et supportée par une jilate-l’orme légèrement creuse, munie d’une rigole sur un de ses côtés. La colonne, debout, simule grossièrement l’organe mâle ; la pierre plate et creuse qui la supporte simule non moins grossièrement l’organe femelle externe. On dresse, d’ordinaire, le Lingam au centre de temples très petits, carrés, et que l’on trouve en grand nombre, soit sur les places des villages, soit sur le bord des ruisseaux et auprès des fontaines où les femmes, en allant chercher de l’eau, ne manquent jamais de lui faire une ablution ou de l’orner d’nne fleur. Dans les grands temples de Tanjore, de Madura, d’Ellora, etc., il est debout au centre d’un sanctuaire très petit, (pie gardent de grands génies en pierre. Les prêtres l’ornent souvent de lignes blanches, circulaires, pour en accentuer la ressemblance avec l’objet qu’il représente. (pliant à la pensée hibricpie par lacjuelle ce culte est insjùré, elle éclate dans une foule de sculptures de temples ou de chars des processions, sous de tels aspects qu’il est permis de se demander (juel est le plus immonde du sculpteur cpii fit les images ou du pretre qui les étale sous les yeux du public.
Les épouses de Siva sont nombreuses et se multiplient en raison du désir qu’ont les sectateurs du dieu de fondre dans le culte de Siva le plus grand nombre possible des déesses des panthéons brahmanicpie ou védicpie. On a justement fait observer cpie la conception brabmanicpie de la formation de l’Univers et des objets ou êtres qui le composent comportait toujours la génération par conjonction des éléments mâle et femelle. Celui cjue les livres sacrés de l’Tnde appellent « l’Etre existant par lui-même » est impersonnel, abstrait, mais dès qu’il veut pioduire il devient personnel et se dédouble en deux êtres générateurs de sexes dilTé rentsL Siva est souvent représenté avec le corps formé
I. Cette idée d’un dieu suprême qui se dédouble eu produisitnt un semblable du sexe femelle, avec lequel il produira d’autres dieux, paraît être commune à toutes les religions sémitiques oà les Bralimanistes l’ont probable-
de deiiv parties, dont la droite est d’un homme et la gauche d’une femme, l’une et l’autre avec tous les attributs du sexe qu'celles représentent respectivement.
Quant aux épouses de Siva, elles sont très nombreuses. Citons seulement les principales ; Uma, lillc de Haïmervat ou de l’Himalaya, d’après certaines légendes; Parvati, la montagnarde; Durga, nommée la forteresse inaccessible pour avoir détruit un Asura gigantesque ; elle est très honorée dans le Bengale et incarne la plupart des patronnes de villages nommées Gramn-Anmal. Mari ou Mâri-Ammal, Mâri-Attal, déesse ou mère de la mort et des. maladies contagieuses, particulièrement de la petite vérole: elle est représentée assise, avec quatre mains tenant respectivement un trident, un petit tambour, un paquet de cordes, un crâne ; parfois, on la montre s’ouvrant le ventre et retirant de ses
meut puisée. D’après .M. ^laspéro, les premières populations de race .séniiti(jue (|ui s’établirent sur les bords du Tij^re, de l’Eupbrate et du g-olfe Persi((ue « exaltaient le soleil au-dessus des autres dieux et réunissaient en nue seule personne les deux principes nécessaires de toute génération, le principe mâle et le principe femelle. Anou, le roi du ciel, se dédoublait en Anat ; Rélou, Bel, le seigneur, en ]3elit ou Beltis, Mardouk en Zapanit ». Plus de quatre mille ans avant notre ère, ces memes ]>opulations admettaient une triniti’' divine : Anou, Bélou ou Bel et Ea. a Chacun de ces dieux projette hors de lui une divinité femelle, qui est son doublet passif et comme son relief. Anal (Anaïtis), lîelit (Beltis, Mylitta) et Davkina (Dauké). Anat, Belit et Davkina, moins vivaces que leurs associés mâles, se perdent aisément les unes dans les autres, et elles se réunissent le plus souvent en une seule déesse, qui prend le nom de Bélit et qui re|)réseute le principe féminin de la nature, la matière humide et féconde. » (Maspéko, Hist. nnc. des peuples de l'Orient, p. 108-170.) En Egypte, on a constaté l’existence d’une conception analogue : « Les innombrables divinités du panthéon, selon de Vogué (^Mélanges d’archéologie orientale, |). .5o), sont les attributs ])ersonniFiés, les puissances divinisées de l’Etre incomju'éhensible et inaccessible. Cause et prototype du inonde visible, il a une double essence, il possède et résume les deux principes de toute génération terrestre, le principe mâle et le principe femelle ; c’est une dualité dans l’unité ; conception qui, jiar suite du dédoublement des symboles, a donné naissance à la série des divinités femelles. » Çhez les Phéniciens et les Carthaginois, Astarté et Tanit n’étaientque les manifestations femelles de Baal, d’abord confondues avec Baal, puis sé|)arées de lui pour faire des tléesses ilistiuctes, douées d’une ))ersonnalité propi'e.
La conception aryenne est dilférente de celle-lâ. Dans le Bijj-Néda, c’est la Terre et le Ciel qui ont produit tous les dieux et tous les êtres. « La 'Terre est la mère commune, dit un hymne, le Ciel est le père. » Un autre dit : « Je chante en premier lieu le Ciel et la Terre, le beau couple de la Terre et du Ciel, ces deux grands compagnons de voyage, époux immortels, invincibles, divins et immortels parents de la nature, auteurs de tous les biens : le Ciel et la Terre qui ont les dieux pour enfants ; grands, sages, aïeuls fiers de leur
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entrailles un petit enfant pour le dévorer ; ses temples sont situés surtout en dehors des villages, dans des bouquets d’arbres ou des lieux déserts. Ellamal ou Ellanù est la déesse des pécheurs ; on a aussi recours à elle contre la morsure des serpents ; elle est assise, a la peau rouge, une figure elïroyable et quatre bras. Kali est la plus célèbre et la plus redoutée des femmes de Siva ; Durga, Mari, Ellamal et d’autres encore n’en sont peut-être que des formes ou des noms locaux. Siva lui-même dit d’elle, dans le Kali- Purana : « ma Ijien-aimée se délecte pour cinq cents ans de la cbair de l’antilope ou du rhinocéros, mais le sacrifice d'un homme la contente pour mille ans, et celui de trois hommes pour cent mille ans. La chair d’un homme la rassasie pour mille ans. Une olTrande de sang est pour elle comme
heureuse fécoiuülé... Dans cette carrière qu’ils fournissent ensemble, ils se disent : soyons époux ! Et aussitôt tous les êtres apparaissent au jour ; sans peine le Ciel et la Terre ont produit les grands dieux. » (Cité par A. Lecèvhe, La Grèce anliquc, p. agS.) Hésiode a décrit d’une admirable façon cette union féconde de la Terre et du Ciel. La terre, Gala est enveloppée par le ciel, Gurauo, qui la couvre de toutes parts, la féconde d’une manière incessante et empêche, par une union indéfinie, les innombrables enfants développés dans son sein de venir au jour. La Terre veut se débarrasser de sa progéniture, elle ne le pourra qu’en faisant cesser l’accouplement ininterrompu du Ciel. Elle forge une immense faux et la présente à ses fils en les suppliant de rompre le lien qui rend impossible sou enfantement. « Ce fut Ivronos qui accepta l’arme... Bientôt vint, amenant la nuit, le vaste Ouranos ; et autour de Gaia, plein de désir, il s’étendit et se dévelo|)pa tout entier. Alors, du lieu où il se tenait caché, levant de la main gauche et prenant de la droite la faux immense aux dents rudes, Ivronos trancha la virilité de sou père. Ce qui retomba ne demeura pas stérile. Toutes les gouttes sanglantes la Terre les reçut, et, quand les temps furent accomplis, elle mit au jour les Erinuyes robustes, et les Grands Géants aux armes brillantes qui brandissaient de longues épées, et les Nymphes que les habitants de la terre sans bornes appellent Mélies (fraxirnæ). Le reste fut longtemps porté par les eaux sur la mer profonde, et, tout autour, sortait de la cbair immoitelle une blaucbe écume où une vierge se forma. Elle navigua d’abord vers la divine Cytbère, puis elle atteignit Chypre entourée d’eau. Là s’élança de l’écume la belle déesse adorable, et l’herbe pai tout naissait sous ses pieds. Aphrodite, déesse apbrogénie (née de l’écume), Cytbèrée à la belle couronne, ainsi l’appellent les dieux et les hommes, et encore Cvprogénia et Pbilomédia. Eros l’accompagna, et le bel llimeros (désir) la suivit, tandis qu’elle marchait vers le temple des dieux. »
Il est à peine besoin d’insister sur la différence qui existe entre la conce|)tion sémitique et la conception aryenne de la première génération, l’our les sémites, un Etre unique se dédouble afin de former les deux sexes ; chez les aryens ce sont deux divinités unisexuées, la Terre et le Ciel, la première femelle, le second mâle, qui s’accouplent pour donner naissance aux dieux et aux hommes. Pour les premiers, le phénomène est mystique; pour les seconds, il est la simple traduction naturiste des faits dont les hommes sont chaque jour les témoins.
de l’ambroisie, et celui qui est tiré du corps du sacrificateur lui-même est sûr de la rendre propice'. » La secte des Thags était formée d’adorateurs de Kali: hommes, femmes, enfants avaient la conviction de lui faire des sacrifices agréables en tuant les malheureux qui leur tombaient sous la main, La coutume qu’avaient les femmes indiennes de se faire écraser par les roues du char funèbre de leur mari ou de se brûler sur son bûcher était un hommage rendu à Kali ou plutôt à Sati, l’une des femmes de Siva que certaines légendes représentent comme se jetant dans le feu poui' venger une offense que son père Daksha avait faite à son époux. D’après un savant historien anglais de l’Liide, « pendant la grande famine de i86(j, on trouva dans un temple de Kali, situé à moins de cent milles de Calcutla, le cadavre d’un jeune garçon dont le cou avait été coupé, les yeux ouverts et fixes, la langue raide el tirée de la bouche enti’e les dents. Dans un autre temple, à Mugli, à vingt-cin(| milles de Calcutta, la tête de la \iclimc, ornée de fleurs, avait été laissée devant l ’idole h »
Le goût de la débauclie accompagnant presque toujours celui du sang, les scènes à la fois sanglantes et lubriques ne seraient pas rares dans les temples de Kali ou de ses homonymes, épouses de Siva. (( Au nord-ouest de Gingi, en un lieu retiré, nommé Maleyènour, qui était jadis entouré de bois, s’élève une pagode dédiée à Mari, un des noms de Kâli. A l’époque où se célèbre la fête annuelle de cette pagode, il s’y tient une grande foire qui attire beaucoup de monde, mais particulièrement les hommes et les femmes qui veulent profiter de l'occasion pour se livrer aux excès de la débauche la plus éhontée. Ils appartiennent à toute caste et à toute condition. Au moment marqué, ils se dépouillent entièrement de leurs vêtements et se mettent à rouler pêle-mêle autour de la pagode ; puis, quand ils en ont ainsi fait le tour en se vautrant dans la poussière, ils se précipilent tous dans l’intérieur et là se passent des seènes que la plume se refuse